mardi 21 avril 2009

Quelques informations en vrac

B92 des 17-18 avril signale qu'une tension religieuse s'est produite, à Novi Sad cette fois-ci, opposant deux courants de l'Islam serbe. En fait deux groupes dénommés la Communauté islamique de Serbie et la Communauté islamique en Serbie s'opposent depuis un certain temps dans le Sandžak. Les deux groupes doivent partager le même lieu de culte à Novi Sad et des tensions en sont nées puisque ils en sont venus aux mains. Un des chefs de file est l'imam Fadil Murati, son opposant est M. Zukorlic. Chaque groupe accuse l'autre de l'avoir attaqué. Une personne a été soignée dans une clinique à Novi Sad, selon l'agence Beta il s'agirait d'un blessé par lame. Douze personnes ont été interpellées par la police, l'une d'entre elles détenait une arme à feu.

On apprend que le Kosovo et la Serbie ont fourni à la Cour Internationale de Justice leur motion à propos du litige qui les oppose. Belgrade soutient que la proclamation unilatérale d'indépendance est illégale. La presse titre: «le procès du siècle». Chaque camp est persuadé d'avoir le bon droit avec soi...

Enfin il faut signaler l'arrestation en Italie de Goran Davidovic (photo), le leader du groupe d'extrême droite Nacionalni Stroj. Un mandat d'arrêt international avait été lancé après un procès qui le condamnait à une année de prison pour une agression menée par son groupe à Novi Sad.

jeudi 9 avril 2009

Yucom revient sur la question des Roms en Serbie

La Newsletter n°36 de Yucom signale que la volonté de changer le nom du Boulevard Južni à Nis a suscité une controverse. L'idée était de lui donner le nom du chanteur Šaban Bajramovic (photo) récemment décédé et issu de la communauté rom. Un groupe d'habitants s'est opposé à ce changement de nom, au motif que cela impliquerait de changer leurs documents d'identité, mais Yucom y voit plutôt une forme de racisme inavoué.

Toujours à propos des Roms, il y a quelques jours un bidonville (slum) regroupant 50 maisons improvisées dans le quartier destiné à loger les athlètes de l'Universiade de Belgrade, a été démoli et ses occupants ont dû abandonner le lieu où ils avaient vécu des années dans des conditions de précarité totale.

Le maire de Belgrade, Dragan Djilas a affirmé que «on ne peut permettre que quelques centaines de personnes stoppent le développement de Belgrade ni que quiconque prenne en otage les deux millions de Belgradois».
Malgré de nombreuses protestations de différentes sources, l'administration de la Ville a installé des containers pour loger les familles dans le village de Boljevci à la périphérie de Belgrade, où les habitants ont immédiatement bloqué l'accès aux routes et demandé que les containers soient enlevés. Des habitants auraient menacé d'y bouter le feu si des Roms devaient s'y installer. Des troubles ont aussi eu lieu, une tentative de retourner un container semble avoir eu lieu. «Bien que cela représente une rébellion raciste évidente, les médias insistent sur le fait 'qu'il n'y a pas eu d'incidents'», écrit Yucom.

Yucom s'étonne de la sympathie exprimée par le maire de Belgrade envers les habitants de Boljevci: «Je comprends la peur des habitants de Boljevci, aurait-il déclaré. Car des personnes auraient pu venir dans leur village qui pour partie n'ont même pas de documents d'identité, et personne ne sait qui ils sont (...) Tous ceux qui n'ont pas de résidence légale à Belgrade doivent retourner d'où ils viennent. C'est un droit légal et ce n'est pas négociable ni avec l'OSCE ni l'UNHCR ou les organisations non-gouvernementales

Yucom voit dans le traitement de ces informations par les autorités officielles gouvernementales un manque de sensibilité dans la détection et l'analyse du racisme comme phénomène social.

Le texte complet de la Newsletter peut être obtenu en anglais et en serbe auprès du Komitet pravnika za ljudska prava / Comité des Juristes pour les droits de l'Homme - Tel/Fax: +381 11 33 44 235; 33 444 25; 3238 980 - e-mail yucomoffice@gmail.com – site web www.yucom.org.rs.

A propos des expulsions des Roms à Belgrade

Différentes ONG serbes ont signé un appel aux autorités à propos de l'expulsion de familles roms de Novi Beograd. Les ONG disent relever différentes expressions d'un racisme anti-rom, venant notamment de comités d'habitants de quartiers qui refusent de voir accueillir les familles. Pourtant, aucun article du droit ne permet à des citoyens de s'opposer à l'installation de quiconque dans son quartier sur des bases ethniques signale le texte des ONG. Au contraire: le Parlement vient de voter une loi anti-discrimination...

Les ONG demandent, pour ce qui concerne les familles expulsées du bloc 67: le plein respect du droit au logement, que soient fournies les infrastructures minimales (eau, électricité par ex.), l'aide médicale, financière et humanitaire d'urgence à chaque famille, la répression des actes de racisme ou de discrimination ethnique, l'interdiction de tout éloignement du territoire de la ville, etc.

En ce qui concerne l'avenir des autres familles roms restantes, les ONG demandent: l'adoption et la mise en oeuvre de stratégies claires concernant les expulsions, qu'un délai raisonnable soit laissé à chaque famille qui devra faire face à une expulsion, que soit proposé un relogement en cas d'expulsion, que soient garanties la sécurité et l'absence de harcèlement là où un relogement est proposé. Les ONG demandent aussi une coopération avec toutes les initiatives visant à l'amélioration des conditions de vie des Roms.

D'après B92 un certain nombre de familles vivent à la rue depuis plusieurs nuits. Il semble qu'un logement ait été proposé... aux enfants, aux personnes âgées et aux invalides, à l'exclusion des pères de famille. Selon B92 trois mères de famille et leurs cinq enfants ont accepté la proposition (ces trois familles vivaient sous le Pont de la Gazelle).
Un argument est légitimement invoqué par les familles: des logements qui ne permettent pas de maintenir les deux parents risquent de causer la désagrégation de familles, alors que parmi les droits fondamentaux figure bien le droit à mener une vie de famille. Il y aurait en ce moment des familles vivant sous tente sur le lieu de l'expulsion.

Il faut pour conclure préciser que selon le Maire adjoint de Belgrade, les expulsions se justifient par la nécessité de construire un nouveau boulevard qui permettrait à Belgrade de se développer.

Des ONG ont manifesté leur soutien notamment le 4 avril, date à laquelle QueerBeograd, entre autres, a manifesté devant l'Hôtel de Ville.

Je ne dispose pas d'un accès internet ces derniers temps, je prie le lecteur d'excuser le manque de précisions éventuelles.

Pour tout renseignement sur l'appel des ONG, contacter Goran Miletic, Comité Helsinki pour les droits de l'Homme, (063/250-433) ou par e-mail: goran@shc.se

Par ailleurs à noter que Yucom et le Comité Helsinki pour les droits de l'Homme ont intenté une action en justice contre l'écrivain nationaliste Dobrica Cosic (photo) pour, semble-t-il, incitation à la haine raciale, ethnique et religieuse. Est incriminé un passage de son livre le Temps des Serpents.

Enfin selon Blic, Miladin Kovacevic qui s'était réfugié en Serbie après avoir tabassé une étudiant Américain devra faire face à un procès en Serbie et il serait désormais avéré que l'État serbe a payé, le 12 mars 2009, 900.000 dollars (677.000 euros) à la famille de la victime.