samedi 28 février 2009

Vers une interdiction de Obraz?

Le Ministère aux droits de l'Homme souhaite l'interdiction du groupe Obraz (Otačastveni pokret Obraz), une association de nationalistes serbes orthodoxes et de monarchistes considérés d'extrême droite dure. Depuis 2005 l'organisation est classée comme clero-fasciste par le Ministère de l'Intérieur. Particularités de l'organisation: antisémitisme, antimaçonniqme, anti-gays, anti-Albanais, anti-pluralisme, pro-Karadzic, etc. J'ai plusieurs fois parlé de cette organisation dans ce blog.
Le Secrétaire d'État aux droits de l'Homme Marko Karadžić entend évaluer si la constitution peut permettre une telle interdiction, et il précise à B92: "nous devons dire que le nationalisme agressif, les appels à l'extermination de certains groupes en Serbie, la promotion de la discrimination et les appels à la violence violent la Constitution". A noter que Obraz a vu naître un équivalent russe. Lien: Obraz (en serbe - cyrillique uniquement). Photo: Mladen Obradović, porte-parole de Obraz.

vendredi 27 février 2009

Il y a 16 ans, 19 personnes étaient abattues à Strpce

Le parti LDP a publié un communiqué de presse concernant l'affaire Štrpce du nom de cette localité proche de Visegrad où 19 personnes furent exécutées en raison de leurs origines ethniques le 27 février 1993.

Un rapport d'Amnesty International cite les faits: "Le 27 février 1993, un train reliant Belgrade au port monténégrin de Bar a parcouru une section de 10 kilomètres en Bosnie-Herzégovine, sur un territoire contrôlé par les Bosno-Serbes. À la gare de Strpci, le train a été arrêté et des hommes armés en uniforme sont montés à bord. Des témoins ont pensé que certains appartenaient à la police militaire ou à la police bosno-serbe. Les hommes ont traversé les wagons, demandant aux passagers leurs papiers d'identité, qui leur ont généralement permis de déduire leur nationalité. Ils ont fait descendre au moins 20 hommes du train, des Musulmans du Monténégro pour la plupart ; l'un d'entre eux était Croate, retraité de l'Armée nationale yougoslave". Les personnes en question ont ensuite été exécutées et on ignore où sont les dépouilles.
Nebojša Ranisavljević a été condamné en 2002 à 15 années de détention pour crimes de guerre contre la population civile mais les autres auteurs demeurent libres.
Quant au Parti Libéral Démocrate (LDP) il demande que soient envisagées les responsabilités d'officiels serbes pour lesquels l'unité paramilitaire œuvrait. Le LDP dit voir dans cette affaire une absence de volonté de l'État et des institutions judiciaires d'achever l'enquête. Le LDP évoque aussi la nécessité d'une indemnisation équitable des familles.

(NB: selon les sources on lit Štrpce ou Štrpci.)

Sources: "Jugement rendu à Belgrade pour les crimes de guerre de Sjeverin : Amnesty International demande que tous les responsables de la politique d'enlèvements et de meurtres soient traduits en justice" (rapport 2003 d'Amnesty International), B92, Liberal Democratic Party LDP.

jeudi 26 février 2009

Affaire des Six: Milan Milutinovic acquitté

L'affaire dite des "Six du Kosovo" a débouché sur un jugement ce 26 février 2009. Tous étaient accusés d'avoir participé à l'expulsion ou l'exécution en 1999 d'Albanais du Kosovo.
Le procès avait eu lieu entre le 10 juillet 2006 et le 27 août 2008 devant le Tribunal Pénal International pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) contre l'ancien Président Milan Milutinovic, l'ancien Vice-Premier Ministre de la RFY Nikola Sainovic, l'ex-général de corps d'armée (VJ) Dragoljub Ojdanic et les généraux Nebojsa Pavkovic, Vladimir Lazarevic et Sreten Lukic. La défense avait demandé l'acquittement.
Les six étaient accusés de: déportation, autres actes inhumains (transfert forcé), meurtre, persécution sur base politique, raciale ou religieuse (crime contre l'humanité) et meurtre (violations des lois et coutumes de guerre). (Contrairement aux procès Milosevic et Seselj, le procès n'a pas été télédiffusé en Serbie.)

Le verdict

Nikola Šainović, Nebojša Pavković et Sreten Lukić ont écopé d'une sentence de 22 années pour crimes contre l'humanité et violations des lois de la guerre.
Vladimir Lazarević et Dragoljub Ojdanić ont été condamnés à 15 années d'emprisonnement pour transfert forcé et déportation d'Albanais du Kosovo.
Les crimes ont été commis dans les villes et villages de 13 municipalities of Kosovo: Orahovac/Rahovec, Prizren, Srbica/Skenderaj, Suva Reka/Suharekё, Peć/Pejё, Kosovska Mitrovica/Mitrovicё, Priština/Prishtinё, Ðakovica/Gjakovё, Gnjilane/Gjilan, Uroševac/Ferizaj, Kačanik/Kaçanik, Dečanin/Deçan and Vučitrn/Vushtrri.

Milan Milutinović (photo), à l'époque Président de la Serbie, a été acquitté de toutes les charges qui pesaient contre lui.

Le jugement complet est consultable en anglais et au format pdf ici.

Par ailleurs, et sans rapport avec ce qui précède, on apprend que le TPIY a modifié l'acte d'accusation de Radovan Karadzic. Cf. TPI : Coup de théâtre au procès Karadžić (Courrier des Balkans).


Crédit photo: ICTY Courtroom Photographs.

mercredi 25 février 2009

Protestations contre l'homophobie en Serbie

Le festival du film qui se tient en ce moment à Belgrade a été chahuté hier.
Alors que le programme prévoyait la projection du film Milk, du nom de cet homme politique américain assassiné après avoir reconnu son homosexualité, plusieurs personnes ont chahuté une projection aux cris "Mort à l'homophobie".
Cela se produit dans un contexte bien particulier: l'annulation d'une conférence de presse qui devait se tenir ce 26 février au centre de presse du centre Sava. Les organisateurs dénoncent une preuve d'homophobie. Deux membres du gouvernement ont emboîté le pas. Selon B92, le Ministre de la Culture Nebojša Bradic a déclaré mardi 24 février que la réaction du Centre Sava était "inquiétante". Par ailleurs le Secrétaire d'État aux Droits de l'Homme Marko Karadžić a demandé la démission ou le remplacement de la direction du centre.
Une vidéo circule sur Youtube.

mardi 24 février 2009

"La mairie du 17e ne fera jamais l’éloge de personnages comme Milosevic ou Karadzic"

La maire UMP du 17e arrondissement de Paris a annulé une manifestation de Solidarité Kosovo et Vérité et Justice.
Voici un communiqué de presse qui émane de ses services.

COMMUNIQUE DE PRESSE
Brigitte Kuster, maire du 17e, porte plainte contre X suite à des menaces physiques

Brigitte Kuster, maire du 17e, tient à dénoncer les pressions et menaces physiques dont elle fait actuellement l’objet suite au décrochage de l’exposition « Visions de guerre - Regards d’enfants » intervenu, lundi 16 février, en raison du décalage inadmissible entre la présentation initiale de l’exposition organisée par les associations Vérité et Justice et Solidarité Kosovo, – « une exposition humanitaire très émouvante qui informerait le public sur la situation dramatique des enfants des minorités ethniques du Kosovo » - et la réalité des œuvres et documentations affichées.

