
Plusieurs ONG serbes ont dénoncé l'attaque dont ont été victimes les participants du festival Queer Beograd 2008. Vendredi 19 septembre vers 22h une vingtaine de jeunes hommes masqués ont attaqué les festivaliers. L'un des participants, de nationalité américaine, a fait appel à des soins médicaux. La police qui était présente serait rapidement intervenue selon l'agence de presse B92 et plusieurs attaquants auraient été interpellés, il y aurait eu une arrestation.
Lors de cette soirée au centre culturel Rex, plusieurs débats et performance ont eu lieu ; avait suivi la projection de films en rapport avec la violence faite aux femmes et la lutte contre le fascisme. L'édition 2008 avait comme thématique l'antifascisme. De vieux films de la période titiste avaient été sortis du placard qui mettaient en scène la résistance de villageois aux forces allemandes durant la seconde guerre mondiale, et un autre film curieux sur les sans-abri datant des années 70. A noter aussi un film sur la violence contre les femmes en Serbie : chaque semaine une femme y décède de ses blessures.
Le concept queer, ici, est clairement lié à un usage libre de la sexualité perçue comme ouvertement subversive. A l'idée de subversion est associée la volonté d'agir avec une forme d'art créatif. Beaucoup de jeunes, très sympathiques, et de nombreuses publications sur l'anarchisme et Bakounine, une revue de lesbiennes radicales françaises était affichée aussi. Le festival était organisé sur la base de l'autogestion, et les participants provenaient du monde entier, la langue du festival étant l'anglais.
Il est possible de se procurer le petit livre édité juste avant le festival et qui présente le compte rendu du festival 2007 dont le thème était « on trans issues and sex work ». Edité dans les deux langues, serbe et anglais, il évoque notamment le statut à donner aux travailleurs du sexe qui sont généralement l'objet de discours accusateurs (les fléaux sociaux) ou doloristes (les victimes) et qui ne sont en général pas perçus comme des acteurs avec une voix propre. D'ailleurs en général les travailleurs du sexe veulent rester anonymes.
Les ONG qui ont dénoncé l'attaque soulignent que d'autres ont déjà eu lieu contre des gays, qui peuvent être directement reliées aux politiques menées par le régime Kostunica, l'ancien Premier ministre qui avait assis son action sur un mélange de nationalisme teinté de paranoïa et de cléricalisme.