vendredi 31 octobre 2008

Analyse d'une déclaration d'Alain Soral en Serbie

Alain Soral, écrivain français se disant naguère proche du Parti Communiste et s'étant rapproché du Front National français était l'invité d'un groupe de Serbes.
Son blog ainsi que le site "Egalité et réconciliation" qu'il préside diffusent une vidéo où on le voit prendre la parole en rue avec traduction simultanée:

"J'arrive à l'instant-même d'une enclave serbe (nom inaudible de l'enclave). J'ai pu admirer la résistance des nationalistes serbes.
Je voudrais au nom du peuple français demander humblement pardon au peuple serbe pour ce que nos dirigeants français ont fait au peuple serbe contre l'avis du peuple français depuis quelques années.
Je voudrais demander pardon pour ce que les médias français ont osé faire en comparant le peuple serbe aux nazis alors que nous savons nous les intellectuels que les serbes sont les seuls à s'être libérés eux-mêmes de l'oppression nazie.
Je voudrais vous dire que nous, nationalistes français, nous sentons très concernés par l'entreprise de destruction que vous subissez par l'empire euromondialiste.
Je voudrais aussi vous mettre en garde sur les séductions de l'Union Européenne (UE) qui vous promettent à la fois le Kosovo et l'UE, ce qui est un mensonge absolu: il faudra que vous choisissiez ou le Kosovo ou l'UE.
Et je voudrais que vous réfléchissiez qu'à l'heure où on vous propose d'entrer dans l'UE, les peuples qui y sont déjà, comme la France ou l'Irlande, cherchent à en sortir.
Nous savons nous, par des années d'expérience, que l'UE c'est finalement moins de liberté, moins de prospérité, moins de fraternité, c'est le contraire de ce à quoi les peuples dignes et les peuples fiers aspirent au monde.

Vive la Serbie et vive la France libres! Et aussi, même si ça n'a pas de lien immédiat, vive la Russie de Medvedev, de Poutine, qui est aussi un espoir pour nous tous."

On le voit, il s'agit d'un discours de structure typiquement populiste et nationaliste. Alain Soral reconnaît d'ailleurs parler en tant que nationaliste.
Le mot "peuple" revient à 7 reprises, dans une forme d'opposition entre le peuple et les dirigeants ou les médias. Il dit parler "au nom du peuple français".
L'utilisation de l'histoire est orientée (et réécrite): les faits du passé sont ceux relevant de la seconde guerre mondiale, les Serbes étant présentés comme "le seul peuple à s'être libéré seul" du nazisme. Voilà qui plaira aux historiens.
La dénonciation de "l'empire euromondialiste" associe la notion d'impérialisme (reste de l'engagement politique communiste?) au "mondialisme", c'est à dire une Europe qui, en somme, se voudrait ouverte au monde, entraînant la perte des sentiments nationaux. C'est la vieille idée du "cosmopolitisme" dénoncé habituellement par l'extrême droite mais sous un nouveau nom. Le "cosmopolitisme" est dénoncé par l'extrême droite car il implique une égalité des hommes et des femmes partout dans le monde indépendamment des frontières étatiques, alors qu'un nationaliste se propose par principe d'établir une hiérarchie entre les nations, certaines étant plus dignes que d'autres. L'égalité n'est pas une valeur d'extrême droite.
Autre élément typique de l'extrême droite: au-delà du recours au bouc émissaire (ici: l'Europe), se trouve la paranoïa devant le "mensonge" (la Serbie ne pouvant entrer en Union Européenne en conservant le Kosovo selon lui). Au fond c'est l'idée selon laquelle "on nous ment": le gouvernement, les médias, l'UE, les élites nous mentent.
Enfin, il conclut sur l'exaltation de la nation prisonnière à libérer: "vive la France libre", "vivre la Serbie libre". Car les victimes des mensonges de l'Europe et des médias, ce sont la France et la Serbie -selon Alain Soral.
Le tout s'achève sur une phrase qui souligne le seul espoir cité: "la Russie de Poutine et Medvedev".

Les couleurs des drapeaux français et serbe sont les mêmes: bleu-blanc-rouge et non rouge-brun; espérons que les idées d'Alain Soral n'auront pas davantage d'audience qu'en France.

Liens: blog d'Alain Soral, Alain Soral: Le sous-Marine du Front National, Alain Soral candidat FN pour les élections européennes?.

jeudi 30 octobre 2008

L'attentat contre un éditeur de presse en Croatie, fruit d'une coopération des mafias croate et serbe?

Selon le blog Croatie diverse, "Cinq personnes liées à un mafieux serbe ont été arrêtées pour leur implication dans l'attentat à la bombe ayant coûté la vie au propriétaire de l'hebdomadaire croate indépendant Nacional, Ivo Pukanic, a rapporté mercredi la télévision nationale croate (HRT)".
Rappelons pour mémoire que I. Pukanic avait échappé de peu à un attentat en avril 2008 à Zagreb (Croatie).
Sources: Croatie diverse, Reporters Sans Frontières, Nacional.hr. Sur le même sujet, Croatie : arrestations dans l’affaire Pukanić, l’ombre de la mafia serbe (Courrier des Balkans).

