Le projet de loi anti-discrimination a été approuvé ce 26 mars par le Parlement. On se souvient que le 4 mars le texte avait été retiré de l’agenda après l’intervention des communautés religieuses de Serbie. Le projet a été réintroduit, je ne dispose pas d’informations suffisantes sur le texte fourni pour un nouveau passage devant le Parlement. Deux articles posaient question aux clergés : le droit d’afficher ses orientations sexuelles et le droit à librement exprimer ou changer de religion. Il reste à attendre les éléments permettant une analyse plus poussée. A noter que parmi les 446 amendements proposés par les parlementaires, 6 ont été adoptés.
Lien: La Serbie interdit les discriminations envers les homosexuels.
vendredi 27 mars 2009
"J’ai marché dans le sang jusqu’aux genoux et je n’ai plus de rêves" (D. Vasiljev)
Le Courrier des Balkans publiait le 17 mars un intéressant article du journal Politika selon lequel «plus de la moitié des vétérans de la guerre des années 1990 souffrent aujourd’hui de troubles mentaux. Des résultats qui confirment, si besoin en était, que la confrontation répétée à des scènes d’horreur laisse des traces indélébiles dans l’esprit des soldats. Le portrait d’une génération d’hommes sacrifiés pour l’«honneur de la nation». Aujourd’hui, un vétéran sur dix en Serbie souffre d’un syndrome de stress post-traumatique (SSPT), parmi lesquels la moitié est aussi atteinte d’une autre affection mentale.»Dans l'article est reprise une citation d'un poète serbe, Dušan Vasiljev (décédé en 1924): "J’ai marché dans le sang jusqu’aux genoux et je n’ai plus de rêves".
Lire le texte complet : Serbie : les vétérans des années 1990 ont les idées noires. La photo provient du blog Covek Peva Posle Rata.
jeudi 26 mars 2009
La Belgique et les sans papiers issus des Balkans
La Coordination contre les Rafles, les Expulsions et pour la Régularisation, ONG belge, a sorti des Carnets noirs sur les centres fermés qui existent en Belgique. On découvre deux faits graves qui s’y sont déroulés en 2008 et qui concernent des personnes issues de Serbie et du Kosovo. Le 12 octobre 2008 a eu lieu le suicide de Nenad Janovic, dont j’avais parlé à l’époque (lien). Ensuite le rapport signale que le 23 décembre 2008 deux familles roms du Kosovo avec neuf enfants ont été expulsées d'un centre géré par Fedasil (centre supposé venir en aide aux demandeurs d’asile). Le rapport complet est téléchargeable sur le site de la CRER.
mercredi 25 mars 2009
Nouvel attentat contre un juge à Knjazevac
La compagne d’un juge serait décédée hier à Knjaževac dans une explosion qui aurait été causée par un engin explosif devant le domicile familial.Il y a un an le juge Dragiša Cvejić (photo: Kurir), était décédé dans cette même ville dans des conditions similaires.
Source : B92 et Kurir.
mardi 24 mars 2009
Le chef de Nacionalni Stroj désormais fugitif
B92 signale que le tribunal de Novi Sad a ordonné l'arrestation de Goran Davidović (surnommé "le Führer"), qui dirige le groupe néo-nazi Nacionalni Stroj. Il avait été condamné pour propagation de la haine ethnique et de la haine religieuse: le 9 novembre 2005 le groupe avait perturbé un forum antifasciste dans la ville, qui avait appelé l'intervention des forces de police. Goran Davidović avait été condamné à effectuer une peine de prison de 1 an à Sombor. Son appel ayant été rejeté il doit désormais purger la peine. Un mandat d'arrêt devrait être lancé sous peu. Selon sa famille il vivrait désormais en Italie. Source: B92 des 20 et 24 mars 2009.