En effet, au moment de l’installation en mairie, des panneaux présentant un contenu politique et partial ont été installés au milieu des dessins des enfants du Kosovo. Contrevenant aux règles de neutralité inhérentes à une mairie d’arrondissement, l’exposition a été immédiatement décrochée. « La mairie du 17e ne fera jamais l’éloge de personnages comme Milosevic ou Karadzic », explique Brigitte Kuster.

Le maire du 17e fait depuis l’objet de menaces physiques. Elle a porté plainte contre X. Une enquête est actuellement diligentée par la police judiciaire.

Sur Solidarité Kosovo, lire Arnaud Borella et "Solidarité Kosovo". En illustration, un livre édité par Vérité et Justice.

GSA annonce un rapport sur les droits fondamentaux des gays

Gej strejt alijanse (GSA) annonce la publication d'un rapport sur les droits des gays de Serbie en 2008, notamment sous l'angle des droits fondamentaux. Le rapport devrait porter sur le niveau de l'homophobie, les cas de violence et de discrimination contre les personnes LGBT, les liens entre les organes de l'Etat, les partis politiques et les gays, l'image véhiculée par les médias, les manifestations publiques, etc. A noter que l'invitation à la conférence de presse de ce 26 février qui doit rendre le rapport public annonce la présence d'un représentant du Ministère aux droits de l'Homme, en plus de la présence de Boris Milićević (président de GSA) et de Goran Miletić (Swedish Helsinki Committee). Informations suivront. Source: GSA.

MISE A JOUR DU 24 février 2009.
Dans un communiqué, GSA dénonce la décision du centre de congrès du Centre Sava d'annuler la conférence de presse de ce 26 février au cours de laquelle le rapport en question devait être rendu public. GSA y voit une preuve d'homophobie et demande que la conférence ait lieu selon le calendrier.

lundi 23 février 2009

Le procès du massacre de Lovas en cours à Belgrade

A Belgrade se déroule le procès des 14 personnes accusées d'avoir exécuté 70 civils en Croatie en octobre 1991. Quatre des accusés étaient membres de l'Armée yougoslave (JNA), et six étaient membres de l'unité Dusan le Grand (Dušan Silni) selon B92.
Voici l'extrait d'un document de l'ONU qui relate certains faits: "Le 18 octobre 1991, des membres de la JNA, la TO de la SAO SBSO et l’unité de volontaires Dusan Silni ont contraint 50 civils croates, qui avaient été emprisonnés pour effectuer des travaux forcés dans le bâtiment Zadruga de Lovas, à marcher dans un champ de mines aux abords du village de Lovas, situé à environ 20 kilomètres au sud-ouest de la ville de Vukovar. En route pour le champ de mines, un détenu a été abattu par ces forces serbes. Arrivés sur place, les détenus ont été contraints d’avancer en tâtonnant du pied devant eux pour déminer. Une mine au moins a explosé, et les forces serbes ont ouvert le feu sur les détenus. Vingt et un détenus ont été tués par des mines ou par balle." (Acte d'accusation de Slobodan Milosevic, AFFAIRE N° IT-01-50).
Les 70 personnes ont été exécutées entre le 10 et le 23 octobre 1991. Photo: Javno.

Un lien entre l'assassinat de Jill Dando et les bombardements de l'OTAN?

Le 16 avril 1999 est la date de l'assassinat par balle à Londres de la journaliste de télévision Jill Dando. Les institutions britanniques ont longtemps pensé que le coupable était un certain Barry George, qui a depuis lors été acquitté. Une autre piste est ouverte selon laquelle l'exécution aurait été commise en réaction aux bombardements de l'OTAN de 1999. Cette piste est née des déclarations d'un ressortissant britannique qui dit avoir entendu dans un bar de Belgrade en 2001 une personne discuter de l'assassinat.
L'information elle est développée dans le journal Sunday Times et sur B92.
Liens: Serb 'admits killing Jill Dando' in revenge for Nato bombs, site à la mémoire de la journaliste.

samedi 21 février 2009

Miladin Kovacevic ou Comment la Serbie perd un million de dollars

Balkans, région de tous les contrastes!
Comme tout le monde je suis resté dubitatif devant l'information lorsqu'elle a été diffusée par la presse il y a quelques jours. En effet, aucun officiel ne venant la confirmer, elle en paraissait d'autant plus improbable.
Dans l'affaire Miladin Kovacevic, du nom de ce jeune homme qui a fui les USA il y a quelques mois alors qu'un procès devait s'y tenir contre lui, le gouvernement aurait décidé une chose inouïe qui coûtera un million de dollars à ses citoyens.
Le gouvernement a décidé d'affecter une somme de un million de dollars. 900.000 dollars iront à la victime de Miladin Kovacevic. Les 100.000 dollars restants financeront la caution qui a été payée pour la libération provisoire de l'inculpé.
Il semble que la décision ait été prise pour réduire la tension diplomatique entre les deux pays. La Serbie, sur base de sa constitution, s'oppose à une extradition. Incidemment cela nous rappelle un cas plus récent d'extradition, celle de Slobodan Milosevic vers La Haye.
La militante des droits humains Biljana Kovacevic Vuco a appelé à l'extradition de M. Kovacevic.
La décision du gouvernement relève du secret et est donc impossible à confirmer. Il y a bien sûr le risque de la rumeur infondée.

vendredi 20 février 2009

La question des bombes enrichies à l'uranium (1999)

Selon une dépêche de l'agence de presse moscovite Interfax, le gouvernement serbe, par la voix du ministre Vuk Jeremic, a fait savoir lors d'une conférence de presse qu'il a mené une étude sur les bombardements de l'OTAN de 1999 sur Kosovska Mitrovica. Plus précisément l'étude porte sur l'éventuelle présence d'uranium appauvri dans les bombes, la question étant de savoir si la présence de l'uranium a entraîné un accroissement du risque sanitaire pour la population, et on pense bien sûr au cancer. Des enquêtes porteraient donc sur les maladies oncologiques et "une fois fois l'étude achevée, nous publierons les résultats définitifs". Depuis 1999 on voit apparaître une polémique sur les effets néfastes supposés ou avérés de l'uranium appauvri.

mercredi 18 février 2009

Quelle indemnisation pour M. Radic?

B92 revient sur l'affaire Miroslav Radić, du nom de cet homme qui avait été inculpé de crimes de guerre commis à Vukovar et qui, après plus de quatre années de captivité à La Haye, avait été déclaré non coupable en 2007. On apprend qu'il a décidé de demander une indemnisation à l'Etat serbe par la voie judiciaire, une première audience ayant eu lieu ce matin.

Nouvel acte d'accusation contre Radovan Karadzic

Le Hague Justice Portal publie l'information suivante.

L'Accusation dans le procès Karadžić a déposé un second acte d'accusation modifié. Plus tôt dans la semaine, la chambre avait partiellement reçu l'acte d'accusation modifié proposé.