La Serbie et les droits de l'Homme

L'ONU donne le résumé (sans commentaire) d'une prise de parole de la Serbie devant une Commission qui évoquait les droits humains et particulièrement ceux des personnes handicapées, ce 29 octobre 2008:

M. SLAVO KRULJEVIC (Serbie) a déclaré qu’en juin dernier, le nouveau gouvernement serbe avait créé un ministère des droits de l’homme et des minorités, et s’apprête à la fin de l’année, à présenter son premier rapport devant le Conseil des droits de l’homme, en vue de l’Examen périodique universel. Tout n’est pas au mieux, cependant, en matière de protection des droits de l’homme en Serbie, notamment dans la province du Kosovo administrée par les Nations Unies, a dit le représentant. Les non Albanais voient leur statut se détériorer, leurs droits à la santé ou à la propriété sont niés, a affirmé le représentant. Plusieurs rapports relatant cette triste situation ont été publiés par des organisations régionales et internationales, a fait remarquer le représentant. La délégation serbe, attentive au respect des droits de l’homme, a demandé au Comité chargé de surveiller l’application du Pacte relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, d’adresser des recommandations à la Mission d’administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK) afin qu’il soit mis fin aux violations des droits de l’homme observées au Kosovo et dans la province de Metohija.

Source: ONU (AG/SHC/3930).

mercredi 29 octobre 2008

Les méthodes pédagogiques du bon professeur Antonic - une analyse de Yucom

La dernière Revue électronique de Yucom revient sur un texte paru dans le quotidien Politika ce 23 octobre 2008 (lien).
Son auteur, Slobodan Antonić, est professeur de sociologie à l'Université de Belgrade.
L'article, intitulé "Protéger les enfants de leurs parents" défend la cause des châtiments corporels.
Une citation: "Pour une large majorité des parents les punitions corporelles ne sont pas une expression de haine ou de sadisme (...). Cela représente plutôt le souhait de les protéger d'actions irrationnelles qui pourraient les conduire vers une mise en danger de leur vie. Il s'agit, pour la grande majorité des pères et mères, d'une expression d'amour parental absolu et d'inquiétude. Criminaliser toutes les formes de châtiment corporel par les parents, incluant les plus douces, va à l'encontre des vrais intérêts des enfants eux-mêmes".
Le Professeur s'offusque que l'on veuille inculquer aux enfants leurs droits et qu'ils soient invités à s'adresser à un Médiateur pour dénoncer les éventuels abus parentaux.
Yucom poursuit son analyse: le Prof. Antonić utilise son article pour attaquer les ONG et groupes qui défendent les droits de l'enfant.
Enfin, Yucom analyse les réactions publiées dans le forum en réaction à l'article. Il y a là quelques perles!
Source: Human Rights and Democracy Violation Early Warning Weekly Newsletter No. 26.

Sur le trafic d'organes en 1999 via l'Albanie

Le Procureur pour les crimes de guerre de Serbie, Vladimir Vukčević (photo), s'est vu refuser le droit à diligenter dans le village de Gur (Albanie) une enquête sur les accusations de trafic d'organes. L'enquête aurait porté sur l'existence d'une clinique dans laquelle, en 1999 voire aussi en 2000, des Serbes kidnappés par l'Armée de Libération du Kosovo auraient été mutilés (retrait d'organes) et possiblement exécutés. L'information sur ces faits est issue du livre rédigé par Carla del Ponte à l'issue de son mandat de Procureur du TPIY, La chasse: les criminels de guerre et moi.
Selon B92, les opérations auraient pu se dérouler dans un hôpital psychiatrique. Un autre bâtiment est montré du doigt (appelé "la maison jaune"). Des traces de sang y ont été relevées mais le propriétaire de l'immeuble nie tout trafic: il s'agit selon lui des restes de deux accouchements ou du sang d'animaux dépecés sur place à des fins alimentaires.
Le Bureau du Procureur pour les crimes de guerre aurait fait savoir qu'à ses yeux il s'agit d'une décision motivée par des considérations politiques car le temps n'a pas été pris pour considérer les faits communiqués à Tirana (le refus a été communiqué 12h seulement après la réception du dossier). La Ministre serbe de la justice Snežana Malović dénonce la décision de Tirana de s'opposer à une enquête. La Serbie pourrait s'adresser au Conseil de l'Europe, faisant donc appel à une organisation internationale.
(Par parenthèse, les contacts entre la Serbie et l'Albanie se seraient déroulés au moyen d'une médiation de l'ambassade des États-Unis à Belgrade.)
Si on lit les très nombreuses réactions sur le forum de B92 ou d'autres sites, on constate qu'un grand nombre de lecteurs considèrent qu'il ne s'agit que d'accusations sans fondement.
Les arguments: d'une part le TPIY a mené une enquête qui débouchait sur un manque d'éléments. Ce à quoi il est répondu par le camp adverse que l'enquête était bâclée...
Autre argument: il ne s'agit pas de dossiers fondés sur des faits, ce à quoi il est parfois répondu que le dossier doit justement être gardé secret (les preuves, le noms des victimes supposées) pour permettre une vraie enquête. On lit aussi que des preuves matérielles manquent car tout a été fait pour les effacer...
Autre argument évoqué: on ne connaît pas la raison pour laquelle l'Albanie a refusé une enquête par le Procureur serbe, selon un lecteur la motivation pourrait être simplement que chaque pays doit enquêter sur son territoire et non le territoire de son voisin. Cependant, Turkish Weekly signale que l'Albanie a refusé la demande en raison d'un manque d'éléments et de preuves, se référant notamment à l'enquête du TPIY déjà citée et qui concluait sur un manque d'éléments. Or il semble que le Procureur serbe pour les crimes de guerre pourrait avoir fourni de nouveaux éléments récoltés depuis la publication du livre de Mme Del Ponte et donc après l'enquête du TPIY.
Une fois de plus, comme trop souvent lorsqu'il s'agit de faire la lumière sur une page du passé dans les Balkans, on ne sait plus quelle est la part de vrai et la part de fantasme. Mon opinion personnelle: qu'une enquête sérieuse soit menée par des gens honnêtes et qu'on accepte les conclusions. Jusqu'à présent le Procureur serbe pour les crimes de guerre a donné l'image d'un homme courageux, intègre et honnête -cet élément me semble devoir être pris en compte.
On voudrait savoir si oui ou non il y a eu trafic d'organes!
Sources: EMportal, B92, Turkish Weekly, Courrier des Balkans (Trafic d’organes des Serbes du Kosovo : la justice albanaise ne veut pas ouvrir d’enquête). Photo: megafonija.com.

