mardi 29 septembre 2009

Le jeune homme agressé par des extrémistes à Belgrade décède de ses blessures


Le 17 septembre, un jeune Français, Brice Taton, a été agressé très violemment en rue.

Deux hypothèses ont circulé. On a d'abord dit qu'il s'agissait d'une bagarre entre supporters de football. On a ensuite appris que les agresseurs étaient des manifestants qui s'en étaient pris à une personne qui parlait une langue étrangère en rue.

Ce fait doit être placé dans son contexte: depuis des semaines des appels à la violence ou des discours haineux étaient prononcés contre les organisateurs de la gay pride. Un lynchage des manifestants était craint qui a mené à l'annulation de la manifestation d'ailleurs.

Brice Taton (28 ans) est décédé des suites de ses blessures ce 29 septembre 2009.

Espérons que ce fait servira de déclencheur et que les autorités ne permettront plus à des extrémistes de tabasser qui bon leur semble en rue.

Photo: Le Point. Lien: Jean-François Terral se dit choqué par la violence en Serbie (Balkanikum), Serbie : hooligans et groupes ultra-nationalistes, une vraie menace (Courrier des Balkans).

lundi 28 septembre 2009

"Le ministre serbe du Travail menace de démissionner si Mladic n'est pas capturé avant la fin de l'année" (Balkanikum)

(Le blog Balkanikum donne cet article que je reproduis ici.)

Belgrade - Le ministre serbe du Travail, Rasim Ljajić, coordinateur de l'équipe gouvernementale chargée de rechercher le présumé criminel de guerre Ratko Mladić, a annoncé aujourd'hui qu'il démissionnerait si celui-ci n'était pas arrêté d'ici la fin de l'année. Dans une déclaration faite au journal de Belgrade Blic, Ljajić s'est montré convaincu que "les activités qui sont menées afin de capturer Mladić, la coordination des services et le travail général" apporteront bientôt des résultats. Cela étant, il a ajouté qu'il démissionnerait si Mladić n'était pas arrêté d'ici le 31 décembre car "il s'agirait d'une fausse évaluation, pour laquelle il lui faudrait assumer les conséquences". De son côté, le porte-parole du procureur de la Serbie en matière de crimes de guerre, Bruno Vekarić, a déclaré qu'aucune information ne serait fournie sur les activités de recherche de l'ex chef militaire des Serbes de Bosnie tant que son arrestation n'aura pas été annoncée. Ces derniers mois, la presse serbe avait fait état de diverses opérations visant à localiser Mladić, qui depuis 13 ans se dérobe à la Justice internationale. Mladić est accusé par le Tribunal pénal international pour l'ex Yougoslavie (TPIY) de génocide se rapportant au massacre de musulmans à Srebrenica, au siège de Sarajevo et à d'autres crimes commis durant la guerre en Bosnie (1992-1995). Sa capture et son extradition représentent la condition principale pour que la Serbie progresse sur la voie de l'intégration à l'Union européenne (UE). L'application de l'Accord de stabilisation et d'association, que l'UE a signé avec la Serbie courant avril de l'année dernière, est bloqué suite à l'insistance que mettent les Pays-Bas à ce que Mladić soit d'abord capturé. Le TPIY exige également que la Serbie capture et livre l'ancien chef des Serbes de Croatie, Goran Hadžić, qui avec Mladić est l'unique accusé encore en liberté.

Liens: Balkanikum, page Facebook de Rasim Ljajic.

mercredi 16 septembre 2009

Une actualité riche

Je serai hélas dans l'impossibilité technique -pendant encore une semaine- d'ajouter du contenu à ce blog alors que l'actualité est riche. Qu'il s'agisse de la condamnation de Florence Hartmann par le TPIY, de la libération annoncée de Biljana Plavsic (photo), des craintes qui pèsent sur la gay pride (et l'annulation il y a une semaine du festival du cinéma queer de Belgrade, semble-t-il pour raisons de sécurité) il y aurait beaucoup a dire. A suivre... D. Grcic

Les défenseurs des droits humains en péril (Amnesty International)

COMMUNIQUÉ DE PRESSE de Amnesty International

14 septembre 2009

Les défenseurs des droits humains sont la cible d’attaques en Serbie et les autorités manquent à leur devoir de les protéger, a déclaré Amnesty International dans un document publié ce lundi 14 septembre 2009.

