vendredi 29 février 2008

TPIY: Dragan Zelenovic transféré en Belgique pour y purger une peine pour viol et torture

Communiqué du Centre de nouvelles de l'ONU:

27 février 2008 Dragan Zelenović a été transféré aujourd'hui en Belgique pour y purger une peine de 15 ans de prison pour torture et viol de femmes et de jeunes filles dans la ville de Foča, en Bosnie-Herzégovine, en 1992, suite à sa condamnation par le Tribunal pénal International pour l'ex-Yougoslavie (TPIY).

Le 17 janvier 2007, Dragan Zelenović a plaidé coupable de sept chefs d'accusation de viol, y compris de viol en réunion et de torture de femmes et de jeunes, y compris certaines d'à peine 15 ans, à l'issue de la prise de la ville de Foča en 1992, indique un communiqué du TPIY publié aujourd'hui à La Haye.

«Les forces serbes ont détenu les femmes et les jeunes filles pour les interroger. A cette occasion, elles ont subi des traitements humiliants et dégradants, des passages à tabac et des attaques sexuelles, y compris des viols».

Par ailleurs, «plusieurs femmes ont été détenues dans des maisons et des appartements servant de maisons closes, gérés par des groupes de soldats, notamment des miliciens».

Dragan Zelenović a conduit avec d'autres soldats des viols en réunions, pendant ou après les interrogatoires.

Dans sa reconnaissance de culpabilité, ce dernier a exprimé «ses regrets pour toutes les victimes de ses actes», exprimant son «plus profond remords».

Dragan Zelenović a fait appel de la sentence de la Chambre de première instance, mais la Chambre d'appel a confirmé la peine par un arrêt du 31 octobre 2007.

Explosions à Belgrade et Kosovska Mitrovica

Ce 28 février vers minuit une déflagration s'est produite rue Maxime Gorki, à proximité des locaux de la radio TDI. Le personnel de la chaîne belgradoise dit avoir reçu des menaces et intimidations ces derniers temps et il se peut que ce soit la station radio qui ait été la cible.
Plus tôt, vers 20h, c'est à Kosovska Mitrovica qu'une bombe a explosé, causant des dégâts à des véhicules de la MINUK (Mission des Nations Unies au Kosovo).
On ne compte aucun blessé. Sources: Tanjug et B92.

Camp de Foca (1992-1994): condamnation de S. Todovic et M. Rasevic

Savo Todovic (55 ans, ancien directeur adjoint) et Mitar Rasevic (58, ancien chef des gardiens) ont été condamnés par la Chambre des crimes de guerre de Bosnie, à 12,5 et 8,5 ans de prison pour avoir séquestré et maltraité des Bosniaques musulmans durant la guerre de Bosnie, à Foca dans le KP Dom.
Trial Watch (photo: logo) donne une synthèse des informations de base sur ce centre de détention qu'était KP Dom: "Le 7 avril 1992, les forces militaires serbes ont commencé à occuper la ville de Foca, peuplée de moitié par des Musulmans. Jusqu’à la mi-juillet 1992, les autorités serbes ont effectué des rafles et arrêté des habitants musulmans et non serbes. Des milliers de personnes ont été détenues. Le Foca Kazneno-Popravni Dom (KP Dom) est devenu le principal centre de détention pour hommes, contenant jusqu’à 760 détenus. Le KP Dom a fonctionné comme centre de détention jusqu’au 5 octobre 1994. La plupart des détenus, voire tous, étaient des civils qui n’étaient accusés d’aucun crime. La plupart étaient des hommes musulmans âgés de 16 à 80 ans. Parmi eux se trouvaient des handicapés mentaux et physiques ainsi que des personnes atteintes de maladies graves."
L'acte d'accusation est disponible ici et une analyse du jugement en anglais ici.

jeudi 28 février 2008

Velimir Ilic - déclarations choc

Les informations alarmistes continuent d'affluer chaque jour. Le Monde revient sur les menaces à la sécurité personnelle de Natasa Kandic. Extrait:
"Le ministre des infrastructures, le populiste Velimir Ilic, proche du premier ministre nationaliste Vojislav Kostunica, a demandé "l'arrestation" de Mme Kandic. "Il y a des traîtres en Serbie et ils ont été identifiés. Qui se tenait à côté (du premier ministre kosovar) Hashim Thaci quand il déclarait l'indépendance de ce faux Etat ? s'insurgeait dimanche cet ex-candidat à l'élection présidentielle du 3 février. J'en appelle aux autorités compétentes pour arrêter cette ordure qui gêne la Serbie depuis des années." M. Kostunica n'a pas renié les propos de son allié politique. Pas plus que le président pro-européen, Boris Tadic, dont le Parti démocrate (DS), désorienté et paralysé par la surenchère nationaliste au sein de sa coalition gouvernementale, se laisse aller à quelques excès de patriotisme."

Le même Velimir Ilić (parti "Nouvelle Serbie") a déclaré hier que des "groupes de traîtres", citant nommément le Parti Libéral Démocrate (LDP), ont organisé les actes de violence du 21 février 2008. Selon B92, à la question de savoir si les groupes qui ne partagent pas les vues du gouvernement peuvent se sentir en sécurité, il aurait déclaré: "nous ne pouvons protéger les personnes qui mènent des opérations, déclarant que le Kosovo ne nous appartient pas, d'être agressées par quelqu'un qui vient du Kosovo". Sur le LDP: ce parti "condamne tout ce qui sent la Serbie" et "il est honteux qu'une telle option politique existe". Les mots employés à l'égard du LDP sont très durs dans le reste de l'interview, consultables en anglais ici.