mardi 28 octobre 2008

Florence Hartmann accusée d'outrage au TPIY : une journaliste à soutenir

Florence Hartmann, ancienne porte-parole de la Procureure du Tribunal Pénal pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), a été entendue hier par... le TPIY qui l'accuse d'outrage à la cour.
Le TPIY a «prononcé la mise en accusation de Florence Hartmann (…) pour avoir délibérément et sciemment divulgué des informations en violant en connaissance de cause une ordonnance d’une Chambre», selon un document officiel de l'ONU. Deux textes lui sont reprochés, un passage de son livre Paix et châtiment, et un article paru dans le Bosnian Institute (Vital Genocide documents Concealed).
Le coeur du débat porte, au fond, sur des documents secrets que le TPIY a eu en sa possession dans le cadre du dossier Milosevic et qu'il s'est engagé à ne pas utiliser dans un autre dossier. Ces documents pourraient contenir la preuve, selon certains bruits, d'une participation active de certains responsables serbes au génocide de Srebrenica en juillet 1995. Nous ne connaitrons pas la vérité tant que ces documents demeureront secrets. Ces documents existent, il n'y a aucune raison qu'ils demeurent secrets: il ne peut y avoir de justice sans recherche de la vérité, quelle qu'elle soit.
Florence Hartmann a fait preuve de rigueur intellectuelle en voulant rendre publiques différentes données utiles à la compréhension des conflits en ex-Yougoslavie. Pour avoir voulu contribuer à construire un débat public et citoyen elle est désormais inquiétée par le TPIY qui ne voit en elle que l'ancienne employée et non plus la journaliste critique. En somme la bureaucratie qui l'emporterait sur la liberté d'esprit et d'expression.
Par ce petit texte je veux exprimer mon soutien à Florence Hartmann. J'avais eu le privilège de l'interviewer en mars à l'occasion de la sortie de son livre (Florence Hartmann: «Pourquoi a-t-on sacrifié la population?») et je trouve excessif et choquant ce procès qui lui est fait comme à une vulgaire criminelle.

dimanche 26 octobre 2008

Concours BOBs 2008: votez pour le prix Reporters Sans Frontières

A partir de ce 27 octobre, les 176 finalistes des BOBs 2008, le concours international de blogs de la Deutsche Welle, se présentent sur le site www.thebobs.com.
Des blogueurs du monde entier ont fait plus de 8.500 propositions dans les 16 catégories du concours.
Un jury international composé de blogueurs renommés a désigné 11 finalistes par catégorie. Les internautes sont invités à voter jusqu’au 26 novembre pour leur blogs favoris afin de décerner le prix du public.

Dans la liste des 11 blogs nominés pour la catégorie Prix Reporters sans Frontières vous trouverez mon blog en faveur duquel vous pouvez voter si vous le souhaitez.

Génocide de Srebrenica: Vaso Todorovic reconnu coupable

Le Srebrenica Genocide Blog reproduit un communiqué de la Cour de Bosnie & Herzégovine, selon lequel Vaso Todorovic a reconnu avoir pris part au Génocide de Srebrenica en 1995 et a été condamné à 6 années de prison pour crimes contre l'humanité.
Après analyse, nous dit le communiqué, le dossier Todorovic fournit la preuve directe de l'existence d'un plan visant l'expulsion des femmes et des enfants et l'exécution des hommes bosniaques à une époque antérieure à celle retenue dans les jugements du TPIY. Vaso Todorovic est reconnu coupable d'aide et de complicité dans le meurtre, la déportation et le transfert forcé en 1995 à Srebrenica.
On se reportera aussi au Srebrenica Genocide Blog pour une présentation des hommes, anciens soldats du bataillon hollandais ou non, qui tentent de défendre une vision tronquée selon laquelle il n'y aurait pas eu de génocide à Srebrenica en 1995. Il est notamment question d'une association créée à La Haye, "Srebrenica Historical Project", présidée par Stephen Karganovic.
La photo représente une manifestation de l'Association des Mères de Srebrenica, et est issue du Srebrenica Genocide blog.

Arrestation de R. Karadzic: un commentaire de Amnesty International Belgique

Voici un texte signé Pascal Fenaux et repris du site d'Amnesty Belgique (septembre 2008).

