jeudi 27 août 2009

"La justice (française) libère un Serbe menacé d'expulsion"

(On lira avec intérêt un article de l'Humanité reproduit sur le site web Balkanikum et qui détaille la situation kafkaïenne que vit un Serbe réfugié en France. En France comme dans la plupart des pays occidentaux une lutte contre l'immigration présentée comme un enjeu de sécurité entraîne de nombreuses situations problématiques en matière de droits humains. Un exemple de plus ici. Bon courage et bonne chance à Vojin Milic et sa famille. D.G.)


Sans-papiers. L'administration s'acharnait contre Vojin Milic, père de famille dont la femme vient d'être régularisée.

La machine administrative, lancée à plein régime, semblait impossible à arrêter. Sa cible : Vojin Milic, quarante-deux ans, Serbe d'origine croate, en France depuis treize ans. En situation irrégulière malgré ses nombreuses demandes de régularisation, il a été arrêté le 10 août dernier et placé au centre de rétention de Palaiseau (Essonne), dans l'attente d'une probable expulsion. Hier, enfin, après plusieurs jours de calvaire pour lui et sa famille, le tribunal administratif de Versailles a accepté sa demande de remise en liberté assortie d'une injonction au préfet de Bobigny de réexaminer sa demande de régularisation dans un délai d'un mois. Vojin Milic devait être libéré dès hier soir.
Aveuglée par ses quotas d'expulsion, l'administration s'acharnait contre un homme qui remplit pourtant un certain nombre de critères lui permettant de rester en France : plus de dix ans de présence sur le territoire ; père de deux enfants scolarisés à Drancy (Seine-Saint-Denis) - Jovana, treize ans, et Jovan, neuf ans -, travailleur dans le secteur du bâtiment bénéficiant de promesses d'embauche. Enfin et, surtout, sa femme est convoquée aujourd'hui en préfecture de Bobigny pour y retirer son séjour "vie privée familiale" !

Une situation kafkaïenne qui ne semblait pas gêner les services de l'Etat. "L'administration répond que puisque madame a un titre de séjour, monsieur pourra faire une demande de regroupement familial depuis la Serbie, dénonçait son avocate hier devant le tribunal administratif de Versailles. Mais il devra être séparé de sa famille pendant au moins un an, sans aucune assurance d'une réponse favorable."

Une quinzaine de personnes avaient fait le déplacement jusqu'à Versailles pour les soutenir. Richard Moyon, du Réseau Education sans frontières, dénonce l'hypocrisie du ministre de l'Immigration. "Eric Besson prône l'unité familiale pour mettre des enfants en prison sans les séparer de leurs parents. Mais dans un cas comme celui-là, le ministre se fout bien de l'unité de la famille." Plaidant le "droit des enfants à avoir une vie normale", la FSU a écrit au ministre pour lui demander la libération immédiate de M. Milic. Des voisins drancéens étaient là aussi pour soutenir la famille. "Nous, on pense qu'il devrait juste être régularisé et vivre une vie normale", soupire Mohamed Boussoufa, vingt-six ans. Libre, Vojin Milic va pouvoir se battre, désormais, pour obtenir sa régularisation.

Marie Barbier (Source : humanite.fr, le 26 août 2009)

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