« Il est rare que les autorités enquêtent rapidement et impartialement sur les agressions physiques, les menaces de mort et les atteintes aux biens dont les défenseurs des droits humains sont la cible, a déclaré Sian Jones, spécialiste des Balkans au sein d’Amnesty International. Peu d’auteurs présumés de tels agissements sont traduits en justice.

« Le fait que les autorités ne montrent guère de volonté politique de s’acquitter de l’obligation qui leur incombe de garantir les droits aux libertés d’expression et de réunion des défenseurs des droits humains crée un climat d’impunité qui étouffe la société civile. »

Dans son document intitulé Serbia : Human rights defenders at risk, Amnesty International répertorie les dernières attaques perpétrées contre des militants des droits fondamentaux, y compris des défenseures des droits humains de premier plan.

« L’année dernière, des militantes des droits humains ont été la cible d’attaques dans les médias, notamment de menaces de lynchage. Ces attaques sont le fait de parlementaires, de membres d’organisations d’extrême-droite et de membres des services de sécurité inculpés de crimes de guerre. D’autres défenseures ont été victimes de destructions de biens, d’attaques visant leurs locaux ou d’agressions imputables à des membres de groupes néo-nazis », a déclaré Sian Jones.

Parmi ces militantes figurent notamment Nataša Kandić, directrice du Centre de droit humanitaire, Sonja Biserko, du Comité Helsinki de Serbie, et Biljana Kovačević-Vučo, du Comité des juristes yougoslaves pour les droits humains (JUKOM) et de l’ONG Femmes en noir. Certains médias les ont présentées comme antiserbes parce qu’elles étaient favorables à l’indépendance du Kosovo et demandaient que les responsables présumés des crimes de guerre commis dans les années 1990 en Croatie, en Bosnie-Herzégovine et au Kosovo soient soumis à l’obligation de rendre des comptes.

Dans son document intitulé Serbia : Human rights defenders at risk, Amnesty International se penche également sur la situation des personnes qui défendent les droits des lesbiennes, gays et personnes bisexuelles et transgenres (LGBT). Depuis 2001, les LGBT de Serbie n’ont pas pu organiser de marche des fiertés en raison des graves menaces formulées à leur encontre par des mouvements de droite et des organisations religieuses. De tels mouvements et organisations ont déjà menacé explicitement les organisateurs de la marche de cette année, qui doit avoir lieu le 20 septembre.

« Les LGBT sont marginalisés même au sein de la société civile et les enquêtes pénales sur les agressions dont ils font l’objet, même lorsque les auteurs sont identifiés, aboutissent rarement, a déclaré Sian Jones.

« Les autorités serbes sont tenues de protéger les droits de chacun aux libertés d’expression et de réunion pacifique. Elles doivent condamner publiquement toutes les attaques et menaces visant des défenseurs des droits humains, et leur offrir une protection et un soutien au cours de la prochaine marche des fiertés de Belgrade, à la fin de la semaine. »

Amnesty International exhorte les autorités serbes à inscrire dans la législation et à appliquer en pratique les principes de la Déclaration des Nations unies sur les défenseurs des droits de l’homme, qui prévoit un cadre pour la protection et le soutien dont doivent bénéficier les militants des droits humains. L’organisation engage également les ambassades des États membres de l’Union européenne à offrir soutien et protection aux défenseurs des droits fondamentaux en Serbie.

mercredi 2 septembre 2009

Rebondissement en Australie: une cour s'oppose à l'extradition du Kapetan Dragan

En Australie, Dragan Vasiljkovic (Snedden) alias le Kapetan Dragan, a remporté une manche de la bataille judiciaire commencée en 2006.
Son appel en justice a été concluant, puisqu'une décision de la cour entraîne l'interdiction de son extradition vers la Croatie pour y faire face à un procès pour crimes de guerre.
Son appel était motivé par un "risque substantiel de préjudice" dont il pourrait être la victime en Croatie, étant donné que, selon son argumentation toujours, les autorités sont attachées à ses convictions politiques, à savoir celles qui l'ont fait se battre pour une "Krajina serbe" sur le territoire de l'actuelle Croatie.
Il est accusé d'avoir ordonné des exécutions et des actes de torture en 1991 à Knin et en 1993 à Bruska (Benkovac). Ses victimes auraient été des civils, des soldats et un journaliste.
Un appel est encore possible et d'ailleurs le Kapitan Dragan n'a pas encore été relâché (il devrait l'être sous peu), il reste à voir si un nouvel appel sera interjeté.
Pour plus d'informations, lire Le Kapetan Dragan jugé en Croatie? (archives de ce blog, 3/2/2009). Photo: vreme.