jeudi 21 février 2008

Natasa Kandic en danger? (Amnesty International)

Amnesty a appelé ce 20 février le Président et le Premier ministre de Serbie à condamner rapidement les attaques contre les défenseurs des droits de l'Homme et des minorités ethniques.
L’organisation rappelle que des manifestations de protestation sont prévues et veut appeler les autorités à agir avant qu’il ne soit trop tard.
« Les autorités serbes doivent fermement condamner toute tentative de « victimiser » les membres de la société serbe£ » , lit-on notamment dans le communiqué.

Le communiqué signale qu'un membre du Parti Socialiste de Serbie (SPS), Ivica Dacic (photo), a proposé au Parlement que soient bannies les organisations politiques et les ONG qui reconnaissent l'indépendance du Kosovo.
Il a nommément cité Natasa Kandic, directrice du Centre de droit humanitaire de Belgrade, et selon certaines sources le SPS préparerait une plainte contre elle pour avoir incité à mettre en cause l'intégrité du territoire serbe.
Le communiqué signale un article dans la presse qui présentait Mme Kandic, comme « la femme qui n’existe pas ».
Amnesty International se pose des questions sur la sécurité de la militante que Borko Ilic, vice-président du Parti démocratique de Serbie (DSS), a traitée de traîtresse par presse interposée. Il a déjà été question de Natasa Kandic sur ce blog: ici.

2 commentaires:

Dragan Grcic a dit…

Voici le communiqué d'Amnesty en français et dans son intégralité.

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Serbie : Amnesty International préoccupée par les menaces contre Natasa Kandic et les défenseurs des droits humains Dans la foulée des manifestations de Belgrade contre l'indépendance du Kosovo et l'incendie de l'ambassade américaine, Natasa Kandic, l'avocate serbe qui a consacré sa vie à la défense des droits de l'homme et des victimes des crimes de guerre commis dans les Balkans, a fait l'objet de menaces graves de la part de politiciens nationalistes radicaux et de certains organes de presse serbes.

Amnesty International est préoccupée par la sécurité physique de Natasa Kandic. Interviewé par le quotidien Kurir, Borko Ilic, vice-président du Parti démocrate de Serbie (DSS) a qualifié Natasa Kandic de traîtresse. Un autre quotidien, Vecernje novosti, a publié un article intitulé « Natasa Kandic, la femme qui n'existe pas ».
D'autres militants des droits humains craignent également pour leur sécurité.

Au Parlement serbe, après la déclaration d'indépendance du Kosovo, un membre du Parti socialiste de Serbie (SPS), Ivica Dacic, a évoqué l'ancien président Slobodan Milosevic et s'est prononcé en faveur de l'interdiction de tous les partis politiques et organisations non gouvernementales reconnaissant l'indépendance du Kosovo. Il a visé spécifiquement Natasa Kandic, militante des droits humains et directrice du Centre de droit humanitaire de Belgrade, qui a assisté à la cérémonie de proclamation de l'indépendance à l'Assemblée parlementaire du Kosovo, le 17 février 2008.
Selon des informations diffusées par les médias, le SPS est en train d'engager des poursuites pénales contre Natasa Kandic pour incitation à compromettre l'intégrité territoriale de la Serbie.

Amnesty International appelle les autorités serbes, et en particulier le Premier ministre Vojislav Kostunica et le président Boris Tadic, à condamner immédiatement les attaques contre les défenseurs des droits humains et les membres de minorités ethniques dans le pays.

« L'inertie des autorités pourrait mettre en danger la vie de certaines de ces personnes alors que sont annoncées de nouvelles manifestations pour protester contre la déclaration d'indépendance du Kosovo », a prévenu Nicola Duckworth, directrice du programme Europe et Asie centrale d'Amnesty International.

« Les autorités serbes doivent condamner fermement tout acte malveillant contre des membres de la société serbe. Elles doivent aussi faire en sorte que toute menace contre des militants des droits humains et toute attaque contre les minorités donnent rapidement lieu à une enquête approfondie afin que les responsables soient traduits en justice. »

Lors des manifestations du 19 février qui ont rassemblé des centaines de personnes dans toutes les grandes villes de Serbie, des manifestants auraient lancé des appels au meurtre contre les membres de la communauté albanaise. À Kragujevac, un fast-food appartenant à des membres de la minorité gorani (qui parle bosniaque et qui est originaire du Kosovo) a été vandalisé. À Bor, la vitrine d'une confiserie appartenant également à un Gorani a été brisée. Des vitres de voitures ont aussi volé en éclats.