Nouvelle Serbie, est un parti nationaliste créé en 1997 par des dissidents du parti du Mouvement pour le Renouveau Serbe (SPO).

Lire La "traîtresse" Natasa Kandic, des ONG et des médias sont dans le collimateur des nationalistes serbes (Le Monde).

Les Milosevic à la barre?

La Serbie aurait demandé à la Russie l'extradition de la veuve et du fils de Slobodan Milosevic. Selon certaines sources Mira Markovic et son fils Marko Milosevic auraient obtenu le statut de réfugié politique en Russie, ce qui leur permet d'échapper aux procès dans lesquels ils sont impliqués.
Source: Reuters.

Affaire Novak Djukic - procès le 11 mars 2008

Novak Djukic, né en 1955 et accusé de crimes de guerre contre des civils, verra le début de son procès le 11 mars 2008. Ce qu'on lui reproche: entre 1992 et 1995, l'accusé aurait joué un rôle important au sein de l'Armée des Serbes de Bosnie (VRS).
(A l’époque commandant, il était devenu général après la guerre et depuis peu était à la retraite.) Il serait responsable de l'envoi d'un missile sur le quartier Kapija à Tuzla le 25 mai 1995 (causant 71 tués et 240 blessés). Son unité se situait dans le village de Panjik sur le mont Ozren. Selon une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies datée du 6 mai 1993, la ville de Tuzla était décrétée « zone de sécurité ». Il semble que ce missile ait été envoyé au titre de représailles suite à une intervention de l‘OTAN. Il a plaidé non coupable en janvier 2008. Son dossier est référencé X-KR-07/394. Liens: vidéo Youtube (reportage TV 1995), Cour de Bosnie Herzégovine.

dimanche 24 février 2008

Identification du corps de Zoran Vujovic

Zoran Vujović est, selon des tests ADN et selon son père, le jeune homme décédé dans la nuit de jeudi à vendredi dans l'incendie de l'ambassade des USA à Belgrade.
Agé de 20 ans il était originaire du Kosovo (Čaglavica) que sa famille a dû quitter de force en 1999.
Ses parents résident à Novi Sad.

samedi 23 février 2008

Critique de l'action du gouvernement - interview de Dragoljub Micunovic (Parti Démocrate, DS)

Le blog Croatie nouvelle revient sur la manifestation de jeudi, manifestation monstre dans les rues de Belgrade qui a dégénéré ensuite en affrontements et qui a fait 1 mort et 90 blessés. Un article de Danas est proposé, à savoir une interview de Dragoljub Micunovic, un des responsables du Parti démocrate (Demokratska stranka). Extraits:

Le meeting n'a pas laissé une forte empreinte. Les discours étaient pleins de ferveur et de pathétisme, l'exaltation religieuse-nationale régnait. On n'a pas entendu de véritables messages politiques. De plus, tout cela s'est achevé par un service de prière dans lequel l'évêque a contribué au ton pathétique. Cela devait être un de ces rassemblements dans lequel aurait été exprimé le mécontentement relativement à ce que nous avons déjà dit tant de fois. Cependant le risque était grand. Il était parfaitement clair que ceux que l'on appelle désormais les hooligans attaqueraient les ambassades et qu'il y aurait de la casse. J'ignore si ce ne sont là que des hooligans et s'il existe un quelconque système organisé, c'est ce que l'enquête montrera. Reste à élucider quelle partie du Gouvernement a décidé qu'il fallait protéger les ambassades. Nous pouvons subir de gros dommages aussi bien matériels que politiques, car la crédibilité des autorités est mise à mal si elles ne sont pas en mesure de protéger les ambassades des pays. La responsabilité incombe à celui qui a organisé le meeting, avant tout le Gouvernement et les partis qui s'étaient rangés derrière lui. Le texte du Conseil de sécurité des Nations Unies qui a été adopté à l'unanimité, sans le veto russe, se prononce clairement contre l'emploi de la force et sur la responsabilité du Gouvernement ; il faut prendre cela au sérieux et non pas laisser les porte-parole des partis mener la guerre avec les grandes puissances. (...)

La question demeure de savoir pourquoi il n'y a pas eu 1.000 policiers dès le début du meeting devant les ambassades pour lesquelles on savait par avance qu'elles étaient visées. C'est une énorme omission du Gouvernement. Il reste les implications politiques et la question de savoir qui voulait quoi. Il y en avait qui souhaitaient dramatiser pour des raisons extérieures et intérieures. Pour qu'à l'intérieur soit créé un sentiment d'insécurité et que nous ayons à recourir à des mesures extraordinaires. Cela concerne tous ceux qui ont prôné l'état d'urgence et ceux qui l'ont tacitement approuvé. D'un autre côté, il y a eu les politiciens qui ont tenté de justifier la violence en relativisant son importance. Nous allons en discuter au DS et faire savoir que créer des tensions est hors de mise, qu'il faut arrêter et en revenir à des mesures rationnelles.

Article complet: ici.