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extrême droite,
Nacionalni Stroj
Il y a 10 ans une pluie de bombes sur la Yougoslavie
Aujourd’hui devaient retentir les sirènes de la défense aérienne et les clochers d’églises au travers du pays, en souvenir du début des bombardements de l’OTAN en 1999. Durant une période de 11 semaines des bombes, on s’en souvient, ont été larguées par une armada aux moyens largement supérieurs à ceux de la Serbie/Yougoslavie.La presse internationale francophone relaye largement des informations sur ce thème. Ainsi RFI écrit que: "Les premières bombes ont été lâchées au-dessus de la Serbie le 24 mars 1999, après l’échec des négociations entre l’émissaire de l’Alliance atlantique et le président serbe Slobodan Milosevic sur un plan de paix au Kosovo. Dix ans plus tard, la situation est stable, mais les soldats de l’OTAN sont toujours déployés. La Serbie n’a pas changé de position vis-à-vis de son ancienne province, qui s’est unilatéralement déclarée indépendante le 17 février 2008." La suite de l'article de RFI Il y a dix ans, les bombes de l'OTAN tombaient sur la Serbie (Maud Czaja/RFI). Lire aussi, sur le Courrier des Balkans, 24 mars : il y a dix ans, les bombardements de l’OTAN. Pour se rappeler l'état des mentalités de l'époque, je joins une couverture de Time où l'on voit que le message dominant était que la guerre visait S. Milosevic.
Des voix dissidentes s'étaient fait entendre dans tous les camps, et on se reportera par exemple au dossier du mensuel anarchiste Alternative Libertaire, consultable en pdf qui comportera notamment une lettre ouverte d'ONG serbes que je reproduis pour information.
Lettre ouverte des ONG serbes aux amis albanais
Chers Amis, nous vous écrivons dans ces moments difficiles de souffrance partagée.
Des convois entiers d'Albanais et d'autres citoyens du Kosovo, parmi lesquels beaucoup d'entre vous, ont été forcés de quitter leurs foyers.
Les tueries et les expulsions, les maisons brûlées, les ponts, les routes et les bâtiments industriels détruits forment un sombre et douloureux tableau du Kosovo, de la Serbie et du Monténégro, et semblent indiquer que la vie commune n'est plus possible. Nous croyons cependant qu'elle est nécessaire et possible.
Un avenir meilleur pour les citoyens du Kosovo, de la Serbie et du Monténégro, pour des Serbes et des Albanais citoyens d'un même État ou voisins les plus proches, ne se construira pas tout seul, ni en une nuit.

Mais c'est quelque chose à laquelle nous pouvons et devons travailler ensemble, comme nous l'avons fait de nombreuses fois dans le passé, il n'y pas si longtemps encore. Nous savons qu'à présent, cela sera très difficile, et parfois très douloureux. L'exemple de la réconciliation et de la coopération franco-allemande de l'après-guerre pourrait nous servir de modèle et d'impulsion.
Pour qu'une vie commune soit possible à l'avenir, la souffrance des crimes doit être dite pour qu'une fois pardonnée, elle ne soit pas oubliée. Cette tragédie, la vôtre et la nôtre, personnelle et collective, est le résultat d'une longue séries de politiques erronées de la part des plus radicaux parmi nous et dans la communauté internationale. La continuation de ces politiques mènera les Serbes et les Albanais à la destruction totale. La voie de la culpabilité collective est aussi la voie de la frustration, de la haine et de la vengeance. C'est pourquoi elle doit être abandonnée.
Notre premier pas, pour nous démarquer de la haine, du conflit ethnique et des destructions sanglantes est l'expression publique de notre profonde compassion et de notre condamnation sincère de tout ce que vous et vos concitoyens subissez. Comme citoyens de Serbie, nous subissons aujourd'hui des destructions et des pertes qui sont le résultat des bombardements de l'OTAN, du conflit armé au Kosovo et de désordres économiques et sociaux prolongés sous le poids des politiques meurtrières de la dictature.
La purification ethnique, les bombardements de l'OTAN et le conflit armé doivent cesser parce qu'ils ne contribuent pas à une solution de la crise au Kosovo mais au contraire la renforcent. Il ne doit plus y avoir de pertes. Tous les réfugiés doivent pouvoir retourner en sécurité dans leurs foyers et vivre comme il convient à un peuple libre et fier.
Nous sommes convaincus qu'ensemble, nous trouverons la force et le courage de nous engager sur la voie de la paix, de la démocratie, du respect des droits de la personne humaine, de la réconciliation et du respect mutuel. Il n'y a pas d'alternative au dialogue, à la négociation politique et au processus de paix. Pour nous tous, c'est la seule manière de sortir du conflit armé. C'est le moyen le plus sûr pour garantir le retour de réfugiés, de retrouver une vie et des activités normales et trouver une solution pour le statut du Kosovo.
