Différentes ONG serbes ont signé un appel aux autorités à propos de l'expulsion de familles roms de Novi Beograd. Les ONG disent relever différentes expressions d'un racisme anti-rom, venant notamment de comités d'habitants de quartiers qui refusent de voir accueillir les familles. Pourtant, aucun article du droit ne permet à des citoyens de s'opposer à l'installation de quiconque dans son quartier sur des bases ethniques signale le texte des ONG. Au contraire: le Parlement vient de voter une loi anti-discrimination...Les ONG demandent, pour ce qui concerne les familles expulsées du bloc 67: le plein respect du droit au logement, que soient fournies les infrastructures minimales (eau, électricité par ex.), l'aide médicale, financière et humanitaire d'urgence à chaque famille, la répression des actes de racisme ou de discrimination ethnique, l'interdiction de tout éloignement du territoire de la ville, etc.
En ce qui concerne l'avenir des autres familles roms restantes, les ONG demandent: l'adoption et la mise en oeuvre de stratégies claires concernant les expulsions, qu'un délai raisonnable soit laissé à chaque famille qui devra faire face à une expulsion, que soit proposé un relogement en cas d'expulsion, que soient garanties la sécurité et l'absence de harcèlement là où un relogement est proposé. Les ONG demandent aussi une coopération avec toutes les initiatives visant à l'amélioration des conditions de vie des Roms.
D'après B92 un certain nombre de familles vivent à la rue depuis plusieurs nuits. Il semble qu'un logement ait été proposé... aux enfants, aux personnes âgées et aux invalides, à l'exclusion des pères de famille. Selon B92 trois mères de famille et leurs cinq enfants ont accepté la proposition (ces trois familles vivaient sous le Pont de la Gazelle).
Un argument est légitimement invoqué par les familles: des logements qui ne permettent pas de maintenir les deux parents risquent de causer la désagrégation de familles, alors que parmi les droits fondamentaux figure bien le droit à mener une vie de famille. Il y aurait en ce moment des familles vivant sous tente sur le lieu de l'expulsion.
Il faut pour conclure préciser que selon le Maire adjoint de Belgrade, les expulsions se justifient par la nécessité de construire un nouveau boulevard qui permettrait à Belgrade de se développer.
Des ONG ont manifesté leur soutien notamment le 4 avril, date à laquelle QueerBeograd, entre autres, a manifesté devant l'Hôtel de Ville.
Je ne dispose pas d'un accès internet ces derniers temps, je prie le lecteur d'excuser le manque de précisions éventuelles.
Pour tout renseignement sur l'appel des ONG, contacter Goran Miletic, Comité Helsinki pour les droits de l'Homme, (063/250-433) ou par e-mail: goran@shc.se
Par ailleurs à noter que Yucom et le Comité Helsinki pour les droits de l'Homme ont intenté une action en justice contre l'écrivain nationaliste Dobrica Cosic (photo) pour, semble-t-il, incitation à la haine raciale, ethnique et religieuse. Est incriminé un passage de son livre le Temps des Serpents.
Enfin selon Blic, Miladin Kovacevic qui s'était réfugié en Serbie après avoir tabassé une étudiant Américain devra faire face à un procès en Serbie et il serait désormais avéré que l'État serbe a payé, le 12 mars 2009, 900.000 dollars (677.000 euros) à la famille de la victime.
3 commentaires:
Selon QueerBograd, dans la nuit du 6 au 7 avril à 2h30 du matin un groupe d'hommes aurait attaqué des Roms près de l'emplacement du marché aux puces de Novi Beograd. Selon des témoins oculaires il y avait 20 à 30 attaquants dont deux auraient été armés de couteaux et de barres de métal. Plusieurs enfants auraient été frappés et un jeune homme serait mal en point après avoir reçu un coup de bouteille en verre sur la tête. La police serait restée passive. Source: QueerBeograd. Aucune confirmation dans la presse. Le 8 avril 100 personnes ont manifesté devant le Parlement de Belgrade en solidarité avec les expulsés.
Pour info, voici ce qui était publié sur le site de la RTS, pages en français, ce 8 avril.
LA JOURNEE MONDIALE DES ROMS
Le 8 avril 2009
La Journée mondiale des Roms – le 8 avril, est marquée en Serbie par une série de manifestations à Belgrade dans l’organisation du Conseil national de la minorité éthnique des Roms, sous les auspices du Ministère du Travail et de la Politique sociale.