Radovan KaradžićLe 18 février 2009, le procureur du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) a déposé un acte d’accusation modifié contre l’ancien dirigeant des Serbes de Bosnie, Radovan Karadžić. Plus tôt dans la semaine, la chambre de première instance III avait partiellement reçu la plupart des amendements proposés à l’acte d’accusation de 2000. L’Accusation soutient qu’avec ce nouvel acte d’accusation, elle a « mis à jour, clarifié et mieux précisé ses allégations juridiques et factuelles relatives à la responsabilité pénale individuelle de l’accusé ».

Le second acte d’accusation modifié vise à simplifier les charges portées contre Radovan Karadžić pour permettre un procès plus court et plus efficace. L’Accusation a restructuré les chefs d’accusation de l’acte d’accusation précédent, datant du 28 avril 2000 et a modifié le comportement criminel auquel l’acte d’accusation se rapporte.

Dans l’acte d’accusation modifié, Radovan Karadžić est désormais accusé de deux chefs de génocide, au lieu d’un seul, qui correspondent à deux périodes différentes : les crimes commis en Bosnie-Herzégovine en 1992 et ceux commis lors du massacre de Srebrenica en 1995. L’ancien président de la Republika Srpska et commandant en chef de l’armée des Serbes de Bosnie (VRS) durant la guerre, est accusé de onze chefs de génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre.

Sarajevo et Srebrenica

Dans le second acte d’accusation modifié, l’Accusation soutient que M. Karadžić porte la responsabilité d’actes criminels commis dans trois « zones principales de crime » : (1) un ensemble de municipalités localisées dans un territoire revendiqué par les Serbes de Bosnie, (2) la zone de Sarajevo et (3) la zone de Srebrenica. En ce qui concerne la localisation des zones de crimes, le nouvel acte d’accusation réduit aussi à 27 le nombre de lieux en Bosnie-Herzégovine où ont été commis les crimes (contre 41 auparavant).

Les modifications apportées par le procureur aux autres chefs de l’acte d’accusation reflètent les développements de la jurisprudence du TPIY relative à la co-perpétration. L’accusation selon laquelle M. Karadžić a agit « de concert » avec d’autres accusés devant le TPIY a été modifiée pour préciser la responsabilité en tant que participant à une entreprise criminelle commune (ECC) comme forme alléguée de co-perpétration.

Un chef d’infractions graves aux conventions de Genève a été retiré de l’acte d’accusation. Cependant, dans sa décision d’accéder partiellement à la requête de l’Accusation, la chambre de première instance III a refusé d’accueillir la modification de l’acte en ce qui concerne l’ajout de trois incidents allégués de meurtres aux chefs 3, 4, 5 et 6. La chambre soutient que ces allégations ne sont pas adéquatement soutenues par des éléments de preuve.

Radovan Karadžić doit plaider coupable ou non-coupable de l’acte d’accusation modifié lors de sa prochaine comparution devant la cour, le 20 février 2009.

Radovan Karadžić

Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie

mardi 17 février 2009

Osman Arnautovic remporte un prix littéraire à Tuzla

Petite infidélité à la Serbie, jetons un oeil à la Bosnie.
L'écrivain bosniaque Osman Arnautovic qui m'avait accordé un entretien (paru sur ce blog en mars 2008) a remporté un prix littéraire à Tuzla pour son ouvrage "Ukleta čaršija".
Plusieurs de ses ouvrages portent sur la thématique des unions mixtes et les difficultés à maintenir une famille lorsque se diffuse le nationalisme.
Il est aussi l'auteur d'une méthode d'apprentissage de la langue française, dont on trouve des éléments ici.
Bravo à lui!

Lien: «La guerre n’a pas d’importance comparée à l’amitié» - Interview à Bruxelles de l'écrivain Osman Arnautovic.

lundi 16 février 2009

Virée parlementaire au Kosovo?

Ce 17 février marque le 1er anniversaire du nouvel Etat kosovar, que la Serbie refuse toujours de reconnaître. Seuls 54 pays dans le monde ont reconnu cette indépendance. Ce mardi 17 février des parlementaires serbes se rendront dans le nord du Kosovo pour rappeler qu'à leurs yeux ce territoire appartient toujours à la Serbie. Ils se rendront à Zvečan pour y participer à l'Assemblée de l'Union des Municipalités Serbes du Kosovo qui devrait rappeler qu'à ses yeux le Kosovo relève de la souveraineté serbe. Au sein des partis serbes, seul le parti LDP a annoncé qu'aucun de ses parlementaires ne sera du voyage. Le ministre pour le Kosovo Goran Bogdanović (photo) sera présent.
Lien: Le Kosovo ou la difficulté d'être indépendant, par Piotr Smolar (Le Monde).

samedi 14 février 2009

La Serbie refuse d'extrader un ressortissant - affaire M. Kovacevic

L'étudiant Bryan Steinhauer est décédé des coups reçus en mai 2008 aux USA. Peut-être avez-vous appris à l'époque les détails de l'affaire: lors d'une bagarre il a été frappé à tel point qu'il est tombé dans un coma dont il n'est pas ressorti vivant. Il s'agit à la base d'un fait divers, qui s'est transformé en problème plus large.
Après l'agression, l'auteur des coups Miladin Kovacevic s'était enfui des USA pour revenir en Serbie, avec le soutien d'un officiel serbe (démis de ses fonctions depuis lors). Les USA demandent son extradition pour le juger et ici l'affaire devient très importante: le gouvernement serbe annonce son intention de s'opposer à toute extradition, se basant sur la Constitution serbe.
Rappelons qu'en 2005 la Serbie avait demandé à l'Argentine l'extradition de Nebojsa Minic en vue de le juger pour des faits criminels. Pourquoi demander aux autres ce que l'on refuse de faire soi-même?
M. Kovacevic vit librement en Serbie où il devrait être jugé (mais cela ne satisfait pas les USA).
Le 22 janvier le parti d'extrême droite SRS a voulu se distinguer en organisant une visite du parlement serbe en compagnie de Miladin Kovacevic.
Un ministre du gouvernement serbe a déclaré que tout cela est préjudiciable à l'image de la Serbie sur la scène internationale. Ces derniers mois l'affaire a fait la "une" de nombreuses publications américaines.
Sources: Blic, B92. Lien (anglais): Mladic, Karadzic and now…Miladin Kovacevic?

Mise à jour du 16 février: après vérification, il n'est pas clair que l'étudiant soit décédé des coups reçus, il pourrait n'avoir été que blessé. Précisions suivront.

Velimir Ilic -Nouvelle polémique

Le 12 février Velimir Ilić, chef du parti Nouvelle Serbie (photo), a utilisé au Parlement des mots qui ont donné lieu depuis à polémique. Il réagissait à un courrier envoyé au nom du gouvernement par le ministre Rasim Ljajić à l'occasion de la célébration du soulèvement de Orašac. (Le 15 février 1804 débutait à Orašac le 1er soulèvement contre le pouvoir turc.) Il y voyait "une insulte à la dignité de l'État, une insulte à tout ce qui est serbe". M. Ljajić est un Musulman du Sandžak et il lui est donc reproché d'envoyer un courrier qui invite à la célébration de la fête de l'État serbe et de l'adoption de sa première Constitution alors qu'il n'est pas de confession orthodoxe. Le parquet a demandé à recevoir l'enregistrement de la prise de parole.