Missions et démissions

Le 11 juillet 1995, la « zone de sécurité » de Srebrenica tombait aux mains de l’armée des Serbes de Bosnie, après des mois de pilonnage par des forces « bosno-serbes » qui avaient dans le même temps immobilisé la plupart des convois d’aide des Nations unies vers la ville, visant en particulier les livraisons de vivres, de médicaments et même de chaussures. Les derniers miliciens « bosno-musulmans » et 8 000 civils (essentiellement des hommes, mais aussi des femmes et des enfants) furent exécutés méthodiquement pendant quatre journées de carnage. Ce fut le pire massacre sur le sol européen depuis la fin du Troisième Reich, perpétré, qui plus est, sans opposition réelle des Casques bleus néerlandais, alors que le Conseil de Sécurité de l’ONU (résolution 819) avait décidé, en avril 1993, de créer une zone de sécurité autour de la ville. Pire, une autre résolution, la 836, « garantissait » la protection de Srebrenica par « tous les moyens nécessaires, y compris l’usage de la force », stipulant que « toutes les unités militaires ou paramilitaires devraient soit se retirer de la zone démilitarisée, soit déposer toutes leurs armes ». L’ONU avait donc démissionné.

Après la chute de Srebrenica, rares furent les personnalités impliquées dans la « gestion » du conflit bosniaque à prendre la mesure du massacre qui allait s’ensuivre. Une exception fut Tadeusz Mazowiecki, ancien Premier ministre polonais et alors rapporteur spécial de la Commission des droits de l’Homme de l’ONU en ex- Yougoslavie. C’était lui qui avait recommandé l’établissement de « zones de sécurité ». Écœuré et choqué, il démissionna.

Ce 21 juillet, 13 années après le carnage, Radovan Karadzic a enfin été arrêté à Belgrade. L’ancien président de la Republika Srpska, ancien chef du Parti démocratique serbe et ancien commandant en chef de l’Armée serbe de Bosnie, était inculpé de crimes commis en Bosnie-Herzégovine, dont des crimes de génocide, des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre à Srebrenica. Si l’on est en droit de se réjouir, il n’en reste pas moins que de nombreuses inquiétudes se font entendre. En 2010, le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) devra théoriquement cesser ses travaux et les transférer à des justices nationales ex-yougoslaves déficientes. Le TPIY risque donc de ne disposer ni du temps ni des ressources nécessaires pour établir la vérité et rendre justice aux victimes des crimes de guerre et contre l’humanité commis en Bosnie-Herzégovine. Les poursuites engagées contre 115 des 161 personnes inculpées par le Tribunal ont abouti mais celles contre les 46 inculpés restants sont encore en cours, tandis que deux des inculpés, Ratko Mladic et Goran Hadzic, sont toujours en fuite. La justice internationale démissionnera-t-elle ?

Pascal Fenaux. Source: AIBF.

Un rapport en anglais d'Amnesty International

Amnesty International rend public, sur son site internet, un Rapport adressé au Conseil des droits de l'Homme.
Y sont notamment évoqués: l'immunité pour crimes de guerre, la discrimination dont sont victimes les roms, les attaques sur les défenseurs des droits humains, les gays et lesbiennes, et en dernier lieu le droit d'expression en Serbie.
"Les défenseurs des droits humains font face à un environnement hostile, particulièrement pour ceux qui travaillent sur la justice transitionnelle et les droits des minorités. Les attaques se sont intensifiées après la déclaration unilatérale d'indépendance du Kosovo le 17 février 2008. Ainsi, l'éminente Natasa Kandic, défenseur des droits humains et directrice de l'ONG Centre de droit humanitaire (HLC), a été à nouveau la cible de discours haineux dans un article publié le 18 février 2008, la qualifiant, entre autres choses, de personne "qui n'existe pas"."
Le rapport a été rédigé avant la mise en place du gouvernement actuel; il signale sous certains aspects une dégradation dans les deux dernières années.
Le rapport dans son intégralité: Serbia: Submission to the UN Universal Periodic Review: Third session of the UPR Working Group of the UN Human Rights Council, December 2008.

Vukovar: inculpation de Damir Sireta

Selon le Courrier des Balkans (photo), "La justice serbe a inculpé lundi 20 octobre le Serbe Damir Sireta « Sićo », pour des crimes de guerre commis en Croatie en 1991, et notamment pour son rôle dans l’exécution de prisonniers croates à Ovčara, près de Vukovar, dans l’est de la Croatie." L'article complet est consultable ici.

samedi 25 octobre 2008

Discrimination: absence de loi

Texte issu du site glassrbije (22 octobre 2008).

La Serbie est le seul pays en Europe à ne pas avoir une loi générale contre la discrimination. Ces jours-ci, plusieurs ONG mais également une partie du public politique, ont appelé les députés du Parlement de Serbie à adopter une telle loi au plus vite, dont le Projet existe depuis 2004.

L’annonce, puis, l’interdiction de rassemblements des organisations d’extrême droite, dont le but est de propager les idées de haine, de violence et de discrimination ainsi que la récente protestation des habitants du quartier belgradois ‘’Ovca’’contre l’installation des familles romes dans leur voisinage, ont de nouveau mis au premier plan le sujet de la discrimination en Serbie. Bien que les sondages montrent que la situation est nettement meilleure et que les habitants et le public ont une attitude plus correcte par rapport aux minorités éthniques et aux personnes aux besoins particuliers, certains cas témoignent toutefois de la nécessité de régler ce domaine par une loi.