La Journée mondiale des Roms a été instaurée en 1971 lors du premier Congrès mondial à Londre, lorsqu’ont été établis l’appelation du peuple, et, plus tard, l’hymne ’’Djelem, djelem’’, le drapeau ainsi que l’égalité de tous les dialectes roms. La Décade des Roms - de 2005 à 2015 - un projet international, initié par les pays du Sud-est de l’Europe, dont le but est d’éliminer toute forme de discrimination des Roms en vue de faire intégrer une des communautés éthniques des plus menacées en Europe, a commencé en Serbie il y a quatre ans. La Serbie préside actuellement la Décade des Roms, organisant des activités en vue de promouvoir la culture de ce peuple et son importance.
A l’occasion de la Journée mondiale des Roms, le Foyer de l’Assemblée nationale a été le hôte d’une conférence consacrée aux répercussions de la crise économique mondiale sur les groupes marginaux et les mesures à prendre par le Gouvernement en vue d’atténuer ces conséquences. Au Foyer de l’Armée de Serbie, à Belgrade, a été ouverte une exposition sur les œuvres des peintres et des écrivains roms, présentant aussi des photographies. Un programme culturel et artistique a été organisé sur la Place de la République.
Le maire de Belgrade, Dragan Djilas a ouvert dans le hall de l’Ecole ‘’Despot Stefan Lazarevic’’, dans le quartier belgradois ‘’Mirijevo’’, une exposition, baptisée ‘’Les Roms - des gens comme tous les autres’’, laquelle présente, à travers des photographies et des documents, les différents ségments de la vie des Roms dans la période de 1904 à 2004. Un des documents témoigne de la première école pour les Roms ‘’Ecole tzigane’’, qui fut ouverte, en 1923, dans la ville d’Apatin, au nord de la Serbie, et, un autre document – du premier texte écrit en langue rome, datant de 1537. Le public aura également l’occasion de voir une partie des livres écrits en rome, une liste des Roms, qui ont péri dans les camps de concentration durant la Seconde guerre mondiale, ainsi que des extraits du dictionnaire serbo-rom, écrit par Svetozar Simic dans le camp de concentration ‘’Jasenovac’’, mais qui n’a jamais été publié.
Les données dont dispose le Gouvernement de Serbie montrent qu’aujourd’hui, 49% des habitants roms sont menacés par la pauvreté. Le ministre serbe des Droits de l’Homme et des Minorités, Svetozar Ciplic a dit que la Serbie assurerait cette année à partir du budget une somme d’un milliard 200 millions de dinars en vue d’améliorer la position des Roms dans les domaines de la santé, de l’éducation, du travail, du logement et de la position sociale. Le ministre, Svetozar Ciplic a offert 40 ordinateurs aux meilleurs élèves roms.
En vertu du recensement de 1991, près de 140 000 habitants de souche rome vivait en Serbie, alors que celui de 2002 donne le chiffre d’environ 108 000. Selon la statistique officieuse de l’UNICEF, on estime qu’entre 400 000 et 700 000 Roms habitent la Serbie, et, en Europe, entre 10 et 15 millions, ce qui fait près de 2% du total de la population européenne.
Pour "celebrer" la Journee Mondiale des Roms, il y a eu lieu aussi un vigile "de bougies" devant les camps toxiques d'Osterode et Cesmin Lug/Cesmin Llug, a Mitrovica/Mitrovice en Kosovo.
Un groupe de familles Roms ont ete installees dans des camps interimaires par l'UNHCR il y a dix ans a la fin de l'intervention de l 'OTAN au Kosovo, quand ils ont du quitte leurs maisons dans le quartier Rom devant les ataques d'extremistes Albaniens.
Bernard Kouchner, alors Representatif du Secretaire-General de l'ONU, leur avait promis qu'ils seraient transfere ailleurs avant les 45 jours. Pourtant ils restent la toujours, loges dans des conditions epouvantables de pauvrete et insalubrite ambientale.
Les camps d'Osterode et de Cesmin Lug sont construits sur les dechets contamines de l'immense mine de Trepca. Les enfants ont des niveaux de plomb mesures dans le sang qui depassent l'etendue de l'echelle de mesure de l'instrumentation de l'Organisation Mondiale de la Sante (OMH/WHO).
L'OMH a deja indique qu'il fallait evacuer les camps immediatement, pourtant la Mission d’administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK/UNMIK), ayant responsabilite pour les camps, n'a rien fait.
Les familles Roms se trouvent en face d'une catastrophe sanitaire. Leurs enfants souffrent de dommage neurologique et physiologique irreversible et cumulatif.
La Societe pour les Peuples Menacees et le Kosovo Medical Emergency Group sont en train de mener une campagne conjointe pour l'evacuation immediate et le traitement medical intensif de ce groupe. Pour en savoir plus voir www.toxicwastekills.com - pour des photos des camps et du vigile voir http://www.toxicwastekills.com/page2.html
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