« Il est très important que les autorités prennent des mesures, et que le public en soit informé, pour empêcher de nouvelles atteintes aux droits humains », a conclu Nicola Duckworth.

Complément d'information
Dimanche 17 février 2008, le Kosovo, province de la Serbie administrée par les Nations unies depuis 1999 aux termes de la résolution 1244 du Conseil de sécurité, a déclaré son indépendance de manière unilatérale. En octobre 2007, à l'issue d'une visite en Serbie, la représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies sur la situation des défenseurs des droits de l'homme s'était dite particulièrement préoccupée par « l'attitude hostile contre le groupe central d'ONG des droits de l'homme et de défenseurs de renom, essentiellement des femmes, qui sont constamment attaqués, principalement dans les médias » (traduction non officielle).
Elle avait ajouté que la « stigmatisation des défenseurs, décrits comme des ennemis du pays, n'[était] pas contrebalancée par des déclarations de soutien des autorités » (idem).

Natasa Kandic et le Centre de droit humanitaire de Belgrade se sont mobilisés pour lutter contre l'impunité pour les auteurs de crimes de guerre dans les Balkans et pour aider les victimes de violations des droits humains de tous les camps à obtenir justice. Pendant la guerre du Kosovo en 1999, Natasa Kandic était l'une des rares Serbes présents au Kosovo pendant le conflit à avoir réussi à attirer l'attention publique sur les violations du droit international humanitaire commises par toutes les parties au conflit.

Source: News Press 25/02/2008
www.newspress.fr/communique_199137_201.aspx

Dragan Grcic a dit…

Communiqué de http://www.Protectionline.org.


Serbie : des défenseurs des droits humains et des organisations menacés suite à la déclaration d’indépendance du Kosovo


Front Line est profondément inquiète à la suite de menaces proférées, dans le contexte de la déclaration d’indépendance du Kosovo, à l’encontre des défenseurs des droits humains, notamment Natasa Kandic, la directrice exécutive du Centre pour le droit humanitaire (Humanitarian Law Centre - HLC), et des organisations de défense des droits humains qui opèrent en Serbie.

Informations complémentaires

22/02/2008. Le 20 février 2008, le Parti Socialiste de Serbie (SPS), parti d’opposition, a annoncé qu’il venait de lancer une pétition dans le cadre d’une campagne qui vise à porter plainte contre Natasa Kandic, la directrice exécutive du Centre pour le droit humanitaire. Natasa Kandic était présente à l’Assemblée Kosovare au moment de l’adoption de la déclaration d’indépendance du Kosovo, le 18 février 2008. Le SPS l’accuse d’agir contre l’ordre constitutionnel et de menacer « l’indépendance et l’intégrité de l’Etat ». Les accusations du SPS sont reprises par la pluppart des médias serbes, et la presse tabloïde aurait entamé une campagne de diffamation contre Natasa Kandic, l’accusant d’être une traîtresse. Le 19 février 2008, le quotidien Novosti a publié un article intitulé « Natasa, la femme qui n’existe pas », et déclare que Natasa Kandic est une « non-personne ». Le quotidien incite les lecteurs à croire qu’il n’y aurait rien à perdre si elle était « éliminée ».

Selon certaines sources, les menaces et les restrictions contre les défenseurs et organisations des droits humains en Serbie ont augmenté récemment. Ce phénomène a débuté avant la déclaration officielle d’indépendance du Kosovo, mais il s’est amplifié par la suite. Lors de la session parlementaire du 19 février 2008, Ivica Dacic, le leader du SPS, a demandé que les organisations non gouvernementales ayant reconnu l’indépendance du Kosovo soient interdites.

Front Line pense que cet appel pour interdire les ONG qui soutiennent l’indépendance du Kosovo, ainsi que la plainte et la campagne de diffamation engagées contre Natasa Kandic, font partie d’une campagne qui vise à stigmatiser les défenseurs et les organisations des droits humains qui opèrent en Serbie, en les présentant comme les ennemis du pays. Par ailleurs, Front Line est préoccupée pour l’intégrité physique et psychologique de Natasa Kandic.

Source: http://www.protectionline.org/