‘’La Serbie ne diffère des pays de son entourage lorsqu’il est question des plus fréquentes formes de discrimination’’, a dit pour notre Radio le directeur de l’Initiative des jeunes pour les droits de l’homme (photo), Dragan Popovic. ‘’L’Europe entière enregistre des cas similaires de discrimination. Or, ce qui distingue la Serbie, c’est l’héritage d’un passé de guerre, qui pèse davantage sur les relations entre différents groupes sociaux si bien que la discrimination par rapport aux minorités ethniques et religieuses est plus accentuée. Les catégories de la population, qui font objet de discrimination dans toute l’Europe, telle que les minorités sexuelles, les Roms et, dans une grande mesure, les femmes, sont communes pour la Serbie et le reste de la région, a souligné M. Popovic. Néanmoins, ajoute-t-il, la Serbie se distingue du fait d’être le seul pays européen à ne pas avoir une loi générale antidiscrimination. ‘’Tous les Etats de l’Europe et de la région ont une telle loi. Suivent d’autres dispositions, traitant des groupes spécifiques, qui sont plus souvent victimes de discrimination, ou bien, traitant les relations sociales spécifiques, où il y a souvent des discriminations’’, a mis en vedette M. Popovic, ajoutant que la Serbie devrait obtenir une loi générale antidiscrimination d’ici au commencement de l’année 2009.

Le Projet de loi assure un régime juridique de prévention de la discrimination ainsi que des mécanismes efficaces de protection juridique pour tous ceux, qui seraient victimes de discrimination. Le texte de loi, proposé contient tous les éléments majeurs du droit antidiscrimination européen et les règlements sont harmonisés aux normes juridiques du Conseil de l’Europe et aux directives de l’UE. Par l’adoption d’une telle loi, la Serbie se rangerait parmi les pays européens les plus progressifs – les défenseurs des acquis civilisationnels , qui font baser leur système juridique sur les principes de l’égalité de tous et de la prévention de la discrimination. Au printemps 2006, le Parlement de Serbie avait adopté, sans une seule voie contre, la loi sur la prévention de la discrimination des personnes handicapées, se référant aux recommandations du Comité pour les droits de l’homme près l’Onu, datant de 2004, qui disent que la Serbie doit adopter une loi générale de prévention et de lutte contre la discrimination. En adoptant une loi générale, le Parlement serbe exprimerait sa position contre les mouvements d’extrême droite, néonazis et autres mouvements totalitaires, dans le pays. C’est au moyen de l’éducation aussi bien au sein de la famille que de l’école, qu’il faut lutter contre toute forme de discrimination. Les dernières années, la Serbie a beaucoup fait sur le plan de l’intégration des minorités moins nanties dans le système social. Qui plus est, la loi électorale a été modifiée pour que les minorités ethniques puissent avoir des sièges garantis à l’Assemblée, et, on travaille énormément dans le souci de scolariser les enfants roms.

NDLR: Glas Srbije est un organe du Gouvernement serbe. Il faut noter cette nouvelle tendance positive en Serbie depuis quelques semaines: la dénonciation de l'extrême droite néonazie par des officiels. Photo: un concert de Blood&Honour en 2003 en Serbie.

vendredi 24 octobre 2008

Démission du Patriarche Pavle, quelle succession?

La démission pour raisons de santé du Patriarche Pavle à l'âge de 94 ans aurait été signée le 12 octobre selon BLIC. Quel sera le profil du successeur du 44e Primat de Serbie?
Une crainte: le nom d'un candidat possible est, de fait, celui de Amfilohije Radovic, figure médiatique du clergé. Considéré très proche des milieux nationalistes, il a adopté une position dure au sujet du Kosovo. Selon lui -vision prophétique?- la situation actuelle de la minorité serbe du du Kosovo entraînera inévitablement une guerre: "devant une telle injustice il ne peut y avoir de paix". Ayant rendu visite à Radovan Karadzic lorsqu'il était aux arrêts en Serbie, il aurait déclaré avoir rendu visite à "un homme bon". En 2005 au cours d'un sermon lors de l'enterrement de la mère de Radovan Karadic, il avait assimilé cette dernière à la figure d'une mère de héros.
Un concile était prévu le 11 novembre, qui pourrait se saisir de la question.
Sources: Reuters, Tanjug, B92, La Croix, BBC, Javno.

mercredi 22 octobre 2008

Le tribunal condamne les auteurs d'une agression raciste à Cacak

A Cacak, en Serbie, 4 personnes ont été condamnées pour l'agression de Solomon Opoku, joueur de football. Les condamnés sont: Darko Obrenović, Milan Milosavljević, Nikola Cvetković et Mladen Ikonić. L'agression a eu lieu au sortir d'un match de football. La peine la plus élevée de prison est de 18 mois. Un autre homme, Dragan Dragović, a été condamné à 6 mois pour avoir menacé par téléphone un des témoins. Source: B92.

samedi 18 octobre 2008

«Mise en oeuvre des droits de l’Homme en Serbie : des progrès réels mais à poursuivre»

Communiqué de presse du Conseil de l'Europe du 17 octobre 2008.