"Black Blog" -La blogosphère proteste - pour une Serbie démocratique

Selon Belgrade 2.0, différents blogs ont souhaité signaler leur réprobation devant les événements des derniers jours au moyen d'un bandeau noir.
Exemples: Mooshema, Blogowski Sezona,
Aurorine Avanture, et les blogs de Dinke, Miloš Mileusnić, et Stefana Petrovića.

jeudi 21 février 2008

Belgrade: violences, menaces, agressions - Ambassade des USA incendiée partiellement - attaques contre les esprits dissidents

Selon Dejan Georgievski (OneWorld), le Centre pour les droits humains de Belgrade a lancé un appel aux autorités (police, justice, exécutif) pour que soient respectées les lois garantissant la sécurité personnelle et de la propriété privée de tous les citoyens de Serbie. Ces derniers jours, des ambassades, des activistes et des ONG ont été victimes d'attaques ou de menaces. Le communiqué relève l'absence de réaction adéquate des autorités.
L'Association indépendante des journalistes de Voïvodine a pour sa part appelé les médias serbes à ne pas se servir de la proclamation d'indépendance du Kosovo pour s'en prendre à la société civile et à ceux qui ont d'autres opinions et points de vue.
Différents rapports, note OneWorld, appellent au lynchage et à la discrimination envers ceux qui ne sont pas suffisamment patriotiques. L'article mentionné par Amnesty International dans son dernier communiqué a retenu l'attention, cet article de Vecernje Novosti était intitulé "Nataša, la femme qui n'existe pas".

On apprend que ce jeudi soir l’Ambassade des Etats-Unis a été incendiée en partie. Selon AFP: « Les pompiers arrivés ont pu maîtriser l'incendie tandis qu'une série d'incidents violents devant plusieurs ambassades de pays occidentaux ont fait au total une trentaine de blessés dont quinze policiers, selon l'agence de presse indépendante Beta, citant des sources hospitalières. Les incidents se sont propagés dans le centre de Belgrade où d'importantes forces de la police anti-émeutes et de la gendarmerie affrontaient des hooligans. La police a utilisé d'importantes quantités de gaz lacrymogène dont l'odeur se propageait dans tout le centre de la capitale serbe. Le président serbe Boris Tadic, en visite jeudi en Roumanie, a lancé un appel au calme, demandant "l'arrêt immédiat des violences et des attaques contre les ambassades", a rapporté la télévision B92 ».

Le spectre de la violence hante à nouveau la Serbie. Des critiques se font jour: les actions violentes sont soutenues par certains membres du gouvernement qui les estiment légitimes.

Arrestation de Peslac Sreten en Italie

Peslac Sreten (38 ans) a été arrêté à Vérone (Italie).
Condamné par contumace en 2002 à 10 ans de prison par un tribunal de Sibenik (Croatie), il est jugé coupable de crimes de guerre contre des Croates de Krajina.
Sources : AFP et Coatiapress.

Natasa Kandic en danger? (Amnesty International)

Amnesty a appelé ce 20 février le Président et le Premier ministre de Serbie à condamner rapidement les attaques contre les défenseurs des droits de l'Homme et des minorités ethniques.
L’organisation rappelle que des manifestations de protestation sont prévues et veut appeler les autorités à agir avant qu’il ne soit trop tard.
« Les autorités serbes doivent fermement condamner toute tentative de « victimiser » les membres de la société serbe£ » , lit-on notamment dans le communiqué.

Le communiqué signale qu'un membre du Parti Socialiste de Serbie (SPS), Ivica Dacic (photo), a proposé au Parlement que soient bannies les organisations politiques et les ONG qui reconnaissent l'indépendance du Kosovo.
Il a nommément cité Natasa Kandic, directrice du Centre de droit humanitaire de Belgrade, et selon certaines sources le SPS préparerait une plainte contre elle pour avoir incité à mettre en cause l'intégrité du territoire serbe.
Le communiqué signale un article dans la presse qui présentait Mme Kandic, comme « la femme qui n’existe pas ».
Amnesty International se pose des questions sur la sécurité de la militante que Borko Ilic, vice-président du Parti démocratique de Serbie (DSS), a traitée de traîtresse par presse interposée. Il a déjà été question de Natasa Kandic sur ce blog: ici.

mercredi 20 février 2008

Belgrade / Pristina - l'attente de la grande manifestation de ce jeudi

Selon une expatriée présente à Belgrade (blog): "tous les expats se montrent très prudents, en évitant de sortir, surtout au centre-ville ; j'ai lu qu'on a fait rapatrier les ambassadeurs des pays s'étant prononcés contre l'indépendance du Kosovo ; tous les bâtiments importants, tels qu'ambassades... - et même la mosquée apparemment ! - sont surveillés par des policiers en effectifs importants ; les enseignes françaises telles que la Société Générale ont décidé d'éteindre leurs logos lumineux afin de ne pas attirer l'attention la nuit (...)"

Le gouvernement serbe organise une manifestation de masse ce jeudi à 17h (affiche: ici). Des services d'autocars sont organisés pour faire venir du monde. On annonce 1 million de personnes. Des partis politiques (dont l'ultranationaliste SRS) et l'Église serbe participeront aussi à la manifestation. D'ailleurs la manifestation est suivie d'une cérémonie à l'église Saint-Sava. (On observe ainsi, une fois de plus, un recours à la religion dans le chef des autorités publiques.)

De plus en plus de pays reconnaissent l'indépendance du Kosovo.