Pour que cela puisse arriver, nous devons joindre nos efforts pour mettre fin à la guerre, redonner vie au processus de paix et entamer une reconstruction économique et démocratique pour le développement du Kosovo, de la Serbie et toute la région des Balkans.
Nous sommes convaincus qu'en joignant nos forces, nous pouvons contribuer à une solution politique juste et rationnelle pour le statut du Kosovo et construire la confiance et la coopération entre Serbes et Albanais.
Belgrade 30 avril 1999
- Association des citoyens pour la démocratie, la justice sociale et le
soutien au Syndicat unifie inter-branches Nezavisnost
- Mouvement européen en Serbie
- Initiatives civiques
- Forum pour les relations ethniques
- Centre pour la transition démocratique ToD
- Centre pour la démocratie et les élections libres
-! District 0230 (Kikinda)
- Comité Helsinki des droits de l'homme en Serbie
- Femmes en noir
- Centre des droits de l'homme de Belgrade
- Union des étudiants de Serbie
- VIN-video news hebdomadaire
- Groupe 484
- Comité yougoslave des juristes pour les droits de l'homme
- Fondation pour la paix et la gestion des crises
- Urban Inn (Novi Pazar)
- Cercle de Belgrade
- Union pour la vérité sur la résistance antifasciste
- Groupe de paix de Sombor (Sombor)
- Société pour la paix et la tolérance (Backa Palanka)
- Réseau alternatif de recherche sur l'éducation.
Le président du LDP victime d'une agression?
Le Président du Parti Libéral Démocrate (LDP) Čedomir Jovanović aurait été agressé hier à Belgrade. Les assaillants étaient présents devant son domicile une heure durant. Sa famille était à ses côtés au moment de l'agression, y compris ses enfants. Il semble qu’il ait été la cible d’insultes et menaces. Selon un officiel du parti l’attaque repose sur une base politique. Le LDP signale avoir reçu de nombreux messages de soutien. Sources : B92 et Beta, ldp.rs.
mercredi 18 mars 2009
Sentence réduite en appel pour Momcilo Krajisnik
L’appel intenté par Momčilo Krajišnik contre sa condamnation en 2006 a donné lieu à une réduction de sa sentence. Il devra passer 20 ans et non 27 derrière les barreaux. Pour rappel il s'agit de l'ancien Président de l'Assemblée des Serbes de Bosnie (1991-1995), âgé de 64 ans. Des développements plus complet et en français sur le Hague Justice Portal. Photo: Gouvernement serbe/Tanjug (2000).
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TPIY
mardi 17 mars 2009
"Nous sommes fatigués de cette histoire du Kosovo"
C’est une très intéressante activité qu’organisait à Bruxelles l’European Policy Centre ce 16 mars, à savoir un dialogue entre deux Serbes et deux Albanais du Kosovo.L’occasion était née de la projection du film «Kosovo Diary» (Kosovski Dnevnik) produit par SEETV. Ce documentaire, très intéressant, a été filmé en deux parties, la première deux mois avant la proclamation de l’indépendance du Kosovo, la seconde partie deux mois plus tard.
Le film se centrait en grande partie sur la perception des Serbes et il montrait qu’il y a très peu de contacts entre Serbes et Albanais du Kosovo. (Un autre documentaire de 55 minutes serait davantage centré sur les Albanais et leur vision dans leur communauté.)
Dans le panel des intervenants, c’est à mes yeux la journaliste Tamara Skroza (Vreme) qui a présenté la vision la plus intéressante et la plus stimulante. Celle-ci a en effet relevé les différents types de murs qui existent entre Serbes et Albanais, mais aussi entre membres de ces communautés.
Le film était le support de grandes questions : l’indépendance a-t-elle changé quoi que ce soit aux conditions de vie des Serbes ? Faut-il être optimiste, pessimiste ? Quel peut-être le rôle de l’UE ? Quid de l’entrée de la Serbie ou du Kosovo dans l’UE ? Quelle solution pour les enclaves serbes du Kosovo (participation, décentralisation…) ?