Strasbourg,17.10.2008 – « Malgré des avancées dans la bonne direction, la mise en œuvre effective des normes des droits de l’homme se heurte encore à des obstacles en Serbie », a déclaré le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Thomas Hammarberg, à l’issue d’une visite officielle à haut niveau dans la République de Serbie. Outre Belgrade, le Commissaire a visité la région du Sandjak, la province autonome de Voïvodine, Kovin, Pozarevac et le sud du pays. Il s’est également rendu en personne dans des établissements où les droits de l’homme sont en jeu, notamment des centres fermés (prisons, maisons d’arrêt et postes de police), des hôpitaux psychiatriques, des camps de réfugiés ou de personnes déplacées ainsi que des campements roms.

Il conviendrait de protéger et de promouvoir activement les structures de protection des droits de l’homme en place comme la Cour constitutionnelle, le Médiateur et le Commissaire pour le libre accès à l’information publique. Certains textes législatifs importants, tels que la loi générale de lutte contre la discrimination, sont encore pendants devant le parlement. Le Commissaire a souligné que le bon fonctionnement de ce dernier est indispensable à la mise en œuvre des réformes et que l’obstruction parlementaire va à l’encontre des processus démocratiques.

« Il est urgent de s’attaquer à l’exclusion sociale des Roms » a-t-il déclaré. « A quelques minutes d’un centre commercial flambant neuf de Belgrade, par exemple, des Roms vivent dans des conditions inhumaines. Beaucoup ont été déplacés et ne possèdent pas de papiers d’identité, ce qui les empêche d’avoir un quelconque accès à la santé et à l’éducation. »

« Les défenseurs des droits de l’homme, qui agissent dans l’intérêt de la société, ne doivent pas être considérés comme une menace », avertit le Commissaire. « Certains discours regrettables des médias m’ont choqué. Il faut impérativement que l’Etat condamne les menaces à l’encontre des défenseurs des droits de l’homme ».

Le Commissaire se félicite du processus de réforme judiciaire, qui devrait contribuer à résoudre un certain nombre de problèmes tels que la lenteur des procédures et l’image corrompue persistante de la justice. La situation non réglée des réfugiés et des personnes déplacées, la protection des droits des minorités et la non-discrimination sous toutes ses formes figuraient parmi les thèmes prioritaires examinés par le Commissaire.

« La Serbie peut être fière du microcosme européen que représente la province de Voïvodine » a-t-il fait observer, et « même si des problèmes perdurent, beaucoup de mesures ont été prises pour parvenir à une véritable harmonie multiethnique ».

Dans ses échanges avec le Premier ministre et les ministres de la Justice, de l’Intérieur, des Droits de l’homme et des Droits des minorités, du Travail et des Affaires sociales, de l’Administration publique et de l’Autonomie locale et, enfin, des Cultes, le Commissaire a examiné les possibilités de répondre aux questions pertinentes en matière de protection et de promotion effectives des droits de l’homme. Il s’est entretenu avec des hauts fonctionnaires des ministères de l’Education et de la Santé, ainsi qu’avec le Président du parlement et d’autres parlementaires. Des discussions ont également eu lieu avec le Médiateur, le Président de la Cour suprême, le Procureur général et le Coordinateur national de la lutte contre la traite. Par ailleurs, la délégation du Commissaire a participé à des tables rondes avec des représentants de la société civile.

Avant de terminer sa visite, le Commissaire a échangé ses impressions avec le Premier ministre et réfléchi avec lui aux moyens de renforcer la participation de la société civile à l’élaboration de politiques et de stratégies. Un rapport doit être publié début 2009.

Source: Division de la Presse du Conseil de l’Europe.

jeudi 16 octobre 2008

HLC identifie 13.472 personnes tuées ou ayant disparu entre 1998 et 2000 au Kosovo

Dans un communiqué l'Humanitarian Law Center expose que, à la date du 15 octobre 2008:

"HLC a individuellement enregistré un total de 13.472 victimes (9.260 Albanais, 2.488 Serbes, 470 victimes d'autres appartenances ethniques, et 1.254 victimes dont les origines ethniques ne sont pas connues) de meurtre et disparition au Kosovo avant, pendant le conflit armé et immédiatement après le déploiement des troupes internationales au Kosovo (janvier 1998 – décembre 2000).
De ce nombre total, HLC a confirmé les circonstances dans lesquelles 8.879 victimes ont été tuées ou ont disparu par au moins deux sources indépendantes.
De ces 8.879 victimes, 7.707 sont des Albanais, 822 des Serbes, et 350 victimes sont d'autres origines ethniques.
Parmi les 4.593 victimes pour lesquelles HLC ne dispose pas d'informations complètes, 1.666 étaient des Serbes [686 membres de la police et de l'armée, 590 civils, et 390 victimes dont on ne connait pas le statut], 1.553 étaient des Albanais [675 civils, 333 membres de l'Armée de Libération du Kosovo, six officiers de police, et 539 victimes au statut indéterminé] et 120 victimes étaient membres d'autres communautés ethniques."

Le communiqué complet peut-être obtenu auprès de Nenad Dimitrijevic, Media and Public Relations, Humanitarian Law Center, E-mail: press@hlc-rdc.org, Website: www.hlc-rdc.org.

mercredi 15 octobre 2008

Nacionalni Stroj bientôt interdit?