Au nord du Kosovo, l'OTAN a fermé les frontières jusqu'à 15h. Des accusations sont formulées contre des groupes organisés en Serbie qui viendraient au Kosovo pour organiser des protestations violentes. Le Président B. Tadic a appelé au calme: "Il ne doit pas y avoir de violence et de mise en danger de vies. Les seuls arguments qui nous donnent le droit de défendre notre Kosovo sont la paix et des actions raisonnables" (AFP/20minutes.fr).

Le Ministère pour la diaspora a lancé un appel aux Serbes expatriés: "Nous appelons nos concitoyens de l'étranger à organiser des manifestations pacifiques, de manière responsable, digne et avisée, afin de signifier à l'ensemble de l'opinion internationale notre détermination à ne jamais accepter l'indépendance du Kosovo-Métochie, ni à cesser de se battre pour nos intérêts légitimes. C'est contre notre gré qu'on nous ampute d'une partie de notre pays, ce qui constitue une injustice historique visant à priver un peuple européen de son territoire et à punir une démocratie légitime". Le texte complet est disponible sur le Site d'Orlovi.com.

mardi 19 février 2008

Kosovo, des heurts et la tension toujours palpable

Au Kosovo, ce mardi matin, plusieurs milliers de personnes ont pris d'assaut et saccagé deux postes frontières (Jarinje et Gazi Voda). Il semble qu'une rumeur infondée ait échauffé les esprits. La frontière a été fermée par la KFOR.
Des explosions sporadiques auraient retenti dans Mitrovica, des voitures et maisons ont été détruites. BIRN cite l'existence d'un groupe serbe dit « Mlada Bosna », qui aurait revendiqué la récente attaque contre un magasain Mercator. (NB: Mlada Bosna-Jeune Bosnie est célèbre dans l'histoire du XXe siècle, pour l'action d'un de ses membres, G. Princip (photo), qui a abattu en 1914 l'archiduc d'Autriche à Sarajevo.)
Plus d'informations, lire "Explosion de violence dans le nord du Kosovo" (Le Courrier des Balkans / BIRN).
Par ailleurs, les chaînes de télévision ont diffusé un reportage sur la conférence de presse de M. Ban Ki Moon (ONU), au cours de laquelle il a affirmé ne pas avoir à répondre si la proclamation d'indépendance est légale ou pas.
On a appris que la Cour Suprême de Serbie a annulé l'indépendance.
Une manifestation est prévue ce samedi à Bruxelles devant les institutions européennes.

lundi 18 février 2008

Les ambassades et McDonald's en difficulté à Belgrade

Ce lundi 18 février, comme la veille, un restaurant McDo a été attaqué par des manifestants de rue ("casseurs"). La chaîne de fast food américaine cristallise sans doute la contestation contre la suprématie américaine sur la scène internationale et son rôle au Kosovo. Un certain nombre des casseurs portaient des insignes de club de football et le terme de hooligan est utilisé ici et là.

Une alerte à la bombe a entraîné la fermeture et l'évacuation du magasin de la chaîne slovène Mercator. A Cacak, un autre magasin de la chaîne serait bloqué par des manifestants (en voitures). Le ministre slovène des Affaires étrangères a fait savoir à ses nationaux que se rendre en Serbie en ce moment n’est pas conseillé.

Le nombre de blessés de ce dimanche est revu à la baisse par B92: 48 et non 60.

Des manifestations ont eu lieu aussi en Bosnie, et on relève des heurts légers à Banja Luka. Une manifestation de plusieurs centaines d'étudiants a eu lieu à Belgrade cet après-midi (reportage vidéo ici). Dans de nombreuses villes de Serbie et du Kosovo ont lieu des rassemblements de protestation. Une grande manifestation nationale serait à l'étude pour ce jeudi à Belgrade.

Trois dirigeants Kosovars de premier plan, Hashim Thaci, Fatmir Sejdiu et Jakup Krasniqi sont mis en accusation pour avoir proclamé «un faux Etat», ce qui serait contraire à l’ordre constitutionnel et à la sécurité de l’Etat… serbe.

Selon une source, Natasa Kandic, militante serbe des droits de l’Homme, s’est rendue à Pristina pour fêter l’indépendance du Kosovo.

La Serbie a rappelé son ambassadeur auprès des USA, après qu’ils aient reconnu le Kosovo. Cela ne signifie pas la rupture des relations diplomatiques.

A noter l'opinion tranchée, en France, d'un journaliste de LCI.

Sources: B92, Belgrade 2.0, Le Monde.

dimanche 17 février 2008

30 policiers et 30 civils blessés dans des heurts à Belgrade

Les manifestations se succèdent en Serbie, sur la question du Kosovo. Ce dimanche soir des échauffourées ont donné lieu au saccage d'un restaurant McDonald’s à Belgrade.
Des voitures ont été abîmées et des pierres jetées contre l'ambassade des Etats-Unis ainsi que sur la police.
D'autres manifestants ont brisé des fenêtres de l'ambassade de Slovénie où ils ont arraché les drapeaux slovène et européen.
Durant la journée des manifestants auraient scandé dans les rues "le Kosovo c'est la Serbie!" ainsi que le slogan "Sauve la Serbie, suicide-toi Kostunica".
B92 signale d'autres manifestations à Novi Sad et Nis mais pacifiques.
Une explosion aurait, selon le site Serbianna, touché un bâtiment de l’ONU à Pristina (grenade à main).
Sources: B92, Tanjug, Serbianna.