Mise à jour à 16h: on apprend que V. Ilic a été transporté à l'hôpital, apparemment victime de soucis de santé suite à la pression médiatique (hypertension?) suscitée par ses propos. Coup de théâtre digne d'un bon film: Rasim Ljajić s'est rendu à son chevet pour prendre de ses nouvelles!

vendredi 13 février 2009

Intimidations dans le procès de V. Seselj?

Cet article est issu du Hague Justice Portal.

Le procès de Vojislav Šešelj a été ajourné en raison d'intimidations dont feraient l'objet certains témoins de l'Accusation.

Šešelj, VojislavLe 11 février 2009, la chambre de première instance III du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) a décidé d’ajourner les procédures contre Vojislav Šešelj, après que l’Accusation ait fait une requête orale en ce sens, lors de l’audience du 15 janvier 2009. Elle soutient que « l’intégrité de la procédure serait mise en péril » si la chambre devait entendre les dépositions de témoins ayant fait l’objet d’une campagne alléguée d’intimidation.

La section de la décision concernant la durée de cette suspension a été expurgée. Cependant, l’opinion dissidente de M. le juge Antonetti, président, semble indiquer qu’elle dura le temps des procédures engagées contre Vojislav Šešelj pour outrage au Tribunal.

D’après les termes de la décision de la chambre de première instance, « l’audition des autres témoins ne serait pas conforme à l’intérêt de la justice » en raison d’une campagne d’intimidation dont ils feraient l’objet. Pour les juges Harhoff et Lattanzi, « il ne serait pas possible de garantir qu’ils déposent librement, ni de garantir leur sécurité ».

Dans son opinion dissidente, M. Antonetti souligne cependant que l’Accusation ne dispose plus que de sept heures d’audience pour faire venir les témoins concernés. Dans la mesure où l’on se saurait prédire combien de temps les procédures pour outrage vont durer, suspendre le procès à cette étape est pour M. Antonetti, « une erreur dans la gestion du temps ». Le président de la chambre ajoute que cela fera bientôt six ans que l’accusé est en détention, et la présentation des moyens à charge n’est même pas terminée.

Cette décision arrive moins d’un moins après que M. Šešelj soit devenu le premier accusé en procès pour crimes de guerre devant le TPIY, à être en même temps accusé pour outrage, en raison de la publication d'un livre écrit par lui et qui révèle de nombreuses informations relatives aux procédures pénales dont il fait l'objet, dont des informations relatives à l’identité de témoins protégés.

Le procès de Vojislav Šešelj a commencé en novembre 2007. L’accusé est inculpé de huit chefs de crimes contre l’humanité et six chefs de violations des lois ou coutumes de la guerre. M. Šešelj, chef du parti radical serbe (SRS), est considéré comme l’une des figures de premier plan à être jugé devant le TPIY, au même titre que Slobodan Milošević and Radovan Karadžić.

Lire aussi: TPI : interruption « jusqu’à nouvel ordre » du procès Šešelj (Danas/Courrier des Balkans).

La Serbie pourrait participer au programme Outreach de l'ONU

Vous savez que La Haye aux Pays-Bas abrite les Tribunaux Pénaux Internationaux, dont celui pour l'ex-Yougoslavie. Il y héberge aussi un Tribunal ad hoc pour le Rwanda. Décision a été prise par les États de réduire l'action de ces Tribunaux. Dans le cadre de ce qui est nommé la "stratégie d’achèvement des travaux" les instances renverront les affaires "impliquant des accusés de rang intermédiaire et subalterne devant les juridictions nationales". En jargon onusien on parle du programme "Outreach".

Il semble que la Serbie ait pris la décision ou envisage fortement de participer à ce programme et elle a envoyé une équipe à La Haye pour y apprendre les éléments de procédure requis.
Glassrbije nous apprend sur son site en français que: "Une délégation juridique de la Serbie a visité aujourd’hui 12 février le Tribunal de La Haye pour prendre connaissance de la procédure ’’Outreach’’de cette Instance, qui consiste à former et engager les tribunaux nationaux en territoire de l’ancienne Yougoslavie à mener les procès pour crimes de guerre. Les représentants du Conseil national de Serbie pour la coopération avec le Tribunal, du Parquet pour crimes de guerre, du Ministère des Affaires étrangères, du Tribunal départemental à Belgrade et du Centre judiciaire pour la formation et la spécialisation, ont pris part au séminaire organisé par le Programme de développement de l’Onu, a communiqué le Secrétariat du Tribunal."

mercredi 11 février 2009

L'Eglise serbe et la Voïvodine

On se reportera à l'intéressant article publié dans le Courrier des Balkans, sur la situation en Voïvodine. Une province serbe qui souhaite acquérir une plus grande autonomie, on imagine que cela ne se fait pas sans débat. On sait que tout ce qui peut donner l'impression de remettre en cause des frontières ou la mise en question du pouvoir central "national" crée rapidement des tensions (dans tous les pays de la région d'ailleurs). L'article du Courrier des Balkans s'interroge sur le rôle qu'entend jouer l'Église dans cette affaire. Extrait:

L’Église orthodoxe serbe a écrit aux plus hauts dirigeants politiques de Serbie pour exprimer son opposition au nouveau statut d’autonomie de la Voïvodine qui, selon elle, remettrait en cause la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Serbie. Le nouveau statut de la Voïvodine doit être débattu au Parlement de Serbie au mois de mars, mais cette initiative de l’Église suscite une nouvelle politique : le Saint-Synode peut-il intervenir ainsi sur la scène politique ?

Lien vers le texte complet: Serbie : l’Église orthodoxe part en croisade contre l’autonomie de la Voïvodine.

mardi 10 février 2009

La sentence contre N. Kandic pourrait avoir d'immenses effets négatifs selon des ONG serbes

Un article de Dejan Georgievski (qui est responsable de l’édition anglaise de OneWorld SEE, photo) apporte des précisions sur le procès intenté par l’ancien n°2 du Parti Radical Serbe, T. Nikolic, contre l’activiste N. Kandic. Traduction de l’anglais.

Yucom, le Comité des juristes pour les droits de l'Homme, le Comité Helsinki pour les droits de l’Homme en Serbie, Initiative des jeunes pour les droits de l’Homme ainsi que les Femmes en noir ont exprimé leur préoccupation devant la décision du 4e tribunal municipal de Belgrade, qui a déclaré ce 5 février Natasa Kandic, la directrice exécutive du Centre pour le droit humanitaire, coupable de calomnie et diffamation au détriment de Tomislav Nikolić.
«Nataša Kandić a présenté les informations collectées durant les longues années qu'elle a passées à enquêter sur les crimes de guerre, incluant les crimes commis à Antin (Croatie) et le rôle que le corps de volontaires du Parti Radical Serbe (SRS) a joué dans ces événements. Sur cette base, il nous semble que l'affirmation de la cour selon laquelle Nataša Kandić avait l'intention d'humilier Nikolic est assez étrange» ont déclaré les organisations dans un communiqué commun.
Le Code criminel stipule que « (...) la personne accusée de diffamation ne sera pas punie si les allégations sont présentées dans le cadre d'une critique sérieuse, (...) pour défendre un droit ou intérêt, (...) si le mode de présentation et d'autres circonstances démontrent qu’aucune tentative d’humiliation n’a été faite (...) ou si l'accusé prouve qu'il y avait des motifs suffisants de croire la véracité de sa présentation».
Dans ce cas particulier, le tribunal a été informé sur les sources de ces résultats, et le fait était connu du public que Nikolic était, en fait, un volontaire du parti dirigé par Vojislav Seselj, actuellement en jugement au Tribunal de La Haye.
La sentence pourrait avoir des effets de longue portée sur les activités futures des ONG qui travaillent dans le domaine des droits de l'Homme, particulièrement sur les organisations qui travaillent sur les crimes de guerre et qui interrogent le passé. Le tribunal dénie, selon les ONG, le droit d'ouvrir les questions concernant le passé, les crimes commis en temps de guerre et les acteurs concernés.
«Cette sentence ne doit pas nous décourager dans la lutte contre les efforts visant l'oubli dans les enquêtes sur la responsabilité des crimes de guerre. Nous insisterons pour que ces responsables soient traduits en justice» ont conclu Yucom, le Comité Helsinki, YIHR et les Femmes en Noir.

