L'ONG Reporters Sans Frontières propose un classement des pays en fonction de différents critères. Voici la notice (source) concernant la Serbie. Il s'agit d'un classement de 175 pays.Menaces de mort, agressions physiques ou verbales, pressions et corruption font malheureusement toujours partie du quotidien de la presse en Serbie. L’indépendance du Kosovo et l’arrestation du leader nationaliste Karadzic ont exacerbé le nationalisme pan-serbe, qui trouve dans la presse l’exutoire des frustrations nées d’une série de revers politiques ou économiques. Si la signature récente d’un pacte de préadhésion à l’Union européenne constitue un espoir pour la population, l’entrée dans la sphère des vingt-sept Etats membres reste tributaire de réformes institutionnelles, y compris dans le domaine des médias.
La chaîne de radio-télévision B92 n’est pas près de retrouver un climat de travail serin. Le 22 février 2008, s’appuyant sur des images réelles du journal télévisé, une vidéo déposée sur le site youtube.com montrait un viseur d’arme à feu pointé sur le logo de B92, et sur les visages des deux présentateurs, accompagné d’un texte les accusant d’être responsables des problèmes de la Serbie. Une menace parmi d’autres que la chaîne reçoit régulièrement, comme ce fut le cas après la diffusion d’enquêtes sur les difficultés politiques du pays, lesquelles avaient contraint le président Boris Tadic à convoquer des élections législatives anticipées.
Caméras cassées, voitures vandalisées, et agressions physiques ont souvent accompagné le travail des photographes, cameramen ou journalistes lors de la couverture des manifestations en février 2008 contre l’indépendance du Kososo. La presse a également été régulièrement prise à partie au cours des démonstrations de solidarité qui ont suivi l’arrestation du leader serbe ultranationaliste Radovan Karadzic. En septembre 2008, des militants nationalistes ont envahi à plusieurs reprises la rédaction de l’agence Beta News, exigeant la publication de leurs communiqués de presse, et prenant les photos de tous les membres de la rédaction. Dans la majorité des cas, la police n’est jamais intervenue pour protéger les journalistes, certains agents s’en prenant même au photographe Milos Djorelijevski de l’agence Beta News.
Phénomène récurrent depuis l’indépendance nationale, les journalistes qui enquêtent sur les milieux mafieux et sur leur influence croissante dans les milieux politiques et économiques sont souvent victimes de mesures de rétorsion. Ainsi, en mars 2008, le rédacteur en chef de l’hebdomadaire Nedeljni Telegraf, Momcilo Djorgovic, et son assistante Daniela Milinkovic, ont reçu une lettre signée des « bérets rouges », ancienne unité spéciale du ministère de l’Intérieur. La presse régionale fait plus que jamais face aux mêmes menaces. En novembre 2008, Vukasin Obradovic, propriétaire et rédacteur en chef de l’hebdomadaire régional Novine Vranjske, a ainsi été placé sous protection policière après avoir reçu de nouvelles menaces de mort.
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