Certaines idées exprimées laissaient transparaître un fait : alors que dans le public de nombreuses questions abordaient les éléments à caractère historique, la journaliste a lancé, en substance: «nous sommes fatigués de cette histoire du Kosovo. Nous en avons assez car nous avons nos propres vies à mener», et l’exemple donné par la journaliste portait sur la difficulté d’obtenir des visas pour venir en Belgique. Le point qui aura été central dans les analyses du public est bien celui du rôle de l’histoire. Le film montrait les différentes versions de l’histoire du Kosovo… chacun s’ingéniant à démontrer que ses ancêtres sont antérieurs à ceux des autres. La journaliste a poursuivi en disant qu’elle ne supporte plus d’entendre parler d’histoire. Et il est vrai que l’histoire, obsédante, est sans doute une des particularités problématiques des Balkans. Il faut dire qu’elle a été réécrite tellement souvent! Un des intervenants, Novak Gajic, a rappelé une citation de W. Churchill: "Les Balkans produisent plus d’Histoire qu’ils ne peuvent en consommer"...
Pour l’avenir, plusieurs questions se posent, bien sûr, dont la question de la participation des Serbes aux organisations de l’Etat kosovar. Élément important signalé par un participant : si tous les pays de l’UE n’ont pas reconnu l’indépendance, la totalité ont décidé de reconnaître les passeports kosovars.
Une très bonne initiative, qui contribuera indéniablement à tisser des ponts indépendamment des frontières. Un rapport devrait être publié suite à cette initiative, que je reproduirai dès que reçu.
Liens: European Policy Centre, SEETV.
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Kosovo
Aux USA, le père de Miss Oregon risque l'expulsion
A Portland (État de l'Oregon), la presse revient sur Milenko Krstic, le père de Miss Oregon, accusé d'être un ancien militaire bosno-serbe suspecté d’avoir utilisé la force sur des civils en 1995 en Bosnie.On lui reproche, à son arrivée sur le sol américain, de n'avoir pas dit toute la vérité sur son activité en Bosnie.
Selon Associated Press, plusieurs Bosno-serbes ont été poursuivis pour avoir fraudé en vue d’obtenir un visa d’immigration, et ce après que les autorités aient comparé leurs registres d'immigrants à des listes issues du Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie.
On reproche à M. Krstic d'avoir été membre de la brigade de Zvornik (brigade accusée d’avoir joué un rôle dans l’assassinat de Musulmans).
Sources: AP, tftj.com (photo).
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TPIY
vendredi 13 mars 2009
Nacionalni Stroj et Obraz de retour à Novi Sad
B92 signale que des affiches attribuées à Nacionalni Stroj et ciblant la population rom ont été placardées à Novi Sad, sous le slogan "La Serbie aux Serbes, Les Roms dehors". La même source signale que le parti politique G17+ a dénoncé ces affiches et demandé que des poursuites soient entreprises, regrettant par ailleurs une récente manifestation dans la ville de l'organisation Obraz (à l'occasion du 1er anniversaire de l'indépendance auto-proclamée du Kosovo). Il semblerait que des symboles nazis aient été rendus publics. "Le vrai visage de Novi Sad est celui de la tolérance, pas la haine", dit notamment le communiqué de G17+.
Ex-Yougoslavie : pour un prolongement du mandat du TPIY
Communiqué du Parlement Européen.Relations extérieures - 12-03-2009 - 15:10 Le mandat du Tribunal international pour la Yougoslavie (TPIY) doit être prolongé de deux ans, tel est le principal message d'un rapport d'initiative adopté par le Parlement ce jeudi. Le Parlement a adopté à une large majorité par 558 voix pour, 23 voix contre et 14 abstentions le rapport de Annemie Neyts-Uyttebroeck (ADLE, BE), mandat du Tribunal international pour la Yougoslavie. Le Parlement souligne ainsi que le Tribunal a d'ores et déjà apporté une contribution significative au processus de réconciliation dans les Balkans occidentaux mais que son œuvre n’est pas encore achevée.
Le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie a été institué le 25 mai 1993 par une résolution du Conseil de Sécurité des Nations unies, afin de poursuivre et de juger les présumés responsables de violations graves du droit international humanitaire sur le territoire de l'ex-Yougoslavie depuis le 1er janvier 1991, durant les guerres en Croatie, en Bosnie-Herzégovine et au Kosovo.