Les passages concernant la citation d'un texte de loi serbe doivent être considérés à titre indicatif puisqu'il s'agit d'une traduction de deuxième main (traduction du serbe vers l'anglais et de l'anglais vers le français).

Liens : The Kandic Sentence Can Produce Immense Negative Effects (OneWorld, 9 février 2009), Natasa Kandic condamnée pour diffamation dans un procès intenté par T. Nikolic (Blog de veille du 6 février 2009).

lundi 9 février 2009

Croix Rouge serbe: bon anniversaire pour ses 133 ans

GlasSrbije propose cet article sur son site, signé Djuro Malobabic:

Elle a été fondée le 6 février 1876, sur initiative du médecin militaire Vladan Djordjevic (photo), en vue d’héberger les réfugiés qui arrivaient en Serbie durant l’insurrection en Herzégovine.
Le réseau de la Croix rouge de Serbie, qui a quelque 183 bureaux, employant sept cent professionnels et soixante mille volontaires, a distribué six cent cinquante mille tonnes d’aide humanitaire depuis le début des années quatre-vingt-dix jusqu’en 2004. Ces dernières années, la Croix rouge de Serbie s’est particulièrement engagée à accueillir et héberger plus de sept cent mille réfugiés et personnes déplacées des régions d’ex-Yougoslavie, ainsi qu’à héberger environ deux cent mille personnes temporairement déplacées du Kosovo-Metohija. A travers différents programmes, la Croix rouge aide les catégories démunies, qui représentent en Serbie plus de dix pour cent de la population. Le président de la Croix rouge de Serbie, Dragan Radovanovic, a déclaré à la solennité marquant cet anniversaire que dans la période à venir, en coopération avec le gouvernement de Serbie, le travail de l’organisation visera à assurer les aliments pour les cuisines du coeur en Serbie, qui ont environ 22.000 utilisateurs dans 58 villes. Dans le cadre de la Croix rouge est mis en oeuvre un programme de soins de personnes âgées, auquel prennent part environ 2.000 volontaires, qui aident les personnes âgées en surveillant leur état de santé et en assurant par la suite leur hébergement dans des institutions compétentes. A côté de cette organisation, un grand nombre de fondations humanitaires a été fondé au cours des quelques dernières années en Serbie, sur initiative des personnalités de la vie publique. Ainsi, le Président de Serbie, Boris Tadic, comme donneur de sang bénévole de longue date, a soutenu les efforts de la Croix rouge dans la promotion de l’importance du don bénévole du sang, et l’année dernière, il a appelé les autres personnalités publiques à adhérer aux activités de la Croix rouge. A côté de la fondation humanitaire Vlade Divac, du « Groupe sept », fondé par nos sportifs connus, du fonds bénévole "Katarina Rebrača", de la Fondation de la princesse Katarina Karadjordjevic, mais également de nombreux autres, il arrive assez souvent que certaines personnalités publiques adhèrent aux actions d’autres organisations, qui ont pour but l’élévation de la conscience des gens au sujet du règlement des problèmes sociaux. Cette organisation humanitaire réalise également des projets ayant pour objectif la promotion la vie saine, ainsi, ces membres bénévoles jeunes et éduqués transmettent aux élèves des écoles primaires et secondaires leurs connaissances sur les maladies sexuellement transmissibles, la tuberculose, les maladies de dépendance. Les équipes de premier secours de la Croix rouge ont remporté ces trois dernières années le titre du champion d’Europe et grâce à l’aide de ces membres bénévoles, Belgrade sera en 2010 l’hôte de la compétition des Croix rouges.

La Serbie et l'Union européenne, où en est-on?

Le 5 février le Parlement Européen a voté un texte "encourageant les États membres de l'Union qui ne l'ont pas encore fait à reconnaître l'indépendance du Kosovo".
Les médias relatent que plusieurs pays ont signifié leur opposition à ce texte: la Roumanie, l'Espagne, la Slovaquie, la Grèce et Chypre.
La Serbie a pour sa part dénoncé cette résolution non contraignante du PE, au nom de sa Constitution et du droit international. (De la même manière, sur le plan politique actuel, la Serbie s'oppose à l'entrée du Kosovo au sein de l'OSCE.)
Il semble, lorsqu'on lit les dépêches issues des milieux européens ces dernières semaines que la question du Kosovo n'est pas considérée comme une étape nécessaire pour l'entrée de la Serbie au sein de l'UE. Seule la coopération avec le TPIY et l'arrestation de R. Mladic sont signalées comme des conditions impératives.
On notera aussi que le processus parlementaire est long et que l'opposition ralentit fortement la masse de lois votées, dont une grande partie doivent l'être pour permettre un rapprochement avec l'UE. Des personnalités européennes ont signalé la présence d'un "problème parlementaire en Serbie" débouchant sur un retard dans l'adoption des législations européennes. En réaction, les partis gouvernementaux ont proposé de modifier le code de procédure parlementaire, mais on apprend déjà que l'opposition y est défavorable (les démocrates du LDP inclus).
En tout cas, et cela a beaucoup de bons côtes, on sent bien parmi les élites européennes le souci que la Serbie rejoigne rapidement l'UE. Peut-être peut-on regretter que cela doive se faire à marche forcée, comme le démontre la volonté de modifier le code de procédure parlementaire. Mais il s'agit ici de la logique européenne qui avance comme d'habitude à pas de charge.
La Serbie souhaite poser sa candidature durant la présidence tchèque du Conseil de l’UE, avec l'apparent soutien de la Tchéquie.

samedi 7 février 2009

Mila Jankovic... alias Senida Becirovic

16 années après les faits, Mila Jankovic est allée de découvertes en découvertes. En janvier elle a découvert, grâce à la Croix Rouge qui a effectué une prise de sang ADN, la réelle identité de ses parents. Enlevée de Bosnie en bas âge par un soldat serbe, en 1992, elle a été élevée et adoptée par des familles serbes sans connaître ses origines. Son père Muhamed, qui réside désormais en Allemagne, est un homme Bosniaque Musulman. Malheureusement sa mère et sa grande sœur sont toujours considérées disparues. Elle s'est rendue à Sarajevo où elle a pu obtenir des papiers d'identité. Photo: Dnevni Avaz. Sources: MailOnline, amilabosnae.

vendredi 6 février 2009

Plan d'action pour le campement rom du pont Gazela

Article issu de B92 de ce 6 février 2009. A signaler: il y a peu de temps un incendie avait détruit une partie du "slum" (camp de baraquements) qui abrite des Roms sous un pont à l'entrée de Belgrade, le pont Gazela.