D'après Tanjug le Procureur Public de Serbie aurait adressé une demande d'interdiction du groupe d'extrême droite Nacionalni Stroj à la Cour Constitutionnelle sur base du fait que l'organisation provoque des haines raciales, inter-ethniques et religieuses.

mardi 14 octobre 2008

Arrestation en Bosnie de quatre Serbes

Milorad Škrbić, Milorad Radaković, Gordan Đurić et Ljubiša Četić sont accusés d'avoir exécuté 200 personnes le 21 août 1992, en grande partie des hommes. Les 200 victimes étaient croates ou bosniaques et leur exécution s'inscrit, selon l'accusation, dans une vague d'épuration ethnique. (Rappel: Darko Mrdja (photo), en aveux, a été condamné en 2004 à 17 ans par le TPIY pour avoir participé au massacre.)
Dans une autre affaire, on apprend que les charges qui pesaient contre Ernest Radjen en Croatie ont été abandonnées faute de preuves; la liberté lui a été rendue.
Sources: B92 , Reuters.

lundi 13 octobre 2008

Un demandeur d'asile serbe se suicide en Belgique

On apprend le suicide à Vottem (près de Liège) d'un homme de nationalité serbe. Débouté du droit d'asile il était interné dans le centre fermé de sinistre réputation. Il faut savoir qu'en Belgique des centres fermés ont été créés pour détenir les personnes sans titre de séjour. De nombreuses violations de droits de l'Homme ont déjà été reportées dans ces centres, tout comme on peut pointer du doigt la détention de personnes n'ayant commis aucun délit. Il avait été arrêté le 26 septembre dans le train Paris-Bruxelles. On sait juste qu'il était jeune. Le précédent suicide date de mai 2008, un jeune africain s'était suicidé après avoir été brutalisé lors d'une tentative d'expulsion.

samedi 11 octobre 2008

34 arrestations lors des marches d'extrême droite

Deux défilés ont animé les rues de Belgrade, celui de l'extrême droite, et celui de la Campagne antifasciste. 2500 policiers étaient présents, selon Tanjug (photo). Plusieurs personnes ont été arrêtées pour avoir arboré des insignes fascistes. Selon B92 il n'y a pas eu d'incident sérieux.

"Le Commissaire Hammarberg en visite en Serbie pour évaluer la situation concrète des droits de l'homme " (Conseil de l'Europe)

Voici un communiqué du Conseil de l'Europe:

Strasbourg, 10.10.2008 –Thomas Hammarberg, Commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe, effectuera du 13 au 17 octobre 2008, une visite officielle de haut niveau en Serbie. Cette visite a pour objectif d’évaluer le cadre législatif en matière de droits de l’homme et sa mise en œuvre et pertinence dans la pratique.

Couvrant un large éventail de questions relevant des droits de l'homme, le programme de M. Hammarberg portera essentiellement sur la situation en matière d’Etat de droit, y inclut le fonctionnement du système judiciaire, le comportement de la police, la torture et les mauvais traitements, la liberté d’expression et des médias, les droits des minorités, en particulier des Roms, ainsi qu’un grand nombre de sujets concernant la non-discrimination.

Outre Belgrade, le Commissaire se rendra dans la région du Sandzak et dans la province autonome de Vojvodine. Afin de recueillir, sur le terrain, des impressions de première main concernant le respect des droits de la personne, il sera organisé dans l’ensemble du pays des visites d’institutions présentant de l’intérêt sur le plan des droits de l'homme par exemple les commissariats de police, lieux de détention, camps de réfugiés, centres d’accueil pour enfants et femmes en difficulté ainsi que des hôpitaux psychiatriques et des foyers d’aide sociale.

Pour conclure sa visite, le Commissaire rencontrera les plus hautes autorités de l’Etat et notamment les chefs de l’Etat et du gouvernement ainsi que les ministres de la Justice, de l’Intérieur, du Travail, de la Santé et de l’Education. Il rencontrera également le Président du Parlement, les groupes parlementaires, le médiateur ainsi que les représentants des organismes gouvernementaux compétents et des collectivités locales. En outre, il s’entretiendra avec les représentants des organisations internationales et de la société civile.

Le Commissaire présentera ses observations préliminaires le jeudi 16 octobre à 14 heures lors d’une conférence de presse qui se tiendra à Belgrade au Media Centre (Milentija Popovica 9, objekat A, II sprat, 11070 Novi Beograd; tel: +381 11 220-6919; www.mediacenter.org.yu)

Cette visite s’inscrit parmi les activités menées dans le cadre du mandat du Commissaire qui est d’évaluer le respect des engagements pris par les Etats membres du Conseil de l'Europe en matière de droits de l'homme. Un rapport d’évaluation renfermant des recommandations sera publié au début de 2009.

jeudi 9 octobre 2008

La police interdit la Marche serbe du 11 octobre

On apprend l'interdiction par la police (MUP) de la Marche Serbe, marche organisée par l'extrême droite et au cours de laquelle défilent habituellement skinheads et néo-nazis. "Le Ministère de l'intérieur (MUP) ne permettra pas l'organisation de marches ce jour et nous ne laisserons pas les idées nazies et pro-fascistes être promues à Belgrade ni ailleurs en Serbie", a déclaré le Ministre I. Dacic cité par B92. Le Ministre en charge des Droits de l'Homme, Svetozar Čiplić, a apporté son soutien à cette décision. Il reste à voir comment réagiront les groupes d'extrême droite à cette décision.
Source: B92. Photo: rassemblement Blood and Honour Serbie.