Un mandat prolongé pour le TPIY
Les députés demandent, dès lors, au Conseil d’examiner d'urgence les moyens de prolonger le mandat du tribunal de sorte que les jugements en cours puissent être opérés sans hâte inconsidérée et que les criminels de guerre restant inculpés, puissent être jugés.
Soutenir le tribunal dans sa mission
Les députés appellent aussi le Conseil à évoquer avec les autorités responsables le manque de coopération apparent en ce qui concerne la remise de documents essentiels pour les poursuites engagées contre deux responsables toujours en fuite : Ratko Mladić et Goran Hadžić.
Selon les députés, le Conseil devraient encourager le Conseil de sécurité des Nations unies à s'engager à fournir des ressources suffisantes.
Aider à préserver l'héritage du Tribunal
Les députés souhaitent, en outre, que le Conseil précise de quelle manière l'UE appréciera la performance de l'appareil judiciaire dans les pays des Balkans occidentaux, au terme éventuel du tribunal, et quelles mesures elle pourrait prendre pour accroître son soutien aux enquêtes et aux procès, de niveau national, contre les crimes de guerre.
Afin de préserver l'héritage du Tribunal, ses archives devraient être conservées dans un lieu sûr et adéquat, éventuellement dans la région des Balkans occidentaux, estime le Parlement. Elles devraient être aussi complètes et accessibles que possible et disponibles en ligne.
Lien: «Les deux fugitifs n’échapperont pas à la justice de La Haye et c’est important qu’ils le sachent » (Annemie Neyts, députée européenne).
Libellés :
TPIY
mercredi 11 mars 2009
A propos des bombes à sous-munitions (BASM)
Alors qu’approche le dixième anniversaire des bombardements de la Yougoslavie par les forces militaires de l’OTAN, une ONG tenait ce 10 mars une conférence de presse au sujet des bombes à sous-munitions.Un certains nombre de ces bombes demeurent un danger car elles n’ont pas totalement explosé lors du largage, apparemment dans 16 municipalités de Serbie.
L’ONG Norwegian People's Aid présentait les résultats d’une étude dont il ressortirait à titre principal que 105 zones ont été bombardées et que du nombre de 37.000 sous-munitions («cluster bombs» en anglais) près de de 2.500 n’auraient pas explosé.
Les organisateurs de la conférence de presse ont exprimé le souhait que l’Etat serbe ratifie la convention d’Oslo pour l'interdiction totale des bombes à sous-munitions. Selon aidh.org: "Une centaine de pays – dont la France, la Grande-Bretagne, l'Allemagne, le Canada et la Suisse - ont signé, le 3 décembre 2008, à Oslo, une convention sur le désarmement prohibant l'utilisation, la production, le transfert et le stockage des bombes à sous-munitions (BASM), qui se dispersent en des centaines de petits engins explosifs, tout en appelant les plus gros producteurs et utilisateurs de BASM, tels les Etats-Unis, la Chine, Russie, le Pakistan, l’Inde et Israël, à se joindre à l'accord".
Depuis la fin de la guerre on dénombrerait 191 victimes d’explosions, dont 31 décès.
Sources : communiqué de Media Centar, Radio Srbija, aidh.org.
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OTAN
lundi 9 mars 2009
9 mars 1991 - 100.000 Serbes contre Milosevic
Très souvent les médias francophones ont minimisé le poids de l'opposition à Slobodan Milosevic. A cet égard, rappelons ces scènes folles qui ont animé les rues de Belgrade il y a 18 ans lorsque 100.000 personnes manifestaient leur colère contre le régime, à l'initiative du Parti Serbe du Renouveau (SPO).Il y a 18 ans deux personnes sont mortes: l'étudiant Branivoje Milinovic et un policier. Les manifestants protestaient contre le régime et contre la mainmise du pouvoir sur les médias.
La police n'arrivant pas à contenir les manifestants, l'armée fut appelée en renfort et plusieurs dizaines de tanks avaient ensuite sillonné les rues de Belgrade. B92 cite l'historien Čedomir Antić: « Le lendemain, Belgrade était une ville occupée ».
Sources: B92, RTS.