BELGRADE -- Selon le Maire-adjoint de Belgrade Milan Krkobabić, un plan d'action pour l'évacuation du campement illégal de Roms situé sous le pont de la Gazelle sera ratifié d'ici la fin de la semaine.
L'implémentation du pan d'action est attendue d'ici le 31 août, a-t-il ajouté. Dans un entretien avec B92, Krkobabić a dit que 114 familles du voisinage devraient recevoir un nouveau logement, alors que les familles restantes seront placées sous la juridiction du gouvernement et des collectivités locales dont elles sont issues.
Le Maire a expliqué que le problème sera résolu selon les modèles des villes européennes. En vue de ne pas créer un autre bidonville, les habitants se verront proposer un logement dans différents quartiers de Belgrade.
"C'est un début. Mais il faut séparer ces deux choses. Ces personnes doivent partir, elles doivent être socialisées, les enfants doivent aller à l'école pour obtenir des emplois. Mais les citoyens de Belgrade doivent aussi être attentifs au fait qu'ils ne peuvent résister et s'opposer à ce que les citoyens socialement démunis de ce campement sous le pont Gazela viennent dans leur quartier", a-t-il déclaré.
Il a ajouté qu'une telle discrimination "ne peut être tolérée davantage".
"L'administration de cette vile ne le tolèrera pas. Cela signifie que les autres quartiers de Belgrade n'auront pas le droit de dire qu'ils refusent qu'ils s'installent ici ou là. Tous les citoyens de Belgrade sont égaux devant l'administration et ont les mêmes droits, mais aussi les mêmes obligations" a souligné Krkobabić.

Lien: Visit to Gazella and Vila Maricic (Comité suédois pour les réfugiés de l'ex-Yougoslavie).

Natasa Kandic condamnée pour diffamation dans un procès intenté par T. Nikolic

En 2006, dans une interview donnée à B92, elle avait déclaré que Tomislav Nikolic, à l'époque n°2 du Parti Radical Serbe (SRS), avait participé à des crimes de guerre en 1991 en Croatie.
T. Nikolić a bel et bien participé à titre volontaire à la guerre mais affirme n'avoir commis aucun meurtre. La Cour a jugé pour sa part que N. Kandić n'apportait pas la preuve directe de son accusation. Elle est condamnée à payer près de 2.000 euros au titre de dommage moral. Elle envisage de faire appel. On dispose de peu d'informations sur l'exposé des motifs du juge.
Rappelons qu'elle dirige le Humanitarian Law Center situé à Belgrade. Quant au SRS il s'agit d'un parti d'extrême-droite qui a joué un très sale rôle durant les guerres des années 1990 (son n°1 Vojislav Šešelj est toujours en prison à La Haye). T. Nikolic a quitté le SRS l'an passé pour fonder le SNS.
La condamnation d'une prise de parole ne doit pas servir à exonérer le SRS de sa responsabilité dans de nombreux crimes de guerre commis par certains de ses membres. Rappelons que N. Kandić a reçu de nombreuses distinctions internationales pour son travail en faveur des droits humains en Serbie.

Sources: Associated Press, BLIC, B92. Liens: Scission du camp ultra-nationaliste en Serbie, Tomislav Nikolic : l’espoir d’une Serbie Une, Grande, Libre et nationaliste (article du journal Le Monde reproduit sur un blog au nom de T. Nikolic), Natasa Kandic, le témoin indésirable (Courrier des Balkans). Photomontage: Politika.

mercredi 4 février 2009

Amnesty International - Rapport 2008 sur la Serbie

L’année a été dominée par l’échec des pourparlers entre le gouvernement serbe et les autorités albanaises du Kosovo concernant le futur statut de la province. L’incertitude à ce sujet a aggravé l’inquiétude des membres des minorités et intensifié les craintes d’une poursuite des atteintes aux droits humains. L’impunité continuait pour les responsables de disparitions forcées et autres crimes de guerre. Les minorités subissaient toujours des actes de discrimination.

Contexte
Au lendemain des élections de janvier, la Serbie a dû attendre le mois de mai pour que se mette enfinn en place un nouveau gouvernement, fruit d’une coalition entre le Parti démocrate de Serbie (DSS) du Premier ministre Vojislav Koštunica et le Parti démocrate (DS) du président de la République Boris Tadic. Le Parti radical serbe (SRS), situé très à droite de l’échiquier politique, constituait toujours la principale formation d’opposition.
La Serbie a pris en mai la présidence du Comité des ministres du Conseil de l’Europe. Les négociations avec l’Union européenne concernant la signature d’un accord de stabilisation et d’association ont repris en juin. Elles avaient été suspendues en raison de la mauvaise volonté manifestée par la Serbie en matière de coopération avec le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (le Tribunal). L’accord a finalement été conclu le 7 novembre.
Les élections qui ont eu lieu en novembre au Kosovo ont été remportées par le Parti démocratique du Kosovo, dirigé par Hashim Thaçi, ancien responsable politique de l’Armée de libération du Kosovo.

Statut définitif du Kosovo
Fin 2007, le Kosovo faisait toujours officiellement partie de la Serbie. Il était administré par la Mission d’administration intérimaire des Nations unies au Kosovo (MINUK), aux termes de la Résolution 1244/99 du Conseil de sécurité de l’ONU. Les parties en présence n’étant pas parvenues à s’entendre sur l’avenir du Kosovo, l’envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies sur le statut futur du Kosovo a soumis en mars au Conseil de sécurité une Proposition globale de Règlement portant statut du Kosovo (dit « Plan Ahtisaari »), préconisant « l’indépendance sous la supervision de la communauté internationale».
Aux termes de cette Proposition, les fonctions législative, exécutive et judiciaire seraient du ressort des autorités du Kosovo, une mission de la Politique européenne de sécurité et de défense serait chargée des questions de justice et de police internationale, et un représentant civil international veillerait à la mise en oeuvre de la solution adoptée. Le Plan Ahtisaari comportait des dispositions destinées à assurer la sauvegarde du patrimoine culturel et religieux serbe, le droit au retour de tous les réfugiés et la protection des minorités dans les communes à majorité serbe.
La Serbie estimait qu’un tel plan constituait une violation de sa souveraineté et de son intégrité territoriale. La Russie a menacé de mettre son veto aux résolutions proposées au Conseil de sécurité. En juillet, le secrétaire général de l’ONU a chargé la troïka constituée par l’Union européenne, la Russie et les États-Unis de poursuivre les discussions, mais aucun accord n’avait été trouvé fin décembre. L’Union européenne et les États-Unis ont convaincu le Premier ministre désigné de différer une proclamation d’indépendance unilatérale.