Le Kosovo proclame son indépendance

A ce stade on ne note pas d'incidents.
La Russie a demandé une réunion d'urgence du Conseil de sécurité des Nations unies.
Photo: le drapeau choisi. Les 6 étoiles représenteraient les 6 communautés présentes sur le territoire.

vendredi 15 février 2008

Explosion à Kosovska Mitrovica

Une explosion a retenti à Kosovska Mitrovica ce 14 février à 22h30 à proximité du bâtiment où se réunit l’équipe préparatoire de la "Mission civile" en cours d'installation, selon B92 et l'Agence France Presse.
Cette mission, dénommée Eulex, est supposée accompagner le processus d'indépendance et devrait être lancée officiellement ce vendredi à minuit. Dans les 48h serait proclamée l'indépendance.

jeudi 14 février 2008

Amnesty International demande une consultation de toute la population au sujet de la Constitution (Kosovo)

Amnesty rappelle la mise en place, en 2007, d’un groupe de travail par le Président du Kosovo avec pour but de concevoir une Constitution. Selon Amnesty: « Les responsables du processus de consultation doivent veiller à ce que soient représentés toutes les composantes de la population, les femmes, les organisations non gouvernementales (ONG) et les autres représentants de la société civile. » L’organisation développe ses attentes dans son communique du 13 février (texte complet ici). NB: Amnesty n'évoque pas la question de l'indépendance ni ses modalités.

Rapport sur la liberté de la Presse 2008 (Reporters Sans frontières)

L'organisation RSF publie un Rapport sur la liberté de la presse dans 98 pays. La situation de la Serbie est présentée dans le chapitre Balkans, dont voici le contenu (j'ai ôté 1/2 page introductive présentant les pays).

Dans une zone qui peine à se relever des déchirures de la guerre, les divisions politiques et ethniques continuent de peser sur le travail des journalistes. L’indépendance éditoriale et l’esprit critique sont des notions qui ont bien du mal à s’imposer dans la tête des dirigeants. Le spectre de la violence et de la guerre est présent à chaque évocation du futur de la région, et particulièrement de l’avenir de la province indépendantiste serbe du Kosovo.

Le passé rattrape sans cesse les médias serbes et croates. En Serbie, en février, Filip Svarm, auteur d’une série de films intitulée “L’unité”, ses producteurs, l’hebdomadaire Vreme et la chaîne de télévision TV B92, ont fait l’objet de poursuites engagées par le président du Parti de l’unité serbe, Borislav Pelevic. L’ancien commandant des troupes de volontaires serbes a porté plainte, avançant que le documentaire constituait une “falsification, aux intentions anti-serbes”. Le film avait déjà été diffusé à plusieurs reprises, mais il venait de recevoir le prestigieux “Prix Jug Grizeli”. Borislav Pelevic a accusé B92 d’avoir été “payée pour mener une politique anti-serbe”, soulevant la question de la nationalité de l’auteur du film et du directeur de la chaîne et qualifiant les témoins y figurant de “payés ou drogués”. Il a même déclaré que si un journaliste serbe avait réalisé un film similaire sur la police spéciale croate en Croatie, il aurait été pendu à Zagreb.

En Croatie, justement, le journaliste Zeljko Peratovic a été arrêté, en octobre, pour “divulgation de secret d’Etat”. Interpellé à son domicile et placé en détention, il avait publié sur son blog (peratovic.net et peratovic.blog.hr) des documents relatifs aux crimes de guerre commis dans le village de Gospic (sud-est de la Croatie), dans les années 90. Il y mettait en cause un des viceprésidents du Parlement et le défunt ministre de la Défense, Gojko Susak et risquait jusqu’à trois ans de prison. Il a été remis en liberté le lendemain sous la pression internationale.

De nouveau en Serbie, en avril, un groupe néo-nazi a menacé de mort, sur son site Internet, le responsable de l’agence de presse Beta pour la Voïvodine, Dinko Gruhonjic. Sa couverture des activités du groupe dans la ville de Novi Sad avait abouti à la condamnation du leader du groupuscule à un an de prison, en novembre 2006. Quelques jours plus tard, un autre journaliste, Dejan Anastasijevic, a été la cible d’anciens paramilitaires.

A Belgrade, le 14 avril, une grenade à main a explosé devant la fenêtre du domicile du journaliste de l’hebdomadaire Vreme. Connu pour ses articles sur les crimes de guerre et les réseaux mafieux, Dejan Anastasijevic avait reçu plusieurs menaces. Le 9 mai, la police a arrêté huit ex-paramilitaires appartenant à une unité spéciale, “Les Scorpions”, impliquée dans le meurtre de civils musulmans à Srebrenica en juillet 1995. Quatre de ses anciens membres avaient été jugés le 10 avril.

Quelques jours avant l’attentat, Dejan Anastasijevic avait, sur l’antenne de la radio B92, jugé “trop légères” les peines de prison auxquelles les ex-paramilitaires avaient été condamnés

Le même mois, B92 était de nouveau prise à partie, cette fois par le Parti radical serbe. Celui-ci l’a accusée de conduite criminelle pour avoir dénoncé les crimes de guerres dans l’ancienne Yougoslavie.

Cette dénonciation publique est venue s’ajouter aux nombreuses pressions contre la station, allant de menaces contre ses journalistes à des tentatives de sabotage de la voiture d’un employé. Les autorités n’ont pas pris les mesures adéquates pour dissuader ses ennemis de s’en prendre à ce média.