A voir aussi cet extrait vidéo.
vendredi 6 mars 2009
«Les deux fugitifs n’échapperont pas à la justice de La Haye et c’est important qu’ils le sachent » (Annemie Neyts, députée européenne)
Interview d'Annemie Neyts en sa qualité de rapporteure de la commission des Affaires étrangères du Parlement européen.D. Grcic : Annemie Neyts vous êtes Députée européenne (groupe ELDR). La presse a fait écho d’une possible adoption, le 11 mars, d’une résolution du Parlement européen concernant le Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie. De quoi s’agit-il ?
Annemie Neyts : Le Tribunal Pénal pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) a un mandat du Conseil de sécurité des Nations Unies pour travailler jusqu’à la fin de cette année-ci, son mandat arrive à expiration en 2010.
Le Tribunal a bien travaillé, il a mis 161 personnes en accusation et en a jugé 116, cinq accusés seulement en sont toujours au stade du pré-procès et attendent encore d'être jugés. Et puis il reste deux fugitifs, et pas des moindres…
Etant donné que le Tribunal n’a pas achevé son travail, nous sommes d’avis qu’il faut lui en donner la possibilité.
Au vu de tout cela et afin de veiller à ce que le TPIY travaille dans le respect du droit nous demandons à l’UE de proposer au Conseil de sécurité de prolonger le mandat du TPIY d’au moins deux ans et de prévoir une structure résiduaire qui permettrait le suivi si nécessaire.
Nous demandons aussi de veiller à ce que les archives soient conservées en de bonnes conditions, si possible en un seul endroit, et consultables par quiconque est intéressé.
Concernant les deux fugitifs, Ratko Mladic et Goran Hadzic, la structure résiduaire que nous demandons devrait les juger pour qu’il y ait égalité de traitement. Les deux fugitifs n’échapperont pas à la justice de la Haye et c’est important qu’ils le sachent.
La structure résiduaire est également nécessaire pour le cas d’une éventuelle procédure en appel.
D. Grcic : Quel pourrait être l’impact de votre résolution ?
Annemie Neyts : Une telle résolution, si elle est adoptée par le Parlement européen, va renforcer la position de ceux, nombreux, qui veulent permettre au Tribunal de parachever son travail.
La résolution va aider à une prolongation (limitée dans le temps car il ne s’agit pas de laisser ce tribunal s‘étioler au fil des ans).
J’ai appris à quel point le Tribunal s’efforce de rassembler les leçons de ce qu’il a appris lui-même et cela pour de futurs tribunaux.
D. Grcic : Avec le recul, quel regard portez-vous sur le rôle de l’UE durant les conflits des années 90 en ex-Yougoslavie ?
Annemie Neyts : J’ai pensé –et je dois préciser que j’étais déjà très active au niveau du Parlement Européen et dans le Parti libéral européen– que l’Union avait tort de ne pas intervenir pour mettre fin aux premières hostilités.
Après coup il est évident que ça a été une très grave erreur.
Dire ça après coup c’est facile, mais je pense que si on était intervenu de façon très résolue lors des bombardements de Dubrovnik en 1991… peut-être les choses ne se seraient jamais développées comme nous l’avons vu. Oui, je crois qu’on a fait une erreur, je crois que l’Union européenne ne s’est pas tout de suite rendue compte du danger que représentait l’ultranationalisme de Monsieur Milosevic. On a vu le fait qu’il prenait ses distances par rapport au communisme et on n’a pas vu qu’il y avait un autre danger aussi grand.
Le Projet de rapport contenant une proposition de recommandation du Parlement européen à l'intention du Conseil sur le mandat du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (2008/2290(INI)) est consultable en version intégrale (pdf) ici. Le site internet d'Annemie Neyts: ici.
L’Eglise contre la loi anti-discrimination - entorse à la procédure parlementaire
Dans sa «Weekly Newsletter n°33» de ce 6 mars, Yucom revient sur un événement important survenu hier à Belgrade, et qui touche aux principes de laïcité, de séparation de l’Eglise et de l’Etat.Les faits : alors que le Parlement serbe devait discuter d’un projet de loi anti-discrimination, le gouvernement a décidé de retirer le texte de la procédure parlementaire la veille. Et ce, semble-t-il, à la demande expresse de l’Eglise orthodoxe.
