vendredi 14 août 2009

Attitudes en Serbie après la demande d'une centaine d'ONG que le 11 juillet soit proclamé Jour du Souvenir du génocide de Srebrenica (Yucom)

Voici un extrait du Human Rights and Democracy Violation, Early Warning Weekly Newsletter N°41 de l'ONG Yucom (Comité des juristes pour les droits humains). Je n'ai pas traduit la partie contenant les déclarations des hommes politiques que le lecteur trouvera dans le document en question (en anglais ou en serbe) ni l'épilogue dont j'ai résumé le contenu. Traduction non officielle. Pour obtenir le texte complet (serbe/anglais): Komitet pravnika za ljudska prava, Yucom.


Après une série d'actions et de pressions d'ONG sur les autorités serbes visant l'adoption d'une Déclaration sur Srebrenica par le Parlement serbe et pour que soit proclamé le 11 juillet Jour du Souvenir du génocide de Srebrenica, aucune réponse officielle des autorités n'a été enregistrée.

Chronologie:

– En juin 2005, à l'occasion du 10e anniversaire du génocide de Srebrenica, un groupe de 8 organisations non-gouvernementales a adressé au Parlement un projet de Déclaration sur Srebrenica demandant que l'État adopte toutes les mesures de protection des droits des victimes de crimes de guerre, particulièrement les victimes du génocide de Srebrenica, et demandant la condamnation de ce «crime commis en notre nom». La Déclaration ne fut jamais inscrite à l'agenda parlementaire mais a entraîné des réactions tumultueuses dans la société et parmi la classe politique.

– La demande d'adoption de la Déclaration sur Srebrenica fut renouvelée au Parlement en 2006 et en 2007.

– En 2007, la cour Internationale de Justice a prononcé un verdict dans l'affaire intentée par la Bosnie-Herzégovine contre la Serbie, statuant que la Serbie n'était pas directement responsable du génocide de Srebrenica, mais était responsable de ne pas l'avoir prévenu, tout comme la Serbie était responsable d'avoir failli à arrêter le Commandant-en-Chef bosno-serbe Ratko Mladic. A ce propos, le Président de Serbie Boris Tadic a déclaré que la Serbie a pour obligation d'adopter rapidement la Déclaration sur Srebrenica et que celui qui voterait contre au Parlement voterait contre les intérêts de la nation. La Déclaration n'est néanmoins jamais venue à l'ordre du jour de l'agenda parlementaire.

– Le 15 janvier 2009, le Parlement Européen a adopté une Résolution sur Srebrenica qui invite les États membres de l'UE ainsi que les pays des Balkans occidentaux à marquer le 11 juillet comme Jour du souvenir du génocide commis à Srebrenica en 1995. En Serbie, la Résolution fut commentée par la majorité des hommes politiques, les médias et de nombreuses personnalités publiques comme la preuve d'un biais, voire même comme comme une attitude antiserbe de l'Union européenne.

– Organisations non-gouvernementales: le 11 février 2009 (ainsi que le 11 de chaque mois), les ONG telles les Femmes en Noir, le Comité Helsinki pour les droits humains, Initiative des jeunes pour les droits humains, Fonds de droit humanitaire et le Center for Advanced Legal Studies ont publiquement demandé une rencontre avec le Président serbe Boris Tadic pour le pousser à initier l'adoption de la Déclaration sur Srebrenica, c-à-d la proclamation du Jour du souvenir du génocide de Srebrenica.

– Une réponse du Secrétariat du Président parvint lors de la manifestation annoncée pour le 11 février, exprimant que le Président, en raison d'obligations précédemment contractées, était dans l'impossibilité de rencontrer les représentants des ONG. Par la suite, chacune des demandes -il y en eut 5- demeura sans réponse du Président.

– Le 11 de chaque mois, lors d'un rassemblement dans le parc voisin du siège de la Présidence serbe, les représentants des ONG, convaincus de l'obligation pour la Serbie de proclamer le 11 juillet Jour du Souvenir du génocide de Srebrenica, proclament publiquement leurs demandes au Président, à savoir d'initier l'adoption de la Déclaration sur Srebrenica et la proclamation du Jour du Souvenir. La présentation de ces demandes fut régulièrement couverte par les médias.

– La dernière demande, lue le 10 juillet 2009 devant un nombre important de représentants de médias, fut suivie par une centaine d'ONG. Il n'y eut aucune réponse du Président.

– Le 14e anniversaire du génocide de Srebrenica fut marqué à Belgrade les 10 et 11 juillet 2009; son organisation fut exclusivement prise en charge par des ONG (Femmes en Noir, Zena u crnom).

Suivent des citations d'hommes politiques. Ensuite le document se clôt sur un épilogue qui constate que plusieurs hommes politiques expriment l'idée volontairement vague que «c'est tous les auteurs de crimes qui doivent être considérés comme responsables», entendant par là que d'autres crimes condamnables ont eu lieu. En d'autres termes pour certains il y aurait, selon le document, une forme d'égalisation ou de symétrie proposée entre le génocide de Srebrenica et des crimes commis contre des Serbes en Bosnie. Un article paru dans le quotidien Press daté du 10 juillet 2009 est cité, selon lequel 10.000 Serbes auraient quitté Srebrenica dans les 10 dernières années «sous la pression et les menaces des autorités bosniaques locales». Est cité un représentant serbe local qui évoque une «persécution des Serbes» et un «plan infernal des politiciens bosniaques pour finir dans la paix ce que les escadrons de l'armée bosniaque dirigés par Naser Oric n'étaient pas parvenus à obtenir durant la guerre».

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