(Les lecteurs de ce blog auront remarqué que je cite souvent B92, il s'agit d'un site qui tente de donner toute l'information sur tous les sujets d'actualité, y compris ceux qui peuvent fâcher. Il faut savoir que B92 est souvent dénoncé dans les milieux d'extrême droite comme étant une officine des pays étrangers ou de la CIA. B92 a payé cher dans le passé son indépendance et continue de faire l'objet de menaces. A noter l'apparition d'un site d'opposants à B92: FuckB92.)

Milan Martic condamné à 35 ans de prison en appel

Milan Martic, ancien président de la République de Krajina, a vu son appel contre sa condamnation déboucher sur une sentence de 35 ans de prison pour son rôle durant la guerre, on lui reproche notamment le bombardement de Zagreb lorsque se déroulait l'opération Tempête en 1995.


mercredi 8 octobre 2008

L'ONU saisit la CIJ sur l'indépendance du Kosovo

La Serbie a emporté haut la main une bataille diplomatique, obtenant aujourd'hui un vote de l'Assemblée Générale des Nations Unies sur une de ses motions. Cette motion prévoit la saisine de la Haute Cour de Justice qui devra dire si les conditions dans lesquelles le Kosovo a proclamé son indépendance ont rencontré les principes et règles du droit international. Selon AFP: "Les Etats-Unis, qui sont parmi les 48 pays ayant reconnu l'indépendance du Kosovo, ont voté contre. Les 22 membres de l'Union européenne (UE) qui ont reconnu l'indépendance se sont abstenus. Les cinq autres - Chypre, l'Espagne, la Grèce, la Roumanie et la Slovaquie - ont voté pour la résolution." NB: l'avis de la CIJ est consultatif. L'article de l'AFP est consultable ici.

Des ONG demandent l'interdiction de la "Marche Serbe"

La manifestation du 11 octobre intitulée Marche serbe fait l'objet d'une demande d'interdiction par onze ONG serbes en raison de son appel à l'intolérance ethnique, religieuse et raciale, encourageant l'intolérance et incitant à la violence.
La lettre envoyée à la police (MUP) rappelle que la discrimination raciale et l'incitation à la haine peuvent être punies d'une peine de prison de 6 mois selon le droit serbe.
Parmi les signataires: Comité Helsinki pour les Droits de l'Homme, Centre de Droit Humanitaire, Femmes en Noir, Centre pour la Décontamination Culturelle, Yucom, Centre Queeria.
Source: B92. Photo: Obraz.

Le Comité Helsinki pour les Droits de l'Homme en difficulté

Plusieurs ONG ont apporté leur soutien à Sonja Biserko (photo), du Comité Helsinki pour les Droits de l'Homme, cette dernière ayant reçu des menaces. Il s'agit avant tout de menaces semblant provenir de la mouvance "1389" du nom de l'organisation qui a essayé d'investir les bureaux de l'association le 1er octobre. La publication du Rapport en anglais "Forgotten World-Kosovo Enclaves", qui porte sur les enclaves serbes du Kosovo, semble avoir été fort mal accueillie parmi les milieux radicaux d'extrême droite. Ce rapport mettrait en avant que le principal problème des communautés locales est celui du chômage résultant d'une défaut d'emplois, des questions de santé, d'éducation, etc. et non pas un problème de cohabitation entre communautés ethniques (absence d'incident reportés depuis un an) ni l'absence de liberté de circulation qui ne serait plus réelle. (NB: je n'ai pas lu ce rapport et je me base sur ce qu'en a dit la presse.)

Le site Croatie diverse donne la traduction d'un article de B92 du 5 octobre 2008:
Belgrade - Novi Sad : Deux hommes attendaient devant son appartement la présidente du Comité d'Helsinki pour les droits de l'homme en Serbie, Sonja Biserko, et ils l'ont invectivée. Sonja Biserko a déclaré que les deux hommes étaient habillés en noir et qu'ils avaient "dans la quarantaine". "L'un d'entre eux se tenait devant l'entrée du bâtiment tandis que l'autre était assis devant la porte de mon appartement. J'ai appelé des amis, puis la police, et ces deux-là ont pris la fuite lorsque sont arrivés mes amis", a déclaré la présidente du Comité d'Helsinki. Elle a dit que la police est descendue sur les lieux et qu'elle y a procédé à un examen. Sonja Biserko a déclaré que le Comité d'Helsinki avait demandé il y a quatre jours une protection auprès de la police mais qu'il ne l'a pas reçue. La semaine dernière un groupe d'extrémistes, qui protestent depuis des semaines en raison de l'arrestation de l'accusé de La Haye Radovan Karadzic, avait laissé un modèle de croix gammée devant le bâtiment du Comité d'Helsinki à Belgrade et avait insulté les militants de cette organisation non gouvernementale. Pavel Domonji, le chef du bureau du Comité d'Helsinki pour les droits de l'homme à Novi Sad, a signalé que dans un journal, à côté d'un tas d'injures sur le compte de Sonja Biserko, avait été publiée son adresse domiciliaire. "Visiblement, ceci est la conséquence des harangues de certains médias 'patriotiques' et "grandes figures patriotiques' à l'encontre de Sonja Biserko et du Comité d'Helsinki", a estimé Domonji.