Le ministre des Affaires sociales Rasim Ljajic qui a en principe la tutelle sur ce projet de loi a annoncé que la décision a été prise sans qu’il ait été consulté. D’ailleurs il n’y a pas eu de réunion du gouvernement sur ce point, la décision résulte de certains échanges téléphoniques (entre qui ?).
Yucom explique que le texte permettrait à la Serbie de figurer sur ce qu’on appelle la « liste blanche de Schengen », entrainant la possibilité pour les citoyens de voyager dans l’UE sans visa. Par ailleurs cette loi est utile à la poursuite du développement du pays selon des standards démocratiques, respectueux des droits humains et des droits des minorités.
Cela fait quatre ans que ce projet de loi attend l’approbation du parlement et Yucom en retrace l’histoire détaillée. Le 19 février 2009 le gouvernement avait approuvé le projet de loi et proposé son adoption par les parlementaires.
L’église serbe aurait reconnu avoir adressé une missive au Ministre aux droits humains. Fait étonnant : l’Eglise serbe l’aurait fait en ayant consulté le clergé catholique, islamique, évangélique du pays et d’autres minorités religieuses.
Ce sont les articles 18 et 21 du projet de loi qui ennuient le clergé orthodoxe selon Yucom. Selon l’article 18, une discrimination existe si des mesures sont prises contre la liberté d’expression de croyances ou d’opinions, ou si un individu ou un groupe se voit refuser le droit d’adopter, conserver, exprimer ou de modifier ses croyances ou convictions.
L’article 21 stipule que l’identité de genre et l’orientation sexuelle relèvent de la vie privée et que nul ne peu être contraint à rendre publiques sont identité de genre ou son orientation sexuelle. Chacun a le droit d’exprimer son identité de genre et son orientation sexuelle et toute mesure discriminatoire sur cette base sera interdite.
L’église orthodoxe rejetterait la possibilité, incluse dans l’article 18 de pouvoir changer de croyances ou convictions, et dans l’article 21 le droit d’exprimer son identité de genre et son orientation sexuelle. Il est évident que la liberté de pensée, et la liberté de parole entraînent un corollaire : la liberté de choix (de religion, de sexualité).
Il est important de souligner que certains aspects sont impératifs aux yeux de l’Union européenne et qu’une loi anti-discrimination qui autoriserait certaines formes de discrimination serait très mal vue et pourrait, de fait, bloquer le processus permettant de placer le pays sur la liste blanche Schengen. Ceci dit un tel argument pourrait réjouis les nationalistes serbes qui s'opposent à une entrée dans l'Union européenne, lui préférant un rapprochement avec les grand-frère russe.
Finalement, hier le 5 mars décision a été prise de mettre le point à l’ordre du jour du parlement dans une semaine... mais avec un texte amendé.
Soulignons ici le courage dont fait preuve le Ministre aux droits humains, Marko Karadzic, qui a déclaré, selon Yucom, que le texte du projet de loi ne doit pas être modifié de façon substantielle, et que « personne ni aucun groupe n’a le droit de modifier la procédure législative ». Rasim Ljajic a lui aussi eu des mots très durs face à la situation actuelle, en substance: Faudra-t-il que les projets de loi passent désormais devant l’Eglise avant d’arriver devant l’assemblée parlementaire ?
Sources : "Human Rights and Democracy Violation, Early Warning Weekly Newsletter No. 33" (Yucom), B92, Blic, AFP.
jeudi 5 mars 2009
Pescanik réduit au silence des ondes?
Communiqué de l'ONG Frontline. Front Line est préoccupée suite à l’annonce d’attaques contre le site Internet et le brouillage des programmes radio diffusés par Pescanik sur Radio B92, ainsi que de la destruction de la voiture de la journaliste Svetlana Lukic, le 23 janvier 2009.
Informations complémentaires
Pescanik est une organisation non gouvernementale dirigée par les journalistes Svetlana Lukic et Svetlana Vukovic. Pescanik vise à promouvoir le débat autour des droits humains à travers des programmes radio, un site Internet, des débats en direct dans tout le pays et des publications en anglais et en serbe. Svetlana Lukic et Svetlana Vukovic ont reçu plusieurs prix pour leur travail, tels que le Fonds Dusan Bogavac pour l’éthique et le courage (1995), le Prix Konstantin Obradovic du Centre de Belgrade pour les Droits Humains (2006), et le Prix Reporters Sans Frontières.
