Le 5 février le Parlement Européen a voté un texte "encourageant les États membres de l'Union qui ne l'ont pas encore fait à reconnaître l'indépendance du Kosovo".Les médias relatent que plusieurs pays ont signifié leur opposition à ce texte: la Roumanie, l'Espagne, la Slovaquie, la Grèce et Chypre.
La Serbie a pour sa part dénoncé cette résolution non contraignante du PE, au nom de sa Constitution et du droit international. (De la même manière, sur le plan politique actuel, la Serbie s'oppose à l'entrée du Kosovo au sein de l'OSCE.)
Il semble, lorsqu'on lit les dépêches issues des milieux européens ces dernières semaines que la question du Kosovo n'est pas considérée comme une étape nécessaire pour l'entrée de la Serbie au sein de l'UE. Seule la coopération avec le TPIY et l'arrestation de R. Mladic sont signalées comme des conditions impératives.
On notera aussi que le processus parlementaire est long et que l'opposition ralentit fortement la masse de lois votées, dont une grande partie doivent l'être pour permettre un rapprochement avec l'UE. Des personnalités européennes ont signalé la présence d'un "problème parlementaire en Serbie" débouchant sur un retard dans l'adoption des législations européennes. En réaction, les partis gouvernementaux ont proposé de modifier le code de procédure parlementaire, mais on apprend déjà que l'opposition y est défavorable (les démocrates du LDP inclus).
En tout cas, et cela a beaucoup de bons côtes, on sent bien parmi les élites européennes le souci que la Serbie rejoigne rapidement l'UE. Peut-être peut-on regretter que cela doive se faire à marche forcée, comme le démontre la volonté de modifier le code de procédure parlementaire. Mais il s'agit ici de la logique européenne qui avance comme d'habitude à pas de charge.
La Serbie souhaite poser sa candidature durant la présidence tchèque du Conseil de l’UE, avec l'apparent soutien de la Tchéquie.
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