Crimes de guerre — poursuites au niveau international
La procureure générale du Tribunal a exprimé la vive préoccupation que lui inspirait le manque de coopération de la Serbie, soulignant en particulier que cet État n’avait toujours pas transféré au Tribunal Ratko Mladic, général des forces serbes de Bosnie.
Les autorités serbes ont toutefois coopéré à l’arrestation de deux accusés, Vlastimir Djordjevic et Zdravko Tolimir, interpellés le premier au Monténégro, le second en Bosnie-Herzégovine.
Des poursuites ont été ouvertes en mars contre Ramush Haradinaj, ancien commandant de l’Armée de libération du Kosovo et ex-Premier ministre de ce territoire, accusé, avec d’autres personnes, de crimes contre l’humanité et de violations des lois et coutumes de la guerre. La police du Kosovo n’assurait pas la protection des témoins à charge ; trois personnes qui refusaient de venir témoigner ont été accusées d’outrage au tribunal au cours des onze premiers mois de l’année.
Le procès de six hauts responsables serbes appartenant au personnel politique, à la police ou à l’armée, accusés d’avoir perpétré au Kosovo des crimes contre l’humanité et des violations des lois et coutumes de la guerre, s’est poursuivi. Ces accusés sont : Milan Milutinovic, ancien président de Serbie ; Sreten Lukic, ancien chef de l’état-major du ministère serbe de l’Intérieur ; Nikola Šainovic, ancien vice-Premier ministre de la République fédérale de Yougoslavie ; Dragoljub Odjanic, ancien chef de l’état-major général de l’Armée yougoslave ; enfin, Nebojša Pavkovic et Vladimir Lazarevic, anciens commandants de cette même Armée yougoslave. Le procès de trois officiers de l’Armée yougoslave, appelés les « Trois de Vukovar » (voir Croatie, Poursuites au niveau international), s’est achevé en septembre.
Le même mois, la Chambre d’appel a confirmé la peine prononcée en 2005 contre Haradin Bala, condamné à treize ans d’emprisonnement pour le meurtre d’au moins 22 Serbes et Albanais du Kosovo, ainsi que pour avoir maintenu ces personnes en détention illégale et leur avoir infligé des tortures et autres mauvais traitements.
L’acquittement de deux autres anciens membres de l’Armée de libération du Kosovo a été confirmé.
Le procès de Vojislav Šešelj, le leader du SRS, accusé de persécutions et de transferts forcés de populations non serbes en Croatie et en Bosnie-Herzégovine, a repris au mois de novembre.
Le 26 février, la Cour internationale de justice a estimé que la Serbie n’avait pas commis de génocide à Srebrenica, mais qu’elle avait néanmoins violé l’obligation de prévenir le génocide prescrite par la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, en n’empêchant pas que des massacres soient perpétrés dans cette ville et en ne sanctionnant pas les responsables de ceux-ci. La Cour a demandé à la Serbie de transférer au Tribunal Ratko Mladic, accusé de génocide et de complicité de génocide.

Crimes de guerre — poursuites au niveau national
De 32 à 35 affaires de crimes de guerre étaient, semble-t-il, en cours d’instruction devant la chambre spéciale chargée des crimes de guerre au sein du tribunal de district de Belgrade. Fort peu de procès avaient cependant abouti. L’assistance aux témoins et victimes était la plupart du temps assurée par une ONG, le Centre de droit humanitaire.
Le 11 avril, quatre anciens membres d’une unité paramilitaire connue sous le nom de Scorpions ont été reconnus coupables de crimes de guerre pour le meurtre, en 1995, de six civils musulmans de Bosnie originaires de Srebrenica, tués à Godinjske Bare, près de Trnovo, en Bosnie-Herzégovine. Ils ont été condamnés à des peines allant de cinq à vingt ans d’emprisonnement. Le ministère public a fait appel de la décision d’acquitter un autre inculpé et de la peine de cinq ans d’emprisonnement infligée à l’un des condamnés.
En mars s’est ouvert le nouveau procès de 14 militaires non gradés, accusés du meurtre de prisonniers de guerre et de civils croates commis en 1991 dans l’enceinte de l’exploitation agricole d’Ovcara (affaire des « Trois de Vukovar » ; voir Croatie, Poursuites au niveau international). Le Centre de droit humanitaire avait estimé infondée la décision prise en 2006 par la Cour suprême d’annuler leur condamnation lors d’un premier procès et de les faire rejuger. Le procès de huit anciens policiers inculpés en 2006 du meurtre de 48 civils albanais du Kosovo, tués en mars 1999 à Suva Reka, se poursuivait.

Disparitions forcées
Sept ans après l’ouverture de l’enquête, aucune inculpation n’avait été prononcée pour des motifs liés au transfert en Serbie, en 1999, à bord de camions frigorifiques, des corps d’au moins 900 Albanais du Kosovo. Le procès des policiers, toujours en service, inculpés du meurtre des frères Bytiçi, trois Albanais citoyens des États-Unis tués en juillet 1999 au Kosovo, n’était toujours pas terminé. Les débats auraient été marqués par des interruptions et des agressions verbales de la part d’« observateurs » de la police.

Homicides à caractère politique
Milorad « Legija » Lukovic-Ulemek et Radomir Markovic ont été condamnés en février à l’issue d’un nouveau procès qui a confirmé les peines respectives de quinze ans et huit ans d’emprisonnement prononcées antérieurement. Les deux hommes étaient accusés d’avoir tenté d’assassiner, en 1999, l’ancien ministre des Affaires étrangères Vuk Draskovic. La Cour suprême a annulé en décembre, pour la troisième fois, le jugement de première instance. En mai, «Legija» et Žveždan Jovanovic ont été condamnés à quarante ans d’emprisonnement pour leur rôle dans l’assassinat de l’ancien Premier ministre Zoran Djindjic. Dix autres accusés ont été condamnés dans la même affaire à des peines allant de huit à trente sept ans d’emprisonnement.

Discrimination à l’égard des minorités

De nouvelles agressions dirigées contre telle ou telle ethnie ou religion (attentats à la bombe, propos haineux, insultes lancées par des supporters lors de matchs de football, etc.) ont été signalées cette année. Elles visaient notamment des membres des communautés albanaise, croate, bosniaque, hongroise, rom, ruthène ou valaque.
Les auteurs de ces actes étaient rarement traduits en justice.
Membre d’une communauté religieuse hindouiste de Jagodina, Života Milanovic a été frappé en juin à coups de couteau au ventre, aux bras et aux jambes. C’était la sixième agression dont il était victime depuis 2001. L’ONG Youth Initiative for Human Rights a adressé une requête en son nom à la Cour européenne des droits de l’homme, accusant la Serbie de ne pas avoir garanti son droit à la vie, de ne pas lui avoir permis de disposer d’un recours juridique effectif et de ne pas avoir veillé à ce qu’il ne soit soumis ni à la torture ni à la discrimination. En juin, le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes [ONU] a instamment prié la Serbie de prendre des mesures pour pallier les carences des services de santé et de veiller à ce que les femmes, les jeunes filles et les fillettes appartenant à des groupes marginalisés, notamment les Roms, puissent avoir accès à l’enseignement dans des conditions d’égalité. L’UNICEF a indiqué que plus de 80 p. cent des enfants roms vivaient dans une misère inacceptable et subissaient des discriminations dans de multiples domaines. Au mois de décembre, le maire de Topola aurait déclaré qu’il fallait enfermer derrière une clôture de fil barbelé la communauté rom de sa ville.