Le 22 janvier 2009, le site de Pescanik, qui présente certains documents utilisés lors de la diffusion de ses programmes sur Radio B92, a été piraté. Cela ressemble à une attaque synchronisée venant de plusieurs endroits.
Le site a été bloqué pendant près d’une semaine. Le 23 janvier, la transmission des programmes radio de Pescanik a été bloquée; le signal radio a été brouillé à Belgrade et partout en Serbie.
En parallèle à ces événements, le 23 janvier, la voiture de Svetlana Lukic a été vandalisée; une Yugo marron lui est rentrée dedans à plusieurs reprises avec beaucoup de force. Des témoins étaient présents, mais aucun n’a relevé la plaque d’immatriculation et la police ne l’a pas retrouvée. Suite à ces incidents, Pescanik a porté plainte devant le Département de la Cybercriminalité du Procureur du District et a intenté une action en justice, devant le Quatrième Procureur Municipal, pour la destruction du véhicule de Svetlana Lukic. B92, la radio qui diffuse les programmes de Pescanik, a porté plainte devant l’Agence de Télécommunication de la République (RATEL) pour le brouillage de son signal durant la diffusion des programmes de Pescanik les 23 et 24 janvier 2009.
Front Line pense que la destruction de la voiture de Svetlana Lukic et le blocage de la diffusion des programmes de Pescanik, sur Internet et à la radio, sont liés au travail légitime et pacifique de l'ONG en faveur des droits humains. Au vu de la nature violente de l’attaque contre la voiture de Svetlana Lukic, Front Line est inquiète pour l’intégrité physique et psychologique de Svetlana Lukic et de Svetlana Vukovic.
Texte repris du site web frontlinedefenders.org et daté du 4 févier 2009.
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liberté de la presse
Srebrenica - arrestation d'un suspect en Bosnie
Zeljko Ivanovic (dit Arkan) a été interpellé hier à Pale (Bosnie). Il est accusé d’avoir participé au génocide de Srebrenica en juillet 1995, plus précisément sur le lieu des coopératives agricoles « Kravice » (près de Bratunac). Il travaillait pour la police spéciale et aurait joué un rôle lors de l’assassinat d’hommes et d’enfants.Sources : Svevijesti.ba, B92, glassrpske.com, 24sata.info (photo).
Libellés :
Srebrenica
mardi 3 mars 2009
HLC accuse Radoslav Mitrovic de crimes de guerre
Voici ce que dit le premier paragraphe d’un communiqué de presse de HLC daté de ce mardi 3 mars 2009. Traduction non-officielle.Selon les informations et preuves récoltées par le Humanitarian Law Center (HLC), l’Unité de Police Spéciale (PJP) du Ministère de l’Intérieur de la République de Serbie (MUP) a participé à la réalisation de nombreux crimes de guerre de masse au Kosovo.
Nombre de ces crimes, ordonnés par des figures politiques de premier plan de la République Fédérale de Yougoslavie (SRJ) et le MUP, ont été dirigés et planifiés par le plus haut commandement de l’Unité de Police Spéciale (PJP).
Radoslav Mitrović, commandant du 37e bataillon de la PJP sera jugé devant la Chambre du Tribunal pour les Crimes de Guerre de Belgrade pour avoir ordonné l’assassinat de civils albanais à Suva Reka/Suharekë le 26 mars 1999.
D’autres commandants de police et officiers de police qui ont commis des dizaines de meurtres et d’autres crimes de guerre graves au Kosovo, plutôt que d’être poursuivis comme criminels ou renvoyés de la police, bénéficient en fait de promotions dans leur travail.
Il est incontestablement démontré que certains d’entre eux ont commis des crimes de guerre, ont forcé d’autre officiers de police à commettre des meurtres ou à effacer les traces et preuves de crimes de guerre et sont devenus de hauts personnages officiels de l’Union Indépendante de la Force de Police de la République de Serbie et président les groupes locaux de police de nombreuses villes de Serbie.
Liens: HLC, HLC filed a criminal complaint against members of the 37th PJP battalion for war crimes committed in Kosovo in 1999 (communiqué de presse complet en anglais), Suva Reka (Suharekë en albanais) - Nouveau procès? (archive du blog 2007).
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