Au Kosovo,Vesna Bojicic, journaliste pour le service serbe de Voice of America, a été agressée à son domicile, menacée de voir son fils kidnappé et d’être elle-même tuée, si elle ne cessait pas ses reportages “biaisés en faveur des Albanais”.

RÉSISTANCE

Face à ces crispations politiques, à la difficulté pour les professionnels des médias de faire respecter leur indépendance et à se protéger des violences, les journalistes de Macédoine et de Slovénie ont parfois choisi des réponses collectives.

En Macédoine, les journalistes ont boycotté la conférence de presse du gouvernement, le 27 septembre, pour protester contre les agressions de deux de leurs collègues. Deux jours plus tôt, le reporter de télévision, Lirim Dullovi, avait été frappé par un membre du service de sécurité d’un parti politique de la minorité albanaise pendant une séance parlementaire. Le 26, le cameraman Igor Ljubovcevski, de la chaîne privée Alsat, a été hospitalisé avec deux côtes fracturées. Il avait été passé à tabac par des policiers alors qu’il refusait de leur remettre les images que son équipe venait de tourner. En juin, l’attitude des autorités envers la presse a été mise en cause en Macédoine, lorsque le tribunal de Skopje, la capitale, a condamné l’Etat à indemniser 17 journalistes de différents médias qui avaient été placés sur écoutes, en 2001.

Ce verdict a été le premier de la sorte. Le dernier trimestre a également été le théâtre d’un bras de fer entre les journalistes et le gouvernement de Ljubljana, accusé, quelques semaines avant de prendre la présidence de l’Union européenne (UE), d’exercer des pressions, à des fins de contrôle, sur plusieurs rédactions. Une pétition dénonçant la censure du gouvernement a réuni plus de cinq cents signatures, représentant un cinquième des professionnels des médias du pays. Les dénégations des autorités slovènes n’ont pas satisfait les signataires. Le mouvement se poursuit.

LE TPIY, UNE MENACE POUR L’ACTIVITÉ DES JOURNALISTES ?

Le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) a engagé des poursuites contre des journalistes, créant un précédent inquiétant.

Le 1er juin, le bureau du procureur a ouvert une enquête qui menace de poursuites plusieurs médias croates pour avoir divulgué un document classé confidentiel par le Tribunal. Le document en question était une annexe à l’acte d’accusation dressé par le bureau du procureur contre trois anciens généraux croates accusés de crime de guerre contre des civils serbes pendant le conflit serbo-croate (1991-1995), Ante Gotovina, Ivan Cermak et Mladen Markac. Il contenait notamment les noms de sept hauts responsables croates désignés par le parquet comme ayant fait partie de la même entreprise criminelle que les trois accusés.

Le 28 mai, le contenu de ce document a été révélé par la chaîne de télévision croate HRT, avant que l’information ne soit reprise par d’autres médias locaux, dont Jutarnji list, Vecernji list et l’agence de presse Hina, selon des informations rapportées par l’agence Sense qui couvre en permanence les travaux du TPIY. Le document a par la suite était déclassifié, mais cela n’a pas mis fin aux poursuites. Le 7 novembre 2007, le Tribunal a accusé d’“outrage à la cour” huit journalistes croates. Jusqu’ici, les seules actions engagées par les tribunaux internationaux contre des journalistes avaient concerné la divulgation de l’identité de témoins protégés.

mardi 12 février 2008

Le Kosovo et le rapport à l'Union Européenne: enjeux de l'avenir serbe à court terme

Le Kosovo et son statut demeurent source d'incertitude. Les négociations qui ont eu lieu entre Serbes et Kosovars sous la supervision du Conseil de sécurité de l'ONU ont débouché sur une impasse: les Serbes acceptent l'idée d'une large autonomie, les Kosovars exigent une indépendance. Il n'y a plus de pourparlers depuis quelques semaines. L'autoproclamation de l'indépendance est annoncée comme inéluctable dans divers médias et une nouvelle date est annoncée: le dimanche 17 février. (NB: le dimanche le Conseil de sécurité de l'ONU ne se réunit pas.)

Comment les autorités réagiront-elles à l'autoproclamation d'indépendance par la partie kosovare? Il semble que le recours à la violence d'État ne soit pas envisagé sérieusement. Il reste à voir quel sera le rôle joué par les milices (de tous les bords), la population.

Quoi qu'il en soit, la question du rapprochement avec l'UE a donné lieu à une manifestation à Belgrade. En effet, 2000 étudiants auraient manifesté ce lundi 11 février devant la Faculté de Philosophie pour protester contre le refus du Premier ministre de signer des Accords rapprochant la Serbie et l'UE, non pas en raison du contenu de ces accords, mais en raison de l'intention de l'UE d'instaurer une "mission civile" au Kosovo.

Selon le journal Danas (traduit par Croatie diverse, ici), les étudiants demandaient "que les institutions du pouvoir soient débloquées d'urgence, que l'accord politique avec l'UE soit signé d'urgence et que les derniers individus ayant été inculpés par La Haye soient arrêtés et extradés. La colonne des étudiants était précédée par des tambours tandis qu'on pouvait lire sur une grande banderole : "Si nous arrêtons, nous perdons tout". Les participants de la manifestation brandissaient des affiches avec pour inscription "Démissions, démissions", "Vous avez assassiné Zoran", "DSS nouveau SPS" "Kostunica, Sauve la Serbie et tue-toi !". Quoique des insignes [appartenant à] des partis soient apparus à un certain moment, le service d'ordre a empêché qu'ils soient arborés par la suite."