Violences interethniques
Dans la région du Sandjak, les conflits politiques et les violences n’ont pas cessé. Des fusillades ont notamment opposé à Novi Pazar des personnes de confessions différentes. Les autorités ont arrêté au moins 13 hommes, présumés appartenir au courant wahhabite (fondamentaliste musulman). Ils ont été inculpés en septembre de complot contre la sécurité et l’ordre constitutionnel de la Serbie. Un suspect, Ismail Prentic, a été tué lors d’une opération de police à Donja Trnava, un village proche de Novi Pazar.
Deux autres hommes ont été arrêtés en décembre.
Amnesty International a fait part de sa préoccupation face à l’arrestation de Bekto Memic, un homme de soixante-huit ans en mauvaise santé, appréhendé en mars dans le cadre des recherches menées pour retrouver son fils, Nedžad Memic. Remis en liberté, Bekto Memic a été de nouveau arrêté en avril, dans un centre médical de Novi Pazar. Selon sa famille, il aurait été maltraité pendant son transfèrement au service hospitalier de la prison centrale de Belgrade, où il se trouvait toujours à la fin de l’année.
En avril, Ižet Fijuljanin a été condamné pour tentative de meurtre contre trois wahhabites, en novembre 2006, après que ces derniers eurent tenté, selon certaines informations, de s’emparer d’une mosquée de Novi Pazar.

Défenseurs des droits humains
En juin, plusieurs ONG ont demandé au Parlement d’appliquer la Déclaration de l’ONU sur les défenseurs des droits de l’homme. Elles ont souligné les risques courus par les femmes qui militaient en Serbie pour le respect des droits fondamentaux. Ces dernières étaient exposées à des violences physiques, des procès abusifs ou des manoeuvres visant à les déconsidérer.
Maja Stojanovic, condamnée en novembre 2005 pour avoir posé des affiches appelant à l’arrestation de Ratko Mladic, s’est vu enjoindre en juillet de purger dix jours d’emprisonnement parce qu’elle avait refusé de payer une amende imposée par le tribunal. L’amende a finalement été acquittée par des ONG. Amnesty International la considérait comme une prisonnière d’opinion potentielle.

Violences contre les femmes
Examinant le rapport de la Serbie sur son application de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes s’est inquiété de la persistance de la violence domestique et a constaté avec préoccupation que certaines des peines dont était punie la violence domestique n’étaient plus aussi sévères. Le Comité a recommandé l’adoption d’un plan d’action national pour la promotion de l’égalité des sexes, ainsi que d’une loi sur la violence au foyer complétant les dispositions pertinentes du Code pénal. Le Comité a instamment prié la Serbie d’adopter le projet de plan national de lutte contre la traite d’êtres humains.


Le rapport poursuit sur la situation du Kosovo (lien vers le
Rapport d'Amnesty, français pdf). Attention il s'agit du rapport pour l'année civile 2007 dont j'avais relayé quelques passages en juin dernier.

mardi 3 février 2009

Le Kapetan Dragan jugé en Croatie?

Ce mardi 3 février on a appris la décision des autorités judiciaires australiennes de rejeter l’appel que Dragan Vasiljkovic, surnommé Capitaine Dragan, avait intenté contre une éventuelle extradition vers les Balkans pour y être jugé de ses actes durant les guerres de Yougoslavie.

On l’accuse essentiellement pour son rôle au début des années 1990 lorsqu’en Croatie s’était créée la République Serbe de Krajina (RSK). Le Capitaine Dragan est accusé de crimes de guerre, mauvais traitements sur prisonniers à Knin (capitale de la RSK), d'attaques sur des civils, accusations qui le visent en tant que commandant d'un groupe paramilitaire.

Depuis trois ans qu'il est aux arrêts, c'est une bataille juridique qui a eu lieu autour de la question: doit-il être extradé ou non? Des personnes considèrent que le TPIY ne l'a pas inquiété, ce à quoi d'autres répondent que le TPIY ne s'occupait que des gros poissons. Autres arguments avancés par ses défenseurs: aucune preuve réelle n'existerait contre lui; la Croatie ne peut le juger car elle serait juge et partie puisqu'elle est intervenue sur un plan militaire dans les villes citées pour le procès (Knin, Glina et Bruska); il n'y a pas d'accord d'extradition entre l'Australie et la Croatie; lors de l'arrestation du capitaine Dragan, l'Australie n'avait pas connaissance du code pénal croate qui n'avait jamais été traduit en anglais... Son avocat aurait considéré que seul un tribunal international est légitime, considérant par ailleurs l'arrestation comme illégale selon une source. Manifestement aucune de ces idées ne semble tenir la route puisque tous les appels qui ont été intentés pour empêcher son extradition ont échoué.

Âgé de 55 ans, l'accusé avait rejoint l'Australie à l'âge de 15 ans, et l'avait quittée en 1991 pour s'engager dans les combats. Kapetan Dragan est connu pour un groupe paramilitaire qu'il dirigeait, les Kninjas (les Bérets rouges). On lui reproche aussi une intervention violente sur le sol de la Bosnie-Herzégovine. En 2004 il était discrètement retourné vivre en Australie où il travailait comme... professeur de golf, jusqu'à son arrestation le 20 janvier 2006.

Signalons qu'en plus de son surnom il disposait également d'une autre identité, celle de Daniel Seddon.

Une vidéo a été réalisée par un de ses fans sur Youtube, comme pour beaucoup de criminels de guerre on y présente le personnage sous les traits du héros courageux.



On trouve aussi une pétition internationale qui demande qu'il ne soit pas extradé au nom... des droits de l'Homme (lien vers la pétition en anglais). Un groupe australien de "Serbes pour la justice et la démocratie" lui apporte son soutien.

Sources: TrialWatch, ONU, presse internationale.

lundi 2 février 2009

Pescanik: quid de la liberté de la presse?

Le Centre Belgradois pour les Droits Humains a appelé les autorités de l'État et le public démocrate à une réaction devant les attaques à la liberté de la presse et à la liberté d'expression, ainsi que les menaces face à la liberté personnelle et la sécurité de Svetlana Lukić et des autres membres de la production de l'émission radiophonique culte Peščanik.
Depuis des années, rappelle l'ONG, l'équipe de Peščanik s'est opposée à ceux qui recourent à la violence contre les personnes qui pensent différemment, contre ceux qui entendent imposer leur propre interprétation des intérêts nationaux et du patriotisme. L'émission a souvent agi en faveur de ceux qui entendent préserver les valeurs démocratiques, la tolérance et les droits humains.
Le Centre Belgradois pour les Droits de l'Homme conclut son communiqué en citant le rôle important joué par Svetlana Lukić et Svetlana Vuković.
Le site de Peščanik est hors de service, apparemment par suite d'un piratage.
De nombreuses autres ONG ont publiquement soutenu l'émission ces dernières semaines.
Source: Beogradski centar za ljudska prava, synthèse d'un communiqué de presse du 27 janvier 2009.

Un homme interpellé après des menaces contre une journaliste de B92

Selon le ministère de l'Intérieur un certain Dejan M. a été interpellé à Pancevo. Il est accusé d'avoir adressé le 6 janvier un email de menaces à l'encontre de Danica Vučenić (photo), journaliste de la chaîne B92.
Source: B92.