On lira avec intérêt l'interview de Barbara Delcourt (ULB), par Snejana Jovanovic, qui évoque la notion de "reconnaissance conditionnelle". Lien: ici.

lundi 11 février 2008

Amnesty International: "Mission de l’Union européenne au Kosovo. Le succès repose sur des mesures vigoureuses dans le domaine de la justice"

Voici un communiqué du Bureau européen de l'organisation (8 février 2008).

Au moment où l’Union européenne débat du lancement d’une mission au Kosovo pour le rétablissement de la primauté du droit, Amnesty International tient à souligner que le succès d’une telle mission reposera en grande partie sur des mesures énergiques pour assurer la justice.

Les préoccupations et les recommandations d’Amnesty International à ce sujet sont décrites dans le rapport Kosovo (Serbia) : The Challenge to fix a failed Justice Mission. Ce document montre que les autorités des Nations unies au Kosovo n’ont pas réussi à recruter suffisamment de juristes internationaux qualifiés, à mettre en place des normes garantissant l’équité des procès et à construire un système judiciaire interethnique en mesure de juger les crimes de droit international. Sept ans après le début des efforts des Nations unies pour remettre sur pied la justice au Kosovo, des centaines de cas de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité n’ont toujours pas été résolus.

« L’union européenne ne doit pas manquer à son devoir envers la population du Kosovo, a déclaré Natalia Alonso du Bureau européen d’Amnesty International. L’efficacité de la mission de l’UE sera jugée à l’aune de sa capacité à mettre en place une justice nationale solide et à faire en sorte que les crimes graves ne restent pas impunis. »

Les recommandations d’Amnesty International portent essentiellement sur ce que la mission de l’UE devrait faire pour que la justice au Kosovo respecte les normes internationales et le droit international relatifs aux droits humains, à savoir :

  • faire en sorte que le personnel judiciaire national reçoive une formation en droit international humanitaire, criminel et relatif aux droits humains ;
  • veiller au recrutement de juristes internationaux qualifiés pour venir à bout du retard accumulé dans les poursuites et les procès ;
  • assurer la protection et le soutien des victimes et des témoins, en particulier les victimes de violences sexuelles ;
  • faire en sorte que des réparations dignes de ce nom soient accordées aux victimes et à leurs familles.

Si de telles mesures ne sont pas prises dès le premier jour, les chances seront minces de voir une paix durable dans un Kosovo où les droits fondamentaux de tous seront respectés.

samedi 9 février 2008

Une bombe explose devant un supermarché slovène

Une bombe a explosé ce vendredi au petit matin à Belgrade devant un supermarché de la chaîne slovène "Mercator".
Il n'y a eu aucun blessé dans l'explosion mais des dégâts matériels.
Dans la matinée, une alerte à la bombe visant un magasin du groupe s'est révélée sans fondement, à Čačak.
L'attentat est anonyme et on ne connaît pas ses motivations.
Ici ou là est exprimée la crainte qu'il y ait un fondement politique: la Slovénie préside actuellement l'UE.
Une habitante de Belgrade en parle sur son blog: Une bombe à Mercator!

vendredi 8 février 2008

Obraz perturbe l'inauguration d'une exposition photo

200 à 300 membres du groupe d'extrême droite Obraz ont manifesté le 7 février devant la galerie Kontekst, à Belgrade, où était annoncée une exposition de jeunes artistes Kosovars.

Selon B92, certains manifestants arboraient des effigies de Milorad Ulemek, l'homme qui porte la responsabilité de l'assassinat de l'ancien premier ministre Zoran Djindic. BIRN mentionne des slogans favorables à deux fugitifs: R. Karadzic et R. Mladic.

Ce qui aurait provoqué la colère des militants d'Obraz: une photo de Adem Jashari, ancien officier de l'Armée de Libération du Kosovo. L'exposition avait déjà eu lieu à Novi Sad.

Lire l'article plus complet de BIRN, en français sur le Courrier des Balkans, Une exposition d’artistes contemporains du Kosovo attaquée à Belgrade.

mercredi 6 février 2008

Courrier des Balkans: colloque sur les "réadmissions"

Le Courrier des Balkans organise un Colloque "Minorités : migrations et réadmission" le 7 février à Belgrade. Cet événement est l'occasion du lancement du Courrier de la Serbie, en présence d'un panel varié. Programme complet.

mardi 5 février 2008

Arrestation de Mile Letica en Croatie

Arrestation d'un capitaine de l'ancienne Armée Yougoslave Nationale (JNA), Mile Letica, qui tentait d'entrer en Croatie. Agé de 56ans, il est accusé de crimes de guerre sur des civils en 1991 en Banija. Sources: B92, tportal.hr.

dimanche 3 février 2008

Premiers résultats: Tadic élu président de la République de Serbie

Selon CeSID la participation aurait atteint 67% et les résultats préliminaires donnent B. Tadic vainqueur avec 50,5% contre 47,9% pour Nikolic.
La marge est réduite et il faut donc attendre des résultats définitifs et officiels.
Source: B92.

Procès de Marko Milosevic - Attaques contre Otpor en 2000

Le procès débuterait le 6 février à Pozarevac et portera sur l'attaque physique violente dont ont été la cible des militants du groupe Otpor (Résistance) en mai 2000. Marko Milosevic aurait personnellement attaqué un des blessés. Des observateurs regrettent que le procès débute seulement après que Marko Milosevic a obtenu le statut de réfugié politique en Russie, le protégeant de toute extradition vers la serbie.

Voici, pour mémoire, un extrait du rapport du Secrétaire général des Nations Unies (9 août 200), qui synthétise les informations de l'époque et nous replonge dans l'époque. En relisant ces lignes on se rend compte une fois de plus du courage dont ont fait preuve les membres d'Otpor. Extraits:

Les arrestations et détentions massives d’éléments de la société civile ont commencé dans toute la République de Serbie après les événements survenus à Pozarevac début mai. Le 2 mai 2000, un juriste et deux membres de l’organisation Otpor ont été arrêtés après avoir été sauvagement battus par un groupe d’individus, dont un garde armé, ayant des liens avec une discothèque locale appartenant à Marko Milosevic, fils du Président Milosevic. Momcilo Veljkovic, Radojko Lukovic et le juriste Nebojsa Sokolovic ont été hospitalisés et placés en garde à vue. Ils ont été détenus pendant plus de six jours avant d’être entendus, puis finalement relâchés par le magistrat chargé de l’instruction. Le même jour, M. Veljkovic et M. Lukovic ont été à nouveau arrêtés et inculpés de tentative de meurtre; M. Sokolovic est toujours en fuite. Le magistrat chargé de l’instruction, Bosko Papovic, qui était opposé à la poursuite de la procédure engagée contre les trois inculpés, a démissionné en signe de protestation et a été officiellement relevé de ses fonctions par le Parlement serbe. Le Procureur du district, Jovan Stanojevic, a également démissionné en signe de protestation et a été relevé de ses fonctions. Le tribunal a ensuite statué que les détenus présentaient un danger pour le public et les a renvoyés en détention provisoire jusqu’au 30 juin 2000, date à laquelle ils ont été officiellement accusés de tentative de meurtre.

Dans toute la Serbie, plus de 600 membres d’Otpor, y compris des mineurs, sont détenus et interrogés par la police. Bon nombre d’entre eux ont été arrêtés pour avoir distribué des tracts, posé des affiches ou pour d’autres délits similaires. Le Rapporteur spécial appelle l’attention sur le cas de Vladimir Stojkovic, détenu à Leskovac au-delà des délais légaux. Le 27 mai 2000, il est sorti de détention avec des blessures aux jambes et à la tête. Le mandat ordonnant l’enquête l’accuse d’avoir lancé des appels à renverser par la force les plus hauts organes du pouvoir, avec l’intention de nuire à l’ordre intérieur de l’État et à l’ordre social fondés sur la Constitution.

Le 9 juin, le Ministère fédéral de la justice a rejeté la demande d’inscription d’Otpor au registre des associations, organisations publiques et organisations politiques. Otpor a fait appel de cette décision auprès de la Cour suprême le 30 juin.

Les organisations non gouvernementales sont la cible de perquisitions, d’inspections financières et de confiscations, souvent effectuées en violation de la procédure légale. Cette vaste opération a concerné notamment les Femmes en noir, le Centre de l’action contre la guerre, le Comité de Helsinki pour les droits de l’homme en Serbie, le Forum pour les relations ethniques (toutes de Belgrade), le Comité des droits de l’homme de Leskovac, et le Comité des initiatives civiques de Nis. Des membres d’organisations non gouvernementales ont été convoqués pour des interrogations et leurs appartements ont été fouillés illégalement. Certains auraient subi des mauvais traitements physiques aux mains de la sûreté de l’État.

Sources: B92, ONU (Situation des droits de l’homme en Bosnie-Herzégovine, en République de Croatie et en République fédérale de Yougoslavie. Note du Secrétaire général. Réf. A/55/282 - S/2000/788). Lire: UNESCO, Les jeunes d'Otpor emportent Milosevic.

vendredi 1 février 2008

Processus d’intégration à l’UE - des ONG craignent un éloignement

Dejan Georgievski (OneWorld) rapporte que des ONG, menées par le Mouvement européen de Serbie, se sont adressées à des personnalités et aux électeurs pour exprimer leurs craintes face à un éventuel éloignement d’une intégration à l’Union européenne.

En clair: c’est la crainte de voir le candidat Tomislav Nikolic (photo) l’emporter. Ce dimanche a lieu le deuxième tour des élections présidentielles et Nikolic privilégierait un rapprochement avec la Russie.

La présentation en anglais est disponible ici et le texte original en serbe ici.
Les ONG signataires sont: Evropski pokret u Srbiji, Građanske inicijative, Beogradski centar za ljudskaprava, Beogradski centar za evropske integracije, Beogradski fond za političku izuzetnost, Fond za otvoreno društvo, Grupa 484, Nezavisno društvo novinara Vojvodine, Asocijacija samostalnihnezavisnih sindikata, Centar za razvoj civilnog društva Vojvodine, Vojvođanski centar za ljudska pava , Centar za regionalizam, ProConcept, Građanski forum, Centar za razvoj neprofitnog sektora, Centar za međunarodne i bezbednosne poslove (ISAC fond), Anglo srpsko